La CFDT prétend mensongèrement ne pas intervenir sur le terrain politique !

Publié le par FSC

A la veille du rassemblement de ce 26 mai en France contre la politique de régression menée par Macron, sa majorité et son gouvernement Laurent Berger affiche son absence en la motivant par son refus d'intervenir sur le plan politique.

Mais c'est quoi la déclaration actuelle de la CFDT à propos de l'élection présidentielle au Vénezuela qui reprend les attaques de Trump et des dirigeants de l'Union européenne ?

Et appelle aux sanctions contre le Venezuela en prétendant que celles-ci ne visent pas la population !

Alors que l'expérience montre que les sanctions de l'impérialisme visent toujours à créer des situations de détresse des populations visées afin d'ouvrir la voie au changement des régimes qui déplaisent  à la soit-disant "communauté internationale" c'est-à-dire en fait à le club des puissances capitalistes ?

C'est pas politique ça ?

Et de la plus mauvaise politique !

Ce positionnement venant illustrer le fait qu'en politique intérieure comme à l'extérieur la CFDT a choisi de faire chorus avec les forces réactionnaires qui entendent remodeler le monde à l'aune de leurs intérêts et sanctionner les peuples qui ont le courage de se dresser contre leurs prétentions hégémoniques.

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POUR UNE INFORMATION INDEPENDANTE des médias réactionnaires, par exemple l'interview récente de Salim LAMRANI  sur RT France :

Victoire de Maduro : «Seuls Washington et ses alliés s’opposent à la volonté du peuple vénézuélien»

Après le succès de l'assemblée constituante vénézuélienne et la réussite du parti chaviste aux dernières municipales, Nicolas Maduro a remporté la présidentielle. Pour l'universitaire Salim Lamrani, «on ne peut lui nier sa légitimité démocratique».

RT France : L'élection présidentielle au Vénézuela va-t-elle changer quelque chose ?

Salim Lamrani :

Cette élection présidentielle est la preuve que le Venezuela est une démocratie qui fonctionne normalement, même si les médias occidentaux s’échinent à présenter ce pays comme un régime autoritaire. Il en ressort logiquement une image caricaturale de la révolution bolivarienne, bien éloignée de la réalité. Depuis l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir, il y a eu près de 20 processus électoraux dans le pays.

Le problème du Venezuela n’est pas Nicolas Maduro. Le problème est que ce pays subit le joug d’une opposition putschiste et antidémocratique qui refuse systématiquement le suffrage populaire dès lors qu’il lui est défavorable. Le peuple vénézuélien mérite une opposition digne de ce nom car une opposition constructive et respectueuse de la volonté du peuple est nécessaire à la vie politique.

RT France : Cette élection pourrait-elle marquer un changement de place du Venezuela sur la scène internationale ? Après sa réélection, Nicolas Maduro, gagne-t-il en légitimité et crédibilité ? Les sanctions internationales peuvent-elles durer ?

Salim Lamrani :

 Nicolas Maduro dispose de la légitimité suprême que lui ont conférée ses concitoyens en l’élisant président de la République. Seuls Washington et ses alliés, dont l’Union européenne, s’opposent à la volonté du peuple vénézuélien et aux règles démocratiques. On peut exprimer un désaccord avec la politique menée par le gouvernement, mais en aucun cas lui nier sa légitimité démocratique.

On ne peut pas pointer du doigt le système électoral vénézuélien quand il est défavorable à l’opposition et l’applaudir quand cette même opposition obtient la majorité à l’Assemblée nationale ou remporte des municipalités ou des Etats.

L’Union européenne reste un nain politique incapable de s’affranchir de l’influence étasunienne

Les sanctions internationales sont illégitimes et inefficaces. Depuis plus d’un demi-siècle, Washington impose des mesures de rétorsion économique iniques à Cuba qui affectent les catégories les plus vulnérables de la population et constituent le principal obstacle au développement du pays. Il en est de même pour le Venezuela. Il est regrettable que l’Union européenne, au lieu d’adopter une position indépendante et constructive vis-à-vis du Venezuela, s’aligne sur la politique étrangère des Etats-Unis. Si l’Union européenne est une puissance économique indéniable, elle reste un nain politique incapable de s’affranchir de l’influence étasunienne.

RT France : Comment a été perçue cette élection en Amérique latine ?

Salim Lamrani :

Les alliés de Washington s’alignent sur la politique de leur maître et considèrent que ces élections sont illégitimes. Les autres nations du continent respectent la décision souveraine du peuple vénézuélien et l’indépendance du pays en ne s’immisçant pas dans ses affaires internes.

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LA DECLARATION DE LA CFDT

Election Vénézuela, Quel avenir pour le pays ?
Publié le 22/05/2018

Nicolas Maduro a été officiellement réélu Président de la République du Venezuela lors du scrutin du 20 mai. Ce résultat n’est pas surprenant malgré la très forte impopularité du Président, ces élections n’offrant pas de garanties démocratiques et il a été boycotté par une grande partie de l’opposition. Le taux de participation annoncé à 46%, déjà très faible pour une élection de ce type (lors des précédentes la participation avait été de 80%), semble nettement surévalué.

Cette réélection n’est pas de nature à résoudre la grave crise économique, sociale, sanitaire, morale et politique que traverse le pays, avec une inflation qui a dépassé les 13 000%, de terribles pénuries d’aliments et de médicaments, une économie en ruines, des centaines de prisonniers politiques détenus dans des conditions inhumaines. Il serait pourtant surprenant que le Président réélu reconnaisse enfin la grave crise humanitaire et l’exode massif des Vénézuéliens. La « révolution économique » qu’il a promise sera très certainement en nouveau fiasco, l’incompétence de ce pouvoir brutal et corrompu ayant déjà largement fait ses preuves.

Des pressions internationales vont certainement s’accentuer pour obliger le pouvoir à reculer, mais celui-ci bénéficie des soutiens de la Russie et de la Chine, très intéressées par les immenses richesses naturelles de ce pays. La CFDT appelle à ce que les sanctions économiques ne frappent que les dirigeants vénézuéliens et n’affectent pas les populations, déjà durement touchées.

La CFDT soutient l’action de l’Alliance syndicale indépendante (ASI) du Venezuela dans son action courageuse auprès des travailleurs vénézuéliens. Le soutien à la société civile est essentiel pour aider les Vénézuéliens à faire face à leurs énormes difficultés et préparer le retour à la démocratie.

La CFDT appelle tous les mouvements démocratiques à se mobiliser pour trouver des pistes de solution, et organiser la solidarité avec les Vénézuéliens. En premier lieu et de toute urgence, il faut mettre en place un canal humanitaire sous contrôle international pour venir en aide aux populations.

 

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D
Excellent exemple de l'hypocrisie de la CFDT qui ne "fait pas de politique" à l'intérieur, mais en fait à l'extérieur. Heureusement que j'en suis sortie !
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