Loir-et-Cher : la CGT ne cautionne pas la mascarade du dialogue social !

Publié le par FSC

Un observatoire d’analyse et d’appui au dialogue social et à la négociation vient d’être mis en place en Loir-et-Cher. A quoi cette instance va-t-elle servir ?

Créée par les ordonnances travail, cette nouvelle instance  paritaire est chargée de favoriser le dialogue social dans les entreprises de moins de 50 salariés. Animé par la Direccte (*), cet observatoire départemental d’analyse et d’appui au dialogue social et à la négociation est composé de représentants d’organisations patronales et syndicales représentatives.
Son installation s’est déroulée le 2 juillet. Lors de cette réunion, un président (Daniel Viora pour la CFTC) et une vice-présidente (Karine Gourault pour le Medef) ont été désignés. Les différents acteurs se réuniront une fois par trimestre.


« L’observatoire a vocation à apporter son expertise dans le champ des relations professionnelles et du dialogue social aux entreprises de son ressort », résume Stève Billaud, responsable de l’unité départementale du Loir-et-Cher de la Direccte. « Il peut être également mobilisé par une organisation syndicale ou patronale à l’occasion de difficultés rencontrées lors d’une négociation et peut contribuer à les résoudre. Enfin, il établit, avec le concours du service études-statistiques de la Direccte, un bilan annuel du dialogue social dans les départements. » 

La CGT n’y siégera pas

 

Lors de la mise en place de cette instance, la CGT, dans une déclaration, a expliqué les raisons pour lesquelles elle ne souhaitait pas siéger à l’observatoire et n’a donc pas assisté à la suite de la réunion. « Nous ne voyons pas l’intérêt d’observer une situation que tout le monde connaît », déclarent Philippe Cordat et Alain Guilmain, de la CGT. « Dans les entreprises, on nous fait du chantage pour nous faire accepter la remise en cause des droits des salariés au niveau des salaires, des subventions au comité d’entreprise Plus on nous parle de dialogue social, moins il y a de négociations dans les entreprises.

Nous ne participerons pas à cette mascarade de démocratie. » La CGT regrette être la seule organisation à avoir levé le camp ce 2 juillet, jour d’installation de l’observatoire. « Où en sont les relations sociales en Loir-et-Cher quand les attaques se multiplient contre le syndicalisme au niveau de sa présence dans les entreprises, de l’exercice du droit syndical, du flicage organisé ? », poursuivent les représentants de la CGT. « Ce n’est pas dans cette instance que la lutte va se jouer, mais dans la rue. Des salariés vivent dans des situations précaires, avec des conditions de travail épouvantables, faisant monter la violence, le chacun pour soi… Il faut résister. Que les salariés s’unissent pour reconquérir le progrès social. » 
Désignée vice-présidente de cet observatoire, Karine Gourault, du Medef, espère que cette instance démontrera son utilité : « Quand bien même on peut s’interroger sur un énième outil qui ne servirait pas à grand-chose, je reste volontariste et déterminée pour me saisir au mieux de cette instance. Lors de cette réunion d’installation, le cadre a été posé. Des informations intéressantes et pragmatiques nous ont été données. » Mais à ce jour, d’après le Medef, c’est le prélèvement à la source qui est la préoccupation majeure à court terme des chefs d’entreprise. « Un sujet dont on se serait bien passé dans les entreprises. »
(*) Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.

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