Biens publics : le grand bradage contre l'opinion des français !

Publié le par FSC

Liquider les participations de l'état dans de nombreuses entreprises au profit des intérêts privés, voilà la boussole du pouvoir macronien.

De quoi inquiéter quant au sort de la SNCF, la seule chose le retenant c'est à la fois l'admirable combativité des cheminots et l'attachement des français au service public comme l'atteste un récent sondage.

Un socle solide sur lequel s'appuyer pour combattre une politique globale d'agression caractérisée contre le peuple et ses conquis!

 

SOURCE : Le Bon Sens

C’est un sondage qui ne va pas plaire à Macron ! D’ailleurs, les médias des milliardaires qui font gratuitement et jour après jour la pub du président n’en ont pas parlé. Il faut dire qu’il contredit largement l’idée qu’il n’y a « qu’une seule politique possible », comme ils se plaisent à le répéter, dans la droite ligne fixée par Jupiter 1er.

Selon ce sondage Ifop pour L’Opinion, Génération libre et la Fondation concorde (une brochette d’ultralibéraux qui doivent être déçus), les Français plébiscitent en effet le service public pour assurer les missions d’intérêt général. Toutes. Sans aucune exception. Coup dur pour le président de la « start-up nation » qui s’apprête à supprimer 120 000 postes dans la fonction publique alors que les personnels sont à bout de nerfs dans l’hôpital, les EHPAD, la police, l’armée, le rail ou encore l’éducation.

Dans le détail, à la question « Concernant chacune des activités suivantes, considérez-vous qu’elle devrait à l’avenir être assurée par le secteur public ou par le secteur privé ? », les Français répondent « le secteur public » :


– Pour la santé à 83%
– Pour l’éducation à 82%
– Pour la sécurité des personnes et des biens (= la police) à 77%
– Pour la culture et les loisirs (= bibliothèques, piscines, musées, etc.) à 73%
– Pour la gestion de l’eau à 71%
– Pour les transports en commun (= bus, métro, train…) à 68%
– Pour la distribution du courrier à 67%
– Pour le ramassage des ordures ménagère à 62%
– Pour le passage du permis de conduire à 57%

On est donc loin, très loin du monde rêvé des extrême-libéraux comme monsieur Macron où tout le monde s’entendrait pour dire que le service public est dépassé et qu’il faudrait « libérer les énergies », c’est à dire tout privatiser et tout céder aux lobbies du privé. Que Jupiter 1er le sache : les Français sont attachés au service public. Et ils le disent.

 

*******************

SOURCE : Les Echos

Ce mois de juin est le mois des coups d'envoi. Loin de la Coupe du monde russe, le gouvernement a donné cette semaine celui d' une nouvelle vague de privatisations , à travers la décision de céder des participations dans Aéroports de Paris (ADP), la Française des Jeux (FDJ) et Engie. L'objectif est de récolter 10 milliards d'euros pour doter le Fonds pour l'innovation. Mais à Bercy, on ne s'en cache pas : ce seuil des 10 milliards d'euros n'est pas un plafond, et il y aura sans doute d'autres opérations à suivre.

« Nous souhaitons rester dans les secteurs stratégiques comme la défense et le nucléaire civil, dans les grandes entreprises de service public national (SNCF, La Poste, RATP...) et dans les entreprises qui présentent un risque systémique », indique une source à Bercy. En clair, tout ce qui ne relève pas de ces trois catégories est négociable. Ce qui pose la question du maintien de l'Etat dans Orange, Air France, ou encore dans le secteur automobile. Et ce d'autant plus que l'Etat s'est engagé à reprendre 35 milliards de dette de la SNCF entre 2020 et 2022. A Bercy, on assume que des cessions seront nécessaires pour limiter l'impact de cette reprise de dette sur les finances publiques.

Nouvelle feuille de route

Cette situation découle de  la nouvelle doctrine assignée depuis quelques mois à l'Agence des participations de l'Etat (APE). Durant la campagne, le discours d'Emmanuel Macron sur le rôle dévolu à l'Etat actionnaire était resté prudent. Rien de très précis, sinon la mention de la création de ce Fonds pour l'innovation. Lors de son séjour à Bercy, le chef de l'Etat avait donné dans le « en même temps », ouvert aux cessions quand il disait « s'interroger sur la pertinence de nos niveaux de détention » et prêt à jouer des muscles pour s'imposer dans une entreprise concurrentielle comme chez Renault, face à Carlos Ghosn.

Les choses ont depuis été clarifiées. L'APE s'est dotée de cette nouvelle feuille de route, qui identifie les trois catégories où l'Etat actionnaire doit concentrer ses efforts. Une doctrine beaucoup plus restreinte que celle qui avait été lancée sous François Hollande en janvier 2014. A l'époque, l'Etat s'était donné quatre lignes directrices : investir dans les secteurs sensibles pour la souveraineté française (défense, etc.), nécessaires aux besoins fondamentaux du pays, déterminants pour la croissance ou, de façon ponctuelle, en cas de défaillance d'une entreprise avec un risque systémique. Des catégories un peu fourre-tout, jugées peu opérationnelles à Bercy.

Cadre clair de régulation

 

Désormais, le gouvernement assume donc que l'Etat ne soit plus actionnaire dans certains domaines où il a beaucoup investi dans le passé, estimant que le contrôle public peut également passer par un cadre clair de régulation.  La première entreprise à inaugurer cette doctrine est ADP . Le  projet de loi Pacte , présenté lundi en Conseil des ministres, pose les bases d'une sortie de l'Etat, tout en créant quelques garde-fous, comme la création d'une « quasi-concession » sur une durée de soixante-dix ans.

Limpide sur le papier, cette nouvelle doctrine ne débouchera pas pour autant nécessairement sur des cessions massives. Car l'Etat fixe tout de même quelques lignes rouges. « La cession partielle ou totale dans les autres entreprises peut se faire à condition qu'elle soit bénéfique au développement de l'entreprise et que l'ancrage français ou européen soit garanti », explique une source au ministère des Finances. A Bercy, on observe ainsi avec attention la montée en puissance des acteurs chinois et la tentative récente de prise de contrôle de l'électricien portugais EDP par China Three Gorges est vue comme un épouvantail.

Avant de vendre, l'Etat doit donc trouver le repreneur idéal. Or, pour certaines participations, comme Orange ou PSA, l'équation n'a rien d'évident. Le dossier Air France - même si l'hypothèse d'un rapprochement avec Accor paraît compliquée à réaliser - fera sans doute office de test quant à la volonté de l'exécutif de rompre avec les schémas anciens.

 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article