MARSEILLE : une amorce de convergence des luttes !

Publié le par FSC

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Marseille : au siège du PCF, une amorce de convergence des luttes

Écrit par  Gabrielle Trottmann    mardi 25 décembre

 

Les représentants de cinq mouvements sociaux se sont réunis à la fédération du Parti communiste français hier à Marseille. PHOTOs Migué Mariotti

Des acteurs de cinq mobilisations sociales se sont rencontrés pour la première fois depuis le début du mouvement, jeudi, à Marseille au siège de la fédération du Parti communiste français à l'invitation du secrétaire départemental, Jérémy Bacchi. Vers un début de convergence des luttes ?
Trois habitants de la cité de Maison Blanche, à Marseille, une avocate, deux lycéens, deux gilets jaunes et un syndicaliste de la CGT Santé. Tous sont venus exprimer leur colère et leurs espoirs jeudi au siège de la fédération du Parti communiste français des Bouches-du-Rhône à l'invitation de son secrétaire départemental, Jérémy Bacchi. Un tour de table a fait émerger une longue liste de doléances : le droit à vivre dans des logements dignes pour les habitants de Maison Blanche, l'une des copropriétés les plus dégradées de France ; le rejet du projet de loi de programmation pour la justice pour Léa Talrich, avocate au barreau de Marseille ; le droit de choisir librement son avenir pour les lycéens mobilisés contre la réforme du bac ; l'exigence d'une « justice sociale » pour les gilets jaunes ; la lutte contre les inégalités devant l'accès aux soins pour Guillaume Algrin, syndicaliste à la CGT Santé.
Entre ces différentes revendications, un trait d'union : l'exigence de justice, le rejet des inégalités. Mais comment coaguler toutes ces colères ?

Le secrétaire départemental du PCF, Jérémy Bacchi, a appelé à « déjouer le piège de la division tendu par le gouvernement et de nombreux médias ». Car si les mouvements défendant davantage de progrès social se multiplient, ils sont encore loin de parler d'une voix unitaire. Samedi dernier, gilets jaunes et forces progressistes avaient appelé à manifester à deux heures et demie d'écart sur le Vieux-Port, à Marseille. 

Si certains gilets jaunes ont rejoint le cortège de la CGT, d'autres ont décidé au même moment de partir de leur côté... Tout un symbole des divisions qui animent encore les différents mouvements. Il n'est pas envisageable, donc, de « fusionner » pour le moment. Pour Jérémy Bacchi, « chacun doit garder son identité. Il n'est pas question que les gilets jaunes défilent avec des badges de la CGT et vice-versa. » En revanche, le secrétaire départemental a appelé à s'unir afin de coordonner des actions communes, « non pas par simple solidarité, mais parce que c'est dans notre intérêt à tous. »

Un constat partagé unanimement autour de la table. « Hôpitaux, écoles, avocats... Nous sommes tous victimes des mêmes politiques ultralibérales», s'emporte le responsable syndical de la CGT Santé, Guillaume Algrin. Les habitants de Maison Blanche racontent comment ils ont réussi à obtenir des ralentisseurs autour de leur cité en organisant collectivement des actions de blocage, au mois de septembre. Du côté des gilets jaunes, Mathieu Nunez, qui a tenu plusieurs barrages près de Port-de-Bouc, a fait part de la nécessité de s'organiser collectivement – bien qu'il se défende d'être représentant du mouvement citoyen, traversé par un rejet des organisations traditionnelles : « si chacun reste dans son coin, nous allons vite nous heurter à des limites. Ensemble, en revanche, tout est possible. »

Chemin parcouru
Jérémy Bacchi a salué le chemin parcouru depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes : « Le gouvernement a été forcé de reculer sur plusieurs points majeurs de son programme, mais nous pouvons le pousser à reculer bien plus encore en amplifiant le mouvement. »La répression des luttes sociales au cours des dernières, semaines, qu'il s'agisse des violences policières lors des manifestations ou de l'expulsion des gilets jaunes des ronds-points et des péages, est bien la preuve que la convergence des luttes n'est pas un vain mot pour le dirigeant communiste : « la convergence, c'est ce qui fait peur à Macron. Le gouvernement tremble à l'idée qu'on s'unisse. Il faut que nous soyons plus intelligents qu'eux. »
Mais tout reste encore à construire : à la fin de la réunion, aucun mot d'ordre commun n'a été établi. Chacun exprime cependant, avec ses propres mots, l'envie d'approfondir davantage les échanges : « Nous avons tout à gagner à nous coordonner afin que nos revendications soient entendues », s'enthousiasme Léa Talrich. Elle-même est déjà en contact avec le mouvement des lycéens, au sein d'une « legal team » chargée de les conseiller et de les défendre lorsque ceux-ci sont inquiétés lors des blocus.
De prochaines rencontres entre les représentants de ces différents mouvements sociaux devraient être organisées dès le mois de janvier.

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