Comment le pouvoir tente d'utiliser le "grand débat" pour renier ses engagements de campagne !

Publié le par FSC

La "couac" de la ministre de la santé Agnès Buzyn à propos de l'âge de départ à la retraite en dit long sur les manipulations auxquelles se livre et va se livrer le pouvoir à l'issu de "débat" qu'il a organisé pour contrer le mouvement social.
Car s'il y a rétropédalage de la ministre hier, contredisant à l'Assemblée nationale ses propos sur les antennes, l'offensive sur les retraites persiste et va persister.
 

 

Les propos sur le caractère intenable de la situation actuelle pour l'équilibre financier du régime fleurissant plus que jamais.
 
Et l'on voit pointer chez les commentateurs attitrés chargés en toutes circonstances de justifier les décisions et ballons d'essai du pouvoir l'argument selon lequel des questions soulevées dans le "grand débat" (celles qu'ils choisissent bien sûr) constituent des éléments qui "remettent tout sur la table" !
 
Autant dire que la volonté du pouvoir non seulement d'appliquer sa politique, mais d'en aggraver le cours ne rencontrera d'obstacle majeur que dans le développement et la convergence des luttes !
 
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SOURCE : Les Echos
 


Buzyn calme le jeu sur l'âge de la retraite

Le 19/03 

Agnès Buzyn et Jean-Paul Delevoye ont prévu de montrer qu'il n'y a pas de divergence entre eux sur l'âge de la retraite. - Jacques Witt/SIPA
Aucune modification de l'âge légal de la retraite n'est prévue, a expliqué la ministre des Solidarités ce mardi. Néanmoins, l'exécutif veut que les Français travaillent plus longtemps pour financer notamment la dépendance.
Explication de texte. Mardi, à l'Assemblée, Agnès Buzyn est revenue sur les propos tenus à l'antenne de RTL dimanche. « Aucune modification de l'âge minimal de départ à la retraite n'est envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le haut-commissaire à la réforme des retraites », Jean-Paul Delevoye, a déclaré la ministre des Solidarités, en évoquant « diverses interprétations [...] à l'origine d'une polémique ». Deux jours auparavant, elle avait souligné la nécessité de travailler plus longtemps et répondu ne pas être « hostile », « à titre personnel », au fait de  retarder l'âge légal de départ .

Emoi des partenaires sociaux

Ses déclarations avaient suscité l'émoi des partenaires sociaux et de Jean-Paul Delevoye, engagés dans une discussion très sensible sur  la réforme des retraites . Ce dernier a confirmé en octobre que l'âge légal de 62 ans, promesse présidentielle, serait conservé dans le futur régime universel. Agnès Buzyn a rectifié le tir d'elle-même, soucieuse de soigner ses bonnes relations avec le haut-commissaire, qui travaille sous sa tutelle.

Cela ne veut pas dire que le gouvernement renonce à favoriser des départs plus tardifs. Agnès Buzyn a ainsi salué l'idée de l'équipe Delevoye de mettre en place  un mécanisme incitant les travailleurs à partir au-delà de 62 ans , en fixant un « âge de référence » plus élevé, déclenchant une surcote. « Les pistes d'incitation sur lesquelles travaille le haut-commissaire visent à accompagner un phénomène de société, l'allongement de la durée de la vie, qui est un défi d'avenir pour notre société », a-t-elle souligné.

Le député LREM Laurent Pietraszewski, qui rapportera le projet de loi retraite et qui est un proche de Jean-Paul Delevoye, explique de son côté que le « socle » des 62 ans fait partie des « engagements programmatiques » et que « cela n'empêche pas de donner de la liberté et de valoriser ceux qui souhaitent et peuvent se maintenir dans le travail au-delà de cet âge ». Jean-Paul Delevoye doit prendre la parole jeudi matin sur France Inter puis l'après-midi lors d'un colloque au Sénat, pour montrer qu'il n'existe aucune divergence entre lui et sa ministre de tutelle après les secousses du début de semaine.

Financer la dépendance

Une mise au point s'impose. Mardi matin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, s'était engouffré dans la brèche créée par Agnès Buzyn, jugeant sur LCI sa « proposition » « très courageuse », et ajoutant : « Je pense qu'on aura l'occasion d'en discuter très bientôt ». Le gouvernement cherche à faire atterrir  le grand débat , en rappelant qu'on ne peut pas vouloir des baisses d'impôt et des services publics plus étoffés sans s'attaquer à la dépense publique.


De fait, le gouvernement caresse bel et bien l'idée de faire des économies en allongeant la durée travaillée. Mais il s'agit plutôt de  financer la dépendance , comme l'a fait comprendre Edouard Philippe vendredi dernier. La semaine prochaine, la mission Libault va rendre son rapport au Premier ministre et la réforme qui s'ensuivra va coûter « des milliards », explique-t-on à Matignon : meilleure prise en charge des personnes âgées à leur domicile, baisse du reste à charge en Ehpad et augmentation du taux d'encadrement, investissement dans les établissements...

Il faudra trouver des financements de court et moyen terme, ce qui pourrait venir d'une accélération du calendrier d'augmentation de la durée de cotisation requise pour la retraite, dès 2020. Il en faudra aussi à l'horizon 2030, car Matignon ne veut pas créer de déficit pour financer la dépendance. Le bonus pour inciter à travailler plus longtemps pourrait être une partie de la solution.

Isabelle Ficek et Solveig Godeluck

 
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richard palao 20/03/2019 11:46

et pendant ce temps que fait la direction de la CGT ? : elle participe a des reunions avec le pouvoir avec un seul point a l ordre du jour : la mise en place d un systeme par points qui entre autre va considerablement abaisser le niveau des retraites et sans qu a cejour la CGT n ait propose la moindre action pour defendre notre systeme issu du programme du CNR et la necessite d opposer au soi disant systeme universel de MACRON un vrai systeme unique et universel gere par les assures comme le prevoyait ce programme du CNR avec les ordonnances d octobre 1945 et la loi du 22 mai 1946 qui n a jamais ete appliquee par la droite apres l eviction des ministres communistes
le silence assourdissant de la direction de la CGT sur sa position vis a vis du programme du CNR sent la trahison , il est vrai que l UE et la CES sont favorables aux systemes dit a la suedoise ,par points et comptes notionnels qui incitent les assures a repousser l age de leur depart en retraite et a recourir a des complementaires privees ...ceci explique certainement cela car les syndicats comme la CGT adherents a la CES sont tenus de respecter ses orientations
richard PALAO
syndicat retraites de la securite sociale
membre CE de l UL ORLEANS