23 au 28 septembre 1895 : naissance de la CGT

Publié le par FSC

C'est France 3 Région qui marque aussi l'évènement :

 

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Ouvrons notre page Histoire sur la naissance de la Confédération Générale du travail. L'histoire sociale de Limoges est riche de grands événements qui l'ont marquée. Liés à son passé industriel, ces événements expliquent pourquoi le premier syndicat autorisé en France, la CGT, est né à Limoges.

Par Isabelle Rio
Publié le 23/09/2018 à 17:05
1895. L'envoyé spécial à Limoges du Petit journal et du Petit parisien annonce à sa rédaction la création d'un syndicat unitaire, la CGT. Un événement ? Pas pour tout le monde. Pourtant cette création est le point de départ d'une force sociale structurée. Cette CGT nait à l'issue du 7ème congrès national corporatif de Limoges, dans la salle du Café de Paris. Nous sommes le 27 Septembre 1895. Deux branches viennent de s'unir alors qu'ailleurs elles s'opposent : la Fédération de Syndicats et la Fédération des Bourses du Travail.

Pourquoi le choix de Limoges pour l'unification du Mouvement syndical français ?

Qualifiée de "capitale révolutionnaire" du centre de la France, de "ville rouge" ou de "Rome du socialisme", Limoges s'inscrit dans une tradition de résistance.

En 1895, à la veille du congrès constitutif, des grèves s'organisent déjà, dont la première grève de femmes, celle des corsetières. Les 105 ouvrières de la Maison Clément à Limoges contestent, en juin, les méthodes de leur direction : elle leur impose en effet de faire la prière à genoux à leur arrivée à l'usine, à peine de sanctions. La grève dure 108 jours. Plusieurs corsetières seront invitées à l'ouverture du congrès constitutif de la CGT le 21 septembre.

Les grandes grèves de 1905, avec la mort du jeune ouvrier Camille Vardelle sous les balles de la répression policière, assoient la légitimité de la CGT. La Charte d'Amiens en 1906 reste le document de référence, qui définit la nature, les formes d'action et les objectifs du syndicat : les luttes sociales économiques pour une société sans classes.

Reportage Isabelle Rio Thomas Milon Sébastien Bugeaud. Interviennent Michèle Bacarat de l'Institut Histoire sociale de la CGT et Arnaud Raffier, Secrétaire départemental CGT 87.
 

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A SOULIGNER que dès le départ l'article 2 des statuts alors adoptés précisent :

la CGT « a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale »

Orientation qui sera fortement reprise en 1906 dans le texte de référence, la Charte d'Amiens :

"Le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates. (...) Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du syndicalisme : il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste."

Toutes précisions historiques qui font litière des tentatives réformistes et réactionnaires d'établir un mur de Chine entre l'activité syndicale et le champ politique : le combat quotidien pour les revendications et le combat pour le changement de société anti-capitaliste ce sont les deux aspects d'une même aspiration et nécessité ! 

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