Une CFDT macroniste ... humiliée par le peuple !

Publié le par FSC

Manipulation médiatique : le titre de Marianne se veut d'une certaine manière offensant pour la CGT qui serait humiliée par le pouvoir :
 

Pourtant à la lecture du texte les faits militent plutôt en faveur de la CGT et au détriment de la CFDT, en tout cas aux yeux de ceux qui luttent et n'ont pas l'intention de laisser faire Macron et sa sale politique.

D'ailleurs lorsqu'on échappe au titre le contenu de l'article laisse transparaître une toute autre réalité que celle proclamée au début :

D'une part le rassemblement de la CFDT avec les autres syndicats réformistes a été squelettique (une centaine de participants) sans le moindre gilet jaune,

et d'autre part au rendez-vous de la CGT il y a eu beaucoup de monde, plus qu'en 2018, plusieurs dizaines de milliers et par ailleurs la convergence gilets rouges / gilets jaunes s'est affirmée après une première convergence notable le 27 avril.

Et en quoi l'usage de la répression est-il humiliant pour les agressés alors qu'au fond il constitue un hommage à ceux qui luttent et qui bien sûr font l'objet d'un traitement de coercition.

Les faveurs allant aux collabos!

Certes Laurent Berger sera reçu en grande pompe à l'Elysée, célébré par tout le gratin pro-système pour mettre en scène des "corrections" à la marge du cap maintenu des contre-réformes macroniennes.

Mais il apparaît dors et déjà que la lucidité populaire à l'égard de cette politique laissera peu de marge aux accompagnateurs patentés des reculs sociaux !

______________________

MARIANNE

Ouvrir la porte à la CFDT, tout en humiliant la CGT : telle pourrait se résumer ce mercredi 1er mai la scénographie en deux actes déployée par l'exécutif à l'endroit des mobilisations en hausse qui se sont tenues à Paris.

A 11h en effet, devant l'Odéon théâtre de l'Europe, à peine une centaine de militants de la CFDT, de l'UNSA et de la CFTC s'étaient déplacés pour écouter leurs leaders appeler à l'avènement d'une Europe plus sociale qui ferait converger par le haut salaires et services publics des 28 Etats de l'Union.

Sur l'estrade ensoleillée, Laurent Berger (CFDT) annonçait surtout avec des yeux pétillants, son rendez-vous lundi 6 mai à Matignon avec le Premier ministre. L'occasion de discuter de prime transport, de logement, de transition énergétique. "Les détails pratiques ne sont pas encore réglés mais on abordera presque tous les sujets que nous avions listés avec 19 organisations. Enfin, la porte de l'exécutif s'entre-ouvre, à nous d'y glisser le pied", appuyait-il, très satisfait de revenir au centre du jeu, après des mois de mépris. Il avait en effet proposé dès novembre 2018 à Edouard Philippe de tenir avec tous les partenaires sociaux, des élus, des ONG un "Grenelle du pouvoir de vivre" pour répondre aux gilets jaunes. En aparté, Berger glissait même que la CFDT revendiquerait aussi une hausse de toutes les grilles salariales, incluant le Smic. "La mobilisation des gilets jaunes a été utile car elle a mis au premier plan les difficultés de salariés, indépendants précaires que nous représentons mal, saluait-il. La violence cependant n'a pas lieu d'être en démocratie." Dès midi, l'élégante petite place de l'Odéon se vidait rapidement, sans que l'on note la présence appuyée de policiers, ou le moindre gilet jaune...


Vers 13h15 en revanche, c'est dans une ambiance extrêmement chaotique et tendue qu'avortait le point presse de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, à l'angle du boulevard Montparnasse bloqué par des CRS et la rue Vavin investie par des gendarmes.

Le carré de tête syndical du défilé du 1er mai (40.000 personnes environ) étant précédé par des gilets jaunes et des black blocs, il se retrouvait rapidement noyé sous des gaz lacrymogènes, puis bousculé par des manifestants se repliant dans le désordre pour échapper aux affrontements. "Tout a été prévu par Monsieur Castaner, le ministre de l'Intérieur, pour que ça se passe mal, accusait plus tard, lors de son retour en tête de cortège Philippe Martinez, les yeux rougis derrière ses lunettes de soleil. La police a chargé la CGT, des tirs de grenade ont même atteint notre camionnette !". Questionné en revanche sur une éventuelle invitation à Matignon, le secrétaire général de la centrale de Montreuil affirmait n'avoir reçu, pour sa part, aucun coup de téléphone...

Dans le reste du cortège, cette différence de traitement manifeste, favorisait à l'épreuve des gaz lacrymogènes, la convergence des gilets rouges et jaunes...

 "Des gilets jaunes qui au début ne voulaient pas entendre parler des syndicats réalisent qu'ils se trompaient sur la CGT, se félicitait Francis, syndiqué dans la construction. Pour notre part, nous nous reconnaissons pleinement dans leurs revendications salariales et leur appel à un meilleur partage des richesses".

Les prémices d'une recomposition à la base? Chez Renault à Lardy dans l'Essonne comme chez PSA à Poissy, des liens se créent entre militants CGT et GJ surtout présents chez les sous-traitants, les intérimaires. "A Lardy, même nos ingénieurs techniques réalisent que la précarité nous rattrape tous", affirmait Florent. "Quand le mouvement des gilets jaunes a démarré nous n'étions pas dans le coup. Cette fois, alors que nos direction nous demandent de travailler aussi les jours fériés, à la base, nous sommes en phase avec les gilets jaunes !", se félicitait Allan, de Poissy. Pas sûr donc que la division aide à moyen terme Emmanuel Macron à sortir d'une crise sociale et politique... 

D'autant plus que le 9 mai, toutes les organisations se retrouveront pour manifester contre le projet de réforme de la fonction publique du gouvernement.

 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article