CASTANER : les médailles de la HONTE !

Publié le par FSC

Le pouvoir de l'oligarchie à un besoin impératif et vital pour la pérennité de sa domination : celui de s'assurer la fidélité inconditionnelle des forces dites de l'ordre (police, gendarmerie, armée) afin de pouvoir en toute circonstance faire face à la contestation populaire de sa politique et de son hégémonie.

C'est aussi pourquoi, du côté des forces populaires l'effort devrait viser à isoler le pouvoir et à introduire le doute dans les forces de répression sur la légitimité de l'usage de la force que le pouvoir ne cesse de justifier.

Le dispositif policier mis en place durant les manifestations des gilets jaunes visant précisément à installer une confrontation violente dont la finalité était d'empêcher toute fraternisation sur la base des revendications de justice sociale qui pouvaient parler aux flics de base.

La violence et les destructions urbaines servant par ailleurs à discréditer le mouvement et à rassembler le parti de  l'ordre, comme cela s'est d'ailleurs passé en 1968.

Toutes choses qui par ailleurs attestent de la bêtise du mot d'ordre anar "tout le monde déteste la police" qui en réalité sert les intérêts du pouvoir de la bourgeoisie.

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SOURCE : https://www.mediapart.fr/journal/france/170719/la-promotion-gilets-jaunes-de-christophe-castaner-les-medailles-de-la-honte?

 

 

Créée en 2012, la médaille de la sécurité intérieure est « destinée à récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel (...), et à récompenser des actions revêtant un éclat particulier » comme le précise le décret du 28 mars 2012. Pour l’année 2018-2019, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a pourtant choisi d’honorer des policiers ayant commis des violences policières (consultez ici la liste des médaillés).

Parmi les médaillés de la « promotion exceptionnelle médaille de la sécurité intérieure « gilets jaunes » », récompensés le 16 juin, figurent Grégoire Chassaing, le commissaire qui a notamment donné l’ordre d’utiliser les gaz lacrymogènes à Nantes le soir de la disparition de Steve Maia Caniço, mais aussi Rabah Souchi et sa compagne Hélène Pedoya, qui se sont distingués lors des opérations de maintien de l’ordre causant les blessures de Geneviève Legay.

Geneviève Legay, violement heurtée par un policier lors d'une charge disproportionnée, le 23 mars, à Nice. Le commissaire est aujourd'hui récompensé. © Reuters
Geneviève Legay, violement heurtée par un policier lors d'une charge disproportionnée, le 23 mars, à Nice. Le commissaire est aujourd'hui récompensé. © Reuters
La médaille de la sécurité intérieure récompense le personnel du ministère qui, comme le précise le texte officiel, intervient dans les domaines suivants : « La défense des institutions et des intérêts nationaux, le respect des lois, le maintien de la paix et de l’ordre public, la protection des personnes et des biens et la prévention, la médiation, la lutte contre l’exclusion, l’aide aux victimes. »

Cette distinction comporte trois échelons : bronze, argent et or. Un policier nous a expliqué qu’habituellement elle ne concerne que quelques centaines de personnes, les échelons or ou argent étant le plus souvent réservés aux blessés ou aux agents ayant déjà reçu une médaille de bronze.

Par exemple, ont été récompensés des gendarmes étant intervenus lors du crash de l’avion Germanwings, causant la mort de 149 passagers, dans les Alpes en mars 2015. Ou des policiers ayant secouru un Anglais agressé par des supporters russes à Marseille durant l’euro 2016.

Le ministère récompense ces actes de bravoure traditionnellement le 1er janvier et le 14 juillet. C’est donc une « promotion exceptionnelle », celle du 16 juin, officiellement nommée « gilets jaunes » qui vient d’être sélectionnée par Christophe Castaner. Mais elle ne l’est pas seulement pour le choix du calendrier.

Elle l’est dans le procédé même de sélection auquel Mediapart a pu avoir accès. Le 16 avril, un courriel de la direction des ressources humaines des CRS à destination des commandants d’unité lance un premier appel aux candidatures pour la promotion 2018-2019. Le texte est le suivant : « En prévision d’une éventuelle promotion exceptionnelle [MSI] Médaille de la sécurité intérieure « Gilets Jaunes », vous voudrez bien nous transmettre en retour 15 fonctionnaires blessés dans le cadre du mouvement des « Gilets jaunes ». Ils devront avoir fait l’objet d’un arrêt de travail en privilégiant les ITT [incapacité totale de travail]. »

Faute d’avoir suffisamment de candidats, un deuxième courriel de relance est envoyé, le jour même, élargissant les critères. Il y est noté : « Vu les nombreux retours néants, je vous sollicite de nouveau en élargissant les critères d’attribution. » Peuvent être désormais médaillés : « Des policiers méritants blessés dans le cadre des gilets jaunes », « en second lieu, des policiers blessés non méritants », et « en troisième lieu, ceux qui n’ont pas été blessés, mais qui ont réalisé une action remarquée durant cette période ».

Lors du mouvement des gilets jaunes, Christophe Castaner a souvent communiqué sur les policiers blessés, sans jamais donner trop de précisions.

Faute de « blessés » en nombre suffisant, les « non méritants » peuvent donc être promus. Dix jours plus tard, la Direction générale de la police nationale complète de nouveau le recensement, en l’ouvrant désormais à l’ensemble des officiers ayant participé aux opérations de maintien de l’ordre ainsi qu'aux majors des compagnies. Mieux, le tableau de candidature dans lequel doivent figurer les faits justifiant l’attribution de la médaille, est déjà pré-rempli par le ministère et « ne sera pas modifié ». Il est le suivant : « Gilets jaunes : engagement exceptionnel dans le cadre des gilets jaunes. » Les candidats auront d’office le bronze.

Seuls sont exclus les agents absents durant toute la période des manifestations, et ceux ayant reçu un blâme ou étant passés en conseil de discipline. Mais ne le sont pas : les auteurs de violences policières, poursuivis dans le cadre d’enquêtes administratives menées par l’IGPN ou judiciaires.

Le palmarès est terrifiant. Grégoire Chassaing, commissaire divisionnaire à Nantes, qui, le 21 juin, lors de la fête de la musique, a ordonné de gazer les jeunes rassemblés près d’une berge de la Loire, parmi lesquels Steve, porté disparu depuis ce jour.

Le capitaine Bruno Félix reçoit lui aussi les félicitations de Christophe Castaner. Pourtant, il fait partie des policiers auditionnés dans le cadre de l’enquête sur le décès de Zineb Redouane, survenu à Marseille après avoir été touchée au visage par des éclats de grenades lacrymogènes lancées dans son appartement le 1er décembre. Ce CRS commandait ce jour-là les auteurs des tirs.

Autre médaillé : le commissaire Rabah Souchi, en charge, le samedi 23 mars, à Nice, des opérations de maintien de l’ordre, ayant causé de graves blessures à la militante pacifiste Geneviève Legay. À cette charge, un capitaine de gendarmerie avait refusé de participer, la jugeant « disproportionnée » (à lire ici). 
Sa compagne, Hélène Pedoya, présente aux côtés de son conjoint le jour des opérations et chargée de l’enquête sur les violences policières commises ce jour-là est elle aussi félicitée par le ministre.

Et enfin, le commandant divisionnaire Dominique Caffin reçoit une médaille. Il fait partie des CRS qui, le 1er décembre, ont matraqué plusieurs manifestants dans un Burger King, à Paris. De sources policières, il est connu pour être « particulièrement violent ». Le 8 avril, sur un plateau de BFM-TV, un commandant de gendarmerie, le colonel Michaël Di Meo avait lui-même ainsi commenté les images : « C’est de la violence policière. »

Ils ont tous les cinq reçu la médaille de bronze et font partie de l’« exceptionnelle promotion gilets jaunes » 2018-2019 qui compte près de 9 000 médaillés, majoritairement en bronze.

Normalement, il n’y a que quelques centaines de promus, nous confie un policier qui estime que cette sélection est affligeante. « Cela ressemble à la prime au résultat exceptionnel. » Quel résultat, celui de mettre en pratique des directives de plus en plus violentes en matière de maintien de l’ordre ?

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François 18/07/2019 22:29

L'intitulé du blog "FSC" est prometteur, mais rapide désillusion avec le "chapeau" signé "FSC" à l'article de P. Pascariello.
Pour les auteurs dudit "chapeau" dont je doute qu'ils soient allés souvent se risquer à manifester envers et contre toutes les mesures hallucinantes qui nous interdisent de le faire, il s'agit de courtiser la police dans le but que celle-ci "fraternise" avec nous, les manifestants !!! Dans la période actuelle plus qu'en toute autre cela relève du gag ! - Citez moi dans l'histoire française et même mondiale un exemple significatif où des flics ont "fraternisé" avec les luttes sociales et que dire avec des mouvements d'émancipation révolutionnaire.
Je n'incite personne à affronter les milices du capital mais celles et ceux qui le font sont "des nôtres", souvent les plus vaillant-e-s d'entre nous; il y a diverses modalités de luttes. Là encore la simple observation des faits montre que les conquêtes sociales significatives n'ont pu faire l'économie de ces affrontements. Rien n'a jamais été conquis par de sempiternelles et placides déambulations de rue même massives ou autres expressions de "doléances" (!).
J'ai 70 balais dont près de 55 dans la lutte sociale et écologique à la base (le refus de parvenir), et je me fous des étiquettes et de votre coup de patte au slogan qualifié d' "anar"; il n'est pas plus con que ceux des "syndicalistes bon teint" qui crient "grève générale" pour le décor, ou annoncent que la rentrée ou le printemps sera chaud-e alors même qu'ils comptent bien ainsi, par de tels leurres, prendre la tête des mouvements sociaux pour mieux les étrangler.
Je vous laisse avec vos amis policiers des rangs desquels sans surprise n'a pas jailli la moindre protestation quand les leurs torturaient 146 lycéens à Mantes la Jolie, maintenus à genoux mains entravées dans le dos ou sur la tête (5/12/18), que d'autres détenaient des dizaines de lycéens du Lycée Arago entassés pendant des heures dans des cars aux vitres opaques (22/05/18), pas davantage depuis que déferlent les exactions les plus ignobles sur le mouvement des gilets jaunes; et la liste pourrait s'allonger...récemment Nantes, etc.
Et il se trouve que ceux que vous détestez, ces personnes qui font face à la police (à vos amis, ces "flics de base" qui gazent, bastonnent, tirent, lâchent les chiens...), certain-e-s désigné-e-s "black bloc" par le pouvoir et la presse aux ordres" sont heureusement là pour protéger les manifestants, s'interposer, faire reculer les voyous en uniforme (comme l'a fait C. Dettinger - lisez l'enquête d'Antoine Peillon), pour permettre aux autres manifestants d'échapper (pour un temps) aux agressions policières et gendarmesques; nombre de gilets jaunes notamment peuvent en témoigner.
- "FSC".!??..je me suis trompé d'adresse, vos propos en la matière rejoignent les sempiternels discours des directions syndicales (et de leurs suiveur-se-s), ces chiens de garde zélés et rétribués du capital.