CHU de POITIERS : La lutte contre le chantage à l'emploi et la dégradation des conditions de travail !

Publié le par FSC

 

 

Des pressions psychologiques au sein du service de bionettoyage du CHU ont débouché sur une enquête interne. Les salariés ont manifesté hier à Poitiers.


Des masques blancs ont remplacé les mots pour exprimer la détresse de certains. Hier, sur le parvis de l’hôtel de ville de Poitiers, ils sont une trentaine d’agents du service de bionettoyage du CHU. « Le malaise au travail est devenu un enfer pour certains », s’insurge Nicolas Boué de la CGT. Depuis l’arrivée d’une nouvelle responsable deux ans plus tôt, le quotidien s’est dégradé, malgré les alertes des salariés.

Chantage au contrat

Les yeux rougis, Céline G. (*) fait part de ses difficultés à se rendre à son travail, « la boule au ventre » : « Malgré votre assiduité, on vous fait comprendre que vous n’êtes bonne à rien : c’est sept mois de pression. » La jeune femme est contrainte à quatre mois et demi d’arrêts maladie. 

Sa parole fait partie d’une dizaine de témoignages récoltés par la CGT dans le but de dénoncer les faits qu’elle juge « inacceptables ». Constriction psychologique, chantage au contrat, manque de personnel… Les déclarations aboutissent à la mise en place d’une enquête administrative par la direction au mois de juin. 

Sur les 132 salariés, 112 sont entendus, 20 sont en arrêt maladie. Christophe Boutet, responsable CGT et salarié de l’hôpital depuis plus de trente ans est allé, lors de la manifestation, à la rencontre d’Alain Claeys, président du conseil de surveillance au CHU. « L’enquête interne a suggéré de mettre à l’écart les responsables du service. 

Mais nous exigeons qu’ils ne soient plus au contact des 132 employés afin qu’ils ne soient pas victimes de nouvelles pressions. » Plusieurs d’entre eux font état de menaces contractuelles ou de changements de planning inopinés (lire colonne). « Nous sommes chronométrés sans savoir pourquoi », confie-t-on alors que dans les rangs la crainte de la privatisation du nettoyage au CHU grandit de jour en jour, ainsi que le besoin de « garanties de protéger les plus bas salaires de l’établissement ». 

Entre les agents et leur hiérarchie, la communication est au point mort.
(*) Par crainte de représailles, les témoins ont voulu rester anonymes.

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