Faut-il BLOQUER le pays le 17 novembre ?

Publié le par FSC

Un appel à la réflexion et à l'action même si la complaisance manifeste des médias à l'égard de ce mouvement qui tranche avec leur habitude de stigmatiser les mouvements sociaux indique sans aucun doute leur volonté de tirer cette action vers un poujadisme modernisé.

La bataille pour le pouvoir d'achat devant aussi passer entre autre par une lutte résolue pour l'augmentation des salaires, l'arrêt des exonérations et des cadeaux au patronat ...

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Un article de Gilles Questiaux de Réveil Communiste :

Un appel à bloquer le pays le 17 novembre circule sur les réseaux. Beaucoup d'intervenants syndicalistes ou de militants de gauche tentent de le neutraliser en dénonçant une opération de l'extrême droite, notamment la direction confédérale de la CGT (contrairement à des structures de branche ou de la base du syndicat).

Cette réaction pose problème, parce qu'elle semble montrer que la gauche politique et syndicale ne se soucie pas principalement des difficultés rencontrées par les habitants de la périphérie, contraints d'utiliser leurs véhicules faute de choix alternatif et chassés des centres-villes par la hausse de l'immobilier. Elle préfère soigner son image d'antifasciste intempestif auprès d'elle-même. Les masses disent « à bas la hausse de l'essence », et les militants répondent « à bas l'extrême droite ». Ce faisant, ils lui accordent ce qu'elle recherche, de la publicité et un statut d'opposant social.

Le problème n'est pas dans le refus de s'associer à un appel considéré à tort ou à raison comme suspect, mais dans l'absence d'un appel propre sur cette question. L'extrême droite n'a de capacité d'action que parce que la gauche ne s'occupe que de son nombril.

Par ailleurs maquiller une hausse d'impôt destinée aux classes populaires d'un verni écologique est hypocrite, et aboutit à discréditer l'écologie dans son ensemble parmi les masses. L'écologie punitive pratiquée par exemple par Anne Hidalgo à Paris est un marqueur de classe, et en fait n'est pas de l'écologie, mais simplement une déclinaison du grand principe bourgeois du « pas de ça chez nous », qui aboutit à exporter les nuisances de toute nature chez les pauvres.

Si l'on cherche des solutions aux nuisances provoquées par les déplacements quotidiens, on peut comme le font remarquer des commentateurs, rendre gratuits les transports publics, et s'attaquer à la question du logement. Mais ça prendra du temps, et suppose d'avoir conquis le pouvoir politique ; en attendant, il faut s'opposer à la hausse des taxes sur les carburants.

Le PCF lorsqu'il était un authentique représentant de la classe ouvrière n'aurait pas hésité à lancer cet appel.

Il ne faudrait pas se mêler aux fascistes. Mais si on laisse ces « fascistes » seuls à organiser des mouvements populaires légitimes, il ne faudra pas s'étonner de voir leur influence s'accroître, y compris parmi les prolétaires issus de l'immigration, qui ont aussi des voitures.

G.Q.

Le 26 octobre - 4 novembre 2018

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