Union européenne : C'est l'illusion d'une possible "Europe sociale" qui fait le jeu de l'extrême droite !

Publié le par FSC

Le congrès de la CES vient de s'ouvrir à Vienne.
Comme le dit la CFDT la date ni le lieu ne sont pas choisis au hasard
"C’est à la veille d’un scrutin crucial pour l’Europe que s’est ouvert à Vienne le 14ème congrès de la Confédération européenne des syndicats. Le lieu, comme la date, ne doivent rien au hasard"
 
Et donc la CES se comporte comme l'attend l'oligarchie européenne en loyale porteur d'eau de ses intérêts car elle leur doit tout (financièrement d'abord)!
C'est ce qu'exprime ci-après la déclaration de nos camarades grecs du PAME.
Comme prévu la CFDT se cale sur le peloton.
Tandis que de  son côté la déclaration confédérale de la CGT (voir également ci-après) dès après un congrès pourtant combatif verse dans les mêmes illusions d'une possible "Europe sociale" et à l'instar des forces réactionnaires et macroniennes, de la campagne médiatique dénonce l'abstention comme une désertion politique.
Ce qui laisse libre cours à la politique du capital et à la montée de l'extrême droite c'est la culture de l'illusion d'une Europe sociale psalmodiée depuis des dizaines d'années et qui nourrit effectivement la déception et la colère populaire légitimes.
Et il n'y a pas d'issue démocratique favorable aux travailleurs et aux peuples dans le cadre des traités que par ailleurs nous avons rejeté (2005), décision que l'oligarchie a bafoué!
 
Pour la CGT contrairement au choix de sa direction confédérale il est plus que temps d'assumer une véritable indépendance vis-à-vis de la CES inféodée aux intérêts de l'oligarchie et des institutions de l'UE!
 
 
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La position du syndicat de classe grec, le PAME

Congrès de la CES:


Quelques jours avant les élections européennes, le "Congrès" de la Confédération Européenne des Syndicats a commencé à Vienne, en Autriche.

La CES est une structure financée à 75% par des mécanismes européens afin d'intervenir dans le mouvement syndical européen et d'assurer la promotion des politiques de lutte contre le travail de l'UE. Ce "congrès" est en fait un grand événement préélectoral patronné par la social-démocratie européenne et l'UE.

L’événement a été inauguré par le président de la Commission, Jean Claude Juncker, que le secrétaire général de la CES a personnellement remercié pour avoir  "sauvé l'Europe sociale".

Plusieurs représentants de la social-démocratie européenne ont également pris la parole à ce congrès, tels que le Le président autrichien Alexander Van der Bellen et le Premier ministre portugais Antonio Costa, la présidente du parti socialiste autrichien Pamela Rendi - Wagner, eurodéputée,le représentant du Parti socialiste portugais Maria João Rodrigues et le député européen Thomas Händel,  frère du parti allemand SYRIZA, le député européen DIE LINKE, qui a utilisé la tribune de la CES pour  présenter comme favorables aux travailleurs, ceux qui ont détruit la vie nombreux  travailleurs européens et, avec les États-Unis et l'OTAN, assassinent les peuples.


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Lea CFDT

A VIENNE, LES SYNDICATS EUROPÉENS OUVRENT LEUR 14ÈME CONGRÈS
Publié le 21/05/2019
Par Anne-Sophie Balle

Jusqu’au 24 mai se tient à Vienne, en Autriche, le 14ème congrès de la Confédération européenne des syndicats. Les 600 délégués représentant quelques 45 millions de travailleurs entendent ici réaffirmer leur volonté de bâtir un nouveau contrat social européen, garantissant une Europe plus égalitaire et de réelles opportunités pour l’ensemble des travailleurs


C’est à la veille d’un scrutin crucial pour l’Europe que s’est ouvert à Vienne le 14ème congrès de la Confédération européenne des syndicats. Le lieu, comme la date, ne doivent rien au hasard. Du 23 au 26 mai, les citoyens de tous les pays européens doivent élire leurs représentants au Parlement européen. Alors qu’élection après élections, les mouvements « populistes » gagnent du terrain, amenant même certains d’entre eux à gouverner (en Italie, Pologne, Grèce, Hongrie et Autriche), l’avenir de l’Europe et de la démocratie sont dans tous les esprits.

Pour une Europe plus démocratique et plus juste

« La démocratie européenne est en danger. L’Union européenne semble avoir perdu son âme sociale, a lancé le secrétaire général de la CES Luca Visentini dans un discours d’introduction à la tonalité parfois très politique. Le chômage, les inégalités, la pauvreté et l’exclusion sociale ont résolument affecté la confiance des travailleurs dans l’avenir. Il ne suffira pas de parler de démocratie et de droits sociaux, nous devons être plus convainquant que les populistes en proposant une vision qui profite à tous, pas uniquement à quelques-uns », poursuit-il, avant d’adresser un message aux partis démocratiques : « Nous devons construire une Europe plus démocratique, plus juste et plus sociale […] L’Union européenne ne survivra que si elle est capable de proposer des résultats concrets, qui améliorent la vie des citoyens ».

De son côté, Jean-Claude Juncker, président sortant de la Commission européenne, a ardemment défendu son plan d’investissement visant à répondre à la triple crise (de l’emploi, de l’investissement et de la croissance) qu’a connu l’Europe. « Vous avez soutenu la mise en place de ce plan pour mettre un terme à l’austérité myope et stupide », lance-t-il aux délégués réunis.

Socle européen des droits sociaux

En matière sociale, les résultats engrangés au cours de la mandature 2015-2019 de la CES sont nombreux. Le plus marquant restera néanmoins le socle européen des droits sociaux, adopté au sommet de Göteborg en novembre 2017 et salué par l’ensemble des intervenants du congrès. « Une victoire collective », diront certains.

Considéré par certains observateurs européens comme un recueil de vœux pieux, ce socle européen a su trouver sa traduction concrète à travers plusieurs initiatives et législations européennes, incluant la révision de la directive sur les travailleurs détachés, la création de l’autorité européenne du travail ou la directive sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle. Aujourd’hui,« nous devons continuer à nous battre  pour son application […] et ainsi nous permettre d’atteindre l’objectif d’une réelle convergence dans tous les pays sur les droits sociaux, les conditions de travail et la protection sociale, en nous assurant de les rendre accessibles à tous les travailleurs », lance Lucas Visentini.

Comme une réponse aux invectives considérant les syndicats comme de « vieilles organisations » incapables de regarder le monde tel qu’il est, le secrétaire général de la CES le réaffirme : « les syndicats sont la pierre angulaire de la démocratie et c’est là-dessus que nous devons nous appuyer en réussissant à nous renouveler. Aussi devons-nous continuer à renforcer notre pouvoir de négociation, notre influence dans la prise de décision institutionnelle et législative, notre capacité à mobiliser dans la rue et à nous organiser sur les lieux de travail ». Les débats, débutés ici à Vienne et qui se poursuivront jusqu’à vendredi, en témoigneront. 

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DECLARATION CGT

ÉLECTIONS EUROPÉENNES
Pour un choix de société, à la hauteur de l’urgence sociale et environnementale !

 

Les électeurs européens sont amenés à élire, le dimanche 26 mai, leurs députés. C’est là un des temps forts de notre démocratie qui doit prioritairement servir à concrétiser les aspirations sociales, les conceptions d’organisation de la société, l’aspiration à un monde plus juste et un souci permanent des questions environnementales.

Cette élection est un rendez-vous de première importance pour les travailleurs, qu’ils soient en activités, privés d’emplois ou retraités ; elle l’est aussi pour la jeunesse.

Partout en France, des luttes se construisent, des résistances s’organisent, des mobilisations se multiplient… Elles sont à l’initiative d’organisations syndicales – au premier rang desquelles la CGT – mais aussi de mouvements citoyens, de la jeunesse, d’associations et d’ONG.

Elles portent prioritairement sur les questions du « mieux vivre des fruits de son travail » et de la « justice sociale ». Elles dénoncent les politiques d’austérité qui détruisent les services publics, négligent les salaires, remettent en cause les conquis sociaux et le droit du travail, portent atteinte à l’environnement et à la biodiversité… Bref, qui font du « dumping social et environnemental » l’outil au service de l’augmentation des gains de productivité afin de verser des dividendes toujours plus importants à des actionnaires jamais rassasiés.

L’Europe, ce n’est pas une structure politique dont les choix et les décisions seraient sans impact sur notre quotidien. C’est en ce sens que ces élections revêtent une importance de premier rang au regard des impacts très importants sur notre quotidien et dans notre travail, quels que soient notre métier, notre catégorie socioprofessionnelle ou notre secteur d’activité. Dans certains secteurs, c’est plus de 80% de la règlementation qui est constitué de normes, de directives et autres règlementations européennes.

La CGT appel de la manière la plus claire et la plus vive possible chaque citoyen et citoyenne à voter !

L’abstention est un acte nuisible pour notre démocratie. Elle ne peut être considérée comme un choix politique à l’instar du vote blanc.

Le taux de participation à cette élection est, pour nous, un indicateur fort en termes d’exigence de démocratie et de participation citoyenne aux destinées de l’Europe.

Pour la CGT, la lutte revendicative, l’exigence sociale et le combat pour un monde de justice et de paix doit se traduire dans les urnes. S’abstenir, c’est laisser d’autres et, en premier lieu, le patronat et les tenants du libéralisme économique continuer d’inscrire l’Europe et notre avenir dans la spirale de la régression sociale et économique.

Autre danger pour la démocratie et les conquis du monde du travail : le vote pour des partis d’extrême droite.

La CGT appelle l’ensemble du monde du travail, la jeunesse et les retraités à ne pas se laisser duper par ces partis qui, malgré des changements de discours de certains de manière opportuniste, défendent et défendrons toujours et avant tout les intérêts du capital, du monde de la finance, des plus riches en creusant les inégalités sociales !

La CGT appelle à ce que celles et ceux qui ont construit les mobilisations sociales et citoyennes ne se laissent pas berner par des discours populistes de circonstance, comme ceux de l’extrême droite française à chaque élection.

Le chômage de masse n’est pas le fait des immigrés. Il est la conséquence des choix politiques de désindustrialisation, de recours à la sous-traitance et à l’externalisation d’activité à travers le monde.

Les bas salaires, les basses pensions et le bas niveau des minima sociaux, ce n’est pas parce que les entreprises ou la France vont mal : c’est un choix politique d’austérité visant à maintenir la grande majorité de la population dans une précarité sociale permanente.

La destruction par l’activité humaine de notre environnement, des continents comme des océans, des écosystèmes et de la biodiversité, ce n’est en rien inéluctable : il s’agit de choix économiques où la préservation du vivant ne pèse rien face à la recherche de profits immédiats.

Le 26 mai prochain, votons et faisons voter pour que notre aspiration à mieux vivre des fruits de notre travail, dans un monde plus juste et de paix, se concrétise !

 

Montreuil, le 21 mai 2019

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Méc-créant 25/05/2019 12:52

J'ai fini par trouver le courage de mettre sur le blog un vieux (encore!) texte sur les "élections" européennes, sous-titré: "Allons enfants de l'ex-patrie: aux urnes! gens de rien!"...Faut vraiment être un vieux-con comme moi pour n'avoir jamais mis les pieds dans un bureau de vote "européen"...
Méc-créant.