AISNE : LE PREMIER MONUMENT DÉDIÉ AUX SOLDATS FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

Publié le par FSC

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RAPPEL  PRELIMINAIRE :
 
La guerre de 1914-1918 a été une guerre impérialiste qui a envoyé les peuples à la boucherie et comme l'a dit Anatole France,  " on croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels " , les marchands de canons.
 
Et c'est la crainte de la révolte des peuples contre le carnage, pour imposer la paix, l'émergence de la révolution d'octobre 1917 et son caractère exemplaire, la crainte de la contagion révolutionnaire qui ont conduit les gouvernements réactionnaires et les états-majors à choisir la répression pour l'exemple.
 
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SOURCES : le site de Nicolas Maury et Le Parisien
 
Le premier monument en mémoire des 639 soldats condamnés à morts et exécutés au front lors de la Première Guerre mondiale est inauguré à Chauny ce 6 avril. De nombreuses voix s’élèvent pour leur réhabilitation

 

 

Le monument, très émouvant, met en scène quatre poilus de deux mètres de haut. Trois ont les mains liées au poteau d’exécution. Deux sont têtes basses, dont un des troupes coloniales. Le troisième hurle sa révolte. Le quatrième est à genoux, tête penchée… Le sculpteur parisien Frédéric Thibault l’a réalisé en pierre de Saint-Maximin (Oise). Antimilitariste, il avait été le premier à proposer un projet. 

Aujourd’hui, à Chauny (Aisne), l’Association pour l’Érection d’un Monument en Hommage aux Fusillés pour l’Exemple touche enfin à son but en inaugurant son ouvrage dans le parc Notre-Dame. 

Entre 1914 et 1918, il y eut 2 500 condamnés à mort dans les conseils de guerre et 639 furent fusillés sur le front. Choisis au hasard ou parfois désignés comme « meneurs », ils furent exécutés pour l’exemple. À l’heure actuelle, seuls 40 fusillés ont été réhabilités par la justice française, la plupart dès les années 1920-1930. 

« Il ne faut pas que les générations suivantes oublient, martèle Nicole Aurigny, présidente de la Libre pensée de l’Aisne, qui porte le projet depuis cinq ans. C’est une des pires injustices qui soit. Être fusillé par ses compagnons, qui souvent ont été traumatisés… Ce monument est une étape. Ce que nous demandons, c’est leur réhabilitation. » Une demande jusqu’ici toujours refusée par l’Etat. 

L’armée a tué pour une démonstration de pouvoir 

Francisque Durantet est l’un des six fusillés pour l’exemple de Vingré (Aisne). Il lui était faussement reproché d’avoir abandonné son poste en présence de l’ennemi. Tiré au sort parmi 24, il avait été passé aux armes le 4 décembre 1914. Ce père de deux enfants avait 36 ans. 

Il a été réhabilité en 1921 : « C’est un scandale que l’armée ait tué des gens pour faire une démonstration de pouvoir, confie son petit-fils Abel Durantet, qui sera là aujourd’hui. Ma grand-mère, qui n’en parlait pas, a beaucoup souffert. Aucun président n’a voulu réhabiliter ces soldats alors qu’ils ont été tués par des Français et leurs compagnons d’armes. » 

La ville de Chauny s’est tout de suite portée candidate pour accueillir le monument : « Il se veut message de tolérance et d’humanité, explique Emmanuel Lievin, directeur de cabinet à la mairie de Chauny. Il ne sera pas inauguré en catimini. Le préfet a été invité. 

« Un traumatisme pour toute la famille » 

Nous n’y déposerons pas de gerbes les 8 mai et 11 novembre mais les agents municipaux le fleuriront toute l’année. » Les 100 000 euros du projet proviennent d’associations, de communes, de plus de 1 500 particuliers. L’initiative n’enchante pourtant pas certains historiens.Denis Rolland, président de la Société historique de Soissons, et Jean-Luc Pamart, président de Soissonnais 14-18, dénoncent « une initiative étonnante pour ne pas dire choquante ». 

De son côté, Jean-Michel Revol, maire de Saint-Marcellin (Isère), poursuit le combat pour faire réhabiliter son arrière-grand-père, Jules Berger, fusillé à 32 ans pour abandon de poste et mutilation le 14 septembre 1914 à 5h45. 

Avec sa famille, ils ont participé financièrement à la réalisation du monument de Chauny : « Il a été fusillé le lendemain de la sentence. Il n’y avait pas d’appel. Ça a été un traumatisme pour toute la famille. Aujourd’hui, le temps a fait son œuvre… On peut comprendre que des hommes aient refusé d’aller se battre. Qu’aurions-nous fait à leur place ? » 

Le Parisien

 
 
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