Les enseigants de la Fédération Syndicale Unitaire des Bouches du Rhône : Dimanche on vote, Lundi on manifeste ...

Publié le par FSC

Notre camarade Giovanni di Mino nous communique des informations sur ce qui s'est passé à Marseille ainsi qu'un communiqué de la FSU du 13.

 

Où on remarquera que les manifestants pacifiques et ayant fait jonction se sont fait gazés.

Mais le préfet sous suggestion du ministère ne cherchait-il pas à provoquer des affrontements ?

En tout cas la question mérite d'être posée !

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"Forte mobilisation. Grosse manifestation formée du cortège du collectif 5 novembre (défilant derrière la camionnette de SUD, prêtée pour l'occasion), cortège de la CGT (environ 2000 personnes) discours très offensif de l'UD CGT 13 appelant à l'action partout dès ce lundi (manif de la CGT énergie devant la préfecture), et cortège de gilets jaunes (500 personnes environ), et énormément de familles, sans doute 20 000 personnes, peut être plus. En tout cas au moins autant que pour les deux dernières marches.
Ambiance très pacifique mais déterminée avec comme principal slogan "macron démission gaudin en prison".
La manifestation s'est faite copieusement gazer sur le quai devant la mairie, alors qu'il ne se passait rien. Ce qui a conduit ensuite à quelques échauffourées".

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Dimanche, c'est le jour où l'on vote

Lundi, c'est le jour où l'on manifeste

Et mardi? AG !

La situation sociale est explosive et elle évolue très vite.

Le mouvement des gilets jaunes a gagné en légitimité tout au long de la semaine : les revendications s’étoffent et intègrent plus clairement les hausses de salaires, des politiques fiscales plus justes, l'égal accès de tous aux services publics sur l'ensemble du territoire. L'absence de réponse du gouvernement a solidarisé la semaine dernière l'opinion publique avec les gilets jaunes mobilisés. 

Samedi 1er décembre, l'essentiel des actions se sont déroulées dans le calme, et l'on a vu se réaliser dans la rue la convergence entre les cortèges de gilets jaunes et les cortèges syndicaux. A Marseille, ils ont convergé avec le cortège du collectif du 5 novembre pour un logement décent, dans un moment de solennité et de solidarité intenses. Parfois, les lycéens, dont la journée d'action de vendredi 30 novembre à l'appel de l'UNL a été un succès, se sont joints aux manifestants. 

Mais les images des casseurs et des violences graves qui ont été commises à Paris ou ailleurs ... tournent en boucle dans les média, offrant l'opportunité au gouvernement de dérouler un discours de fermeté, quasi martial. Ces violences ont eu lieu en dehors des manifestations. Nous les condamnons vivement, elles sont étrangères au syndicalisme que nous pratiquons. Nous voyons bien également que des forces issues de l'extrême-droite sont présentent parmi les gilets jaunes. 

Notre pays n'en serait pas là si les gouvernements successifs n'avaient pas refusé de répondre aux revendications des mouvements sociaux successifs des 10 dernières années. Notre pays n'en serait pas là si Nicolas Sarkozy n'avait pas théorisé le fait que les manifestations ne se voient plus, si Manuel Valls n'avaient pas utilisé l'Etat d'Urgence mis en place suite aux attentats pour réprimer les manifestations sur la Loi Travail, si Emmanuel Macron n'avait pas multiplié les déclarations insultantes (la rue à traverser, le pognon de dingue, le costard, le "qu'ils viennent me chercher") pendant qu'il mettait en place une politique inique (suppressions de l'ISF, crédits d'impôts, flat tax, d'un coûté, hausse des APL et des impôts indirects socialement injustes de l'autre). 

Ce que nous voulons retenir de la journée d'hier, c'est bien cette convergence dans les manifestations, et l'appel de la confédération CGT à réunir dans les entreprises, sur les lieux de travail, des assemblées générales pour que les salariés décident eux-mêmes des modalités de leur action pour les salaires et le pouvoir d'achat. 

Il est clair que les organisations syndicales doivent maintenant proposer un cadre d'expression plus maîtrisé pour que la colère sociale s'exprime de façon plus sûre, sans mort, sans blessé grave, sans blessé, sans vandalisme. Les organisations syndicales ont le savoir-faire et la légitimité pour organiser des services d'ordre, mais aussi pour organiser l'expression du mouvement et servir d'interlocuteurs dans les négociations avec le gouvernement. La colère sociale peut et doit déboucher sur un mouvement progressiste permettant de répondre aux difficultés sociales par de nouvelles conquêtes. Le risque existe que ce soit l'extrême-droite réactionnaire, autoritaire, raciste et anti-sociale, qui prenne la conduite des opérations et nous conduise au chaos.

Dans notre secteur, notre mobilisation doit s'exprimer de trois façons :

1) Aujourd'hui dimanche, nous devons voter dans le cadre des élections professionnelles pour élire des représentants des personnels légitimes. Tout est fait pour empêcher l'expression de la profession, et pour pouvoir conclure d'une faible participation qu'il est temps de supprimer la démocratie sociale dans notre ministère. Ne nous laissons pas déposséder ainsi de notre droit de vote et votons pour le SNES-FSU dans les CAP et pour la FSU dans les CT : rendez-vous sur https://elections2018.education.gouv.fr/portail/identification.htm

2) Demain lundi, nous devons nous retrouver nombreux à midi devant le Lycée Cézanne d'Aix-en-Provence qui accueille le Ministre Jean-Michel Blanquer, afin de dénoncer les suppressions de poste et la réforme du lycée. 

3) D'ici mardi, nous proposons de réunir dans chaque établissement scolaire des assemblées générales pour que nos collègues puissent s'exprimer sur le mouvement des gilets jaunes et le contexte social et politique, discuter de nos revendications (salaires et pouvoir d'achat, suppressions de poste et effectifs de classe, réformes du lycées et du baccalauréat, Parcoursup), et décider collectivement des modalités de nos actions. 

 

L'heure est grave, il nous faut agir avec tous les modes d'expression qui sont les nôtres. 

Le SNES-FSU Aix-Marseille

 
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