RENAULT CLEON : La CGT largement en tête

Publié le par FSC

Avec 43,5% des voix aux élections professionnelles du 8 novembre, la CGT reste le premier syndicat de l’usine mécanique Renault de Cléon où travaillent 5 500 salariés. Cela, malgré la multiplication des acteurs syndicaux et une campagne de dénigrement orchestrés par la direction de l’entreprise.
Mise en place du CSE, embauche de 900 jeunes qui votaient pour la première fois, campagne de la direction et de certains syndicats pour dénigrer la CGT, multiplication des listes pour favoriser la dispersion… L’électorat CGT aurait eu toutes les raisons de s’éroder, et pourtant… Les résultats sont tombés : à Renault Cléon en Seine-Maritime (76), la CGT restera premier syndicat avec 43,5% des voix, devant la CGC (30,4%), la CFDT (15,7%), l’UNSA (5,9%), SUD (3,4%) et FO (1%).
 

Comment expliquer le résultat de la CGT

« Pourtant, c’est peu dire que la direction a tout fait pour nous faire chuter de notre rang de premier syndicat, s’indigne William Audoux, secrétaire général du syndicat CGT de l’usine Renault de Cléon. Nous avions obtenu 51,7% des voix en 2013 lorsque nous n’étions que 4 syndicats, ce qui nous laissait la main sur les accords locaux et gênait la direction qui comptait bien sur la dispersion syndicale pour nous amoindrir. » Ce qui explique la campagne de « discrédit » qui a rythmé la période préalable au scrutin. « C’était un peu: “seuls contre tous”, résume le syndicaliste. On a eu plein de tracts où c’était “haro sur la CGT”, tant de la part de la direction que des autres syndicats. Et puis, finalement, ça nous a bien aidés parce que les salariés n’avaient pas du tout envie d’entendre ça. Eux voulaient plutôt savoir comment on va traiter des problèmes de l’automobile à l’avenir, etc. » Contexte local tendu, élargissement de l’offre syndicale… Comment expliquer les résultats de la CGT ? « Nous n’avons pas attendu la période de campagne pour distribuer des stylos ou du jus d’orange aux portes, ironise William Audoux, nous avons été présents sur le terrain, dans les ateliers tout le temps, au quotidien. On fait des actions concrètes – parfois des appels la grève –, on accompagne des salariés, on distribue des tracts… Et pas seulement dans le dernier mois. Notre campagne a duré 5 ans et ça se voit. On a beau être parfois déçus du peu de réponse à nos appels à la grève, les salariés nous font confiance. » 

Une marge de progrès dans le deuxième collège

Concrètement, la CGT a remporté 64,2% des votes dans le premier collège (ouvriers et employés) et 32% dans le second (techniciens et cadres). « Nous n’avons perdu que 37 voix en 5 ans dans le deuxième collège malgré un important turnover et l’évolution importante de cette population. L’effectif des cadres est passé de 224 en 2013 à 366 aujourd’hui et évidemment, chez nous, les voix des cadres vont à la CFE-CGC. » L’équilibre sociologique des personnels a en effet 
sensiblement évolué depuis 2013.
Le deuxième collège est devenu presque majoritaire et la progression de la CGT y reste un défi. « C’est à nous de dépasser le clivage historique dans certains secteurs et d’aller expliquer à ces personnels nos valeurs auxquelles ils peuvent d’ailleurs adhérer car ils ont de toute façon eux aussi des problèmes et donc besoin d’être défendus comme les autres », conclut le syndicaliste.
À la fonderie, par exemple, où travaille Wiliam Audoux depuis 25 ans – il est également secrétaire du CHSCT –, la CGT a remporté 84,8% des votes au premier collège et 56% au second parmi 180 votants. « On est devant la CFE-CGC, ça montre que c’est possible. » 
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