HOMMAGES AU CAMARADE DOMENICO LOSURDO

Publié le par FSC

Le Collectif Polex :


http://cercles.communistes.free.fr/rcc/publi.php?idArticle=2018_06_29_losurdo

 

Le philosophe communiste italien Domenico Losurdo vient de s’éteindre, et notre Rassemblement Communiste, déjà endeuillée comme l’ensemble du mouvement communiste par la perte récente du camarade Jean Salem, tient à rendre hommage à cet autre grande figure intellectuelle de la reconstruction communiste dans la période suivant l’effondrement de l’Union Soviétique.

Docteur en philosophie de l’Université d’Urbino en Italie depuis 1967, Domenico Losurdo s’est employé inlassablement à combattre l’idéologie dominante des dernières décennies et le théorie du « totalitarisme » visant à identifier le communisme au fascisme.

Tout au contraire, il avance une analyse politique dialectique du vingtième siécle autour de l’opposition entre camp socialiste et camp impérialiste et colonialiste (fascisme ou démocratie bourgeoise), déconstruit le dogme « antistaliniste » (Staline, histoire et critique d’une légende noire, Ed. Aden, 2008) et s’attaque l’infiltration de l’idéologie bourgeoise dans le mouvement ouvrier dans cette période de reflux révolutionnaire sous la forme de ce qu’il appelle « l’autophobie communiste » (Fuir l’histoire ? La révolution russe et la révolution chinoise aujourd’hui, Ed. Delga, 2005).

Domenico Losurdo s’est également employé à souligner à quel point les victoires du mouvement communiste ont dépassé les seules frontières du camp socialiste, à travers les luttes de libération nationale qui y ont trouvé un appui, et les luttes antiracistes, et féministes, notamment aux USA, qui ont conquis des concessions du capital effrayé par la « contagion » bolchevik tout au long du vingtième siècle.

Domenico était lecteur de notre journal Chantiers et nous avions eu le bonheur d’obtenir de lui un entretien filmé (sur la Chine et sur l’islamophobie) en 2012 : Il était un homme ouvert et rassembleur, clair et direct. Nous saluons les proches et camarades de ce grand intellectuel de notre temps, et invitons nos camarades et amis à la lecture de son œuvre, particulièrement utile dans la période.

https://www.dailymotion.com/video/xv9h7u

https://www.dailymotion.com/video/xv8dyi

 

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GEORGES GASTAUD REND UN PREMIER HOMMAGE A DOMENICO LOSURDO, qui vient de décéder – 29 juin 2018

 

C’est avec un sentiment d’accablement que mes camarades et moi-même venons d’apprendre le décès prématuré et inattendu du très fin et très combatif philosophe italien Domenico LOSURDO.

 

Cette figure de proue de la pensée communiste, cet historien matérialiste des idées de stature nationale et internationale a refusé de « fuir l’histoire », de prendre la file avantageuse des renégats du communisme, des ralliés de l’antisoviétisme de confort (cette juste expression est d’Annie Lacroix-Riz) et des croisés de la sinophobie et de la russophobie dominantes ; Doménico n’a pas voulu faire carrière en cédant à cette « auto-phobie communiste » à la mode et à cette euro-béatitude courtoise et de bon ton qui permirent à tant de « marxistes » repentis de montrer patte rose pour monnayer une reconnaissance professionnelle aussi facile que médiocre et d’avance privée de postérité.  

 

D. Losurdo a également refusé le néolibéralisme postmoderne et post-national, il a pointé l’élan historique du grand peuple chinois et a ravivé la dialectique indestructible du combat de classe et de la reconquête des souverainetés nationales. 

 

J’avais avec lui d’ardentes et fraternelles discussions sur la question de l’Etat et de son nécessaire dépérissement (aux antipodes de l’hypocrite « moins d’Etat ! » libertarien), mais son positionnement sur ce sujet s’explique principalement par une saine réaction contre le déni révisionniste du matérialisme historique, du réalisme révolutionnaire et contre la régression de tant de « marxistes de la chaire » vers les facilités de l’utopisme et de l’idéalisme. 

 

Il n’est pas temps encore de dresser le bilan de cet infatigable laboureur rationaliste de l’histoire de la pensée, dont les travaux démentent irréfutablement tous ceux qui repeignent le libéralisme aux couleurs de l’universalisme ou qui parent la pensée de Nietzsche de très douteuses résonances progressistes. 

 

Alors que disparaît Doménico, qu’il me soit permis d’associer à sa mémoire d’autres grands militants et penseurs que j’eus l’honneur de croiser à ses côtés aux Rencontres internationales de Serpa naguère organisées dans l’Alentejo rouge par feu mon ami Miguel Urbano secondé notamment par Henri Alleg. Je pense à Jean Salem et à Georges Labica, trop tôt disparus eux aussi, et dont il faut assidument réétudier l’œuvre critique. 

L’histoire rattrapera tôt ou tard ceux qui crurent la fuir à la faveur d’une époque de contre-révolution, de néo-thermidorisme et de « repentance » capitularde travestie en « autocritique ».

 

Mais dans l’héritage vif de l’émancipation humaine repartant à l’assaut du ciel, ton œuvre figurera au premier rang, compagno Doménico ! 

 

 

 

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