CHILI : ils retrouvent leur histoire avec Victor JARA !

Publié le par FSC

REPRIS du site de Danielle BLEITRACH

 

 

El derecho de vivir en paz

Le lundi 21 circulait sur les réseaux sociaux la consigne de mettre à l’heure du couvre feu la chanson de Victor Jara « El derecho de vivir en paz » (le droit de vivre en paix). Le phénomène est devenu viral et ce chant est devenu en quelques jours comme l’hymne officiel des manifestations.

De même, le slogan « el pueblo unido jamás será vencido » a réapparu massivement dans toutes les manifs. C’était un slogan qui n’était plus vraiment entendu, ou de façon très minoritaire, depuis des années. Il est redevenu un slogan de tous, largement repris par les jeunes.

C’est comme si, par dessus 46 ans de liberalisme dont 17 en dictature, le Chili se réappropriait son histoire.

Victor JARA :

source : le site de la JRCF 

 

Entre le 14 et le 16 septembre 1973, le chanteur chilien Victor Jara succombait aux balles des militaires pro-Pinochet. Après lui avoir coupé les doigts pour que jamais plus il ne joue de la guitare, Jara s’était simplement tourné vers les autres prisonniers, spectateurs de son supplice, avant de chanter Venceremos, l’hymne de l’Unité populaire. Devant le flot des prisonniers reprenant la chanson et n’arrivant pas à le faire taire, les barbares pinochetistes n’eurent d’autre choix que de l’exécuter.

Enfant issu d’une petite famille paysanne modeste du Chili, sa mère lui appris le chant et la guitare. Féru de musique folklorique chilienne, il se fit rapidement connaître en chantant la vie des classes prolétariennes du Chili. Chansons dont beaucoup de politiques où il attaquait la bourgeoisie de son pays et ses mœurs, mais aussi exprimait un anti-impérialisme conséquent en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Membre du Parti communiste du Chili, il fut un grand défenseur du Président Salvador Allende et de l’Unidad popular. Victor Jara chantera à la télévision lors de programmes ayant pour but la lutte à la fois contre le fascisme et la guerre civile. Des horreurs auxquelles le Chili n’échappera malheureusement pas. Il n’hésita pas à s’enrôler parmi les travailleurs volontaires lorsqu’en 1972 de grandes grèves furent organisées par la CIA pour déstabiliser le pays.

En 2018, la justice chilienne a enfin condamné les meurtriers de Victor Jara, 45 ans après les faits. Sur les neuf condamnés, huit écopent d’une peine de dix-huit ans de détention, un seul écopant uniquement de 5 ans d’emprisonnement pour complicité. Avec ça une somme de 1,8 millions d’euros (conversion) à la famille de la victime. Manque à l’appel le chef d'orchestre de ce meurtre, celui qui a exécuté Victor Jara, Pedro Barrientos, qui a fui aux États-Unis et dont l’extradition traîne depuis 2014… Comme toujours, les États-Unis sont le fer de lance de la liberté et de la droiture !

Rendons donc hommage aujourd’hui à un grand artiste communiste, engagé aussi bien dans le développement culturel de son pays que dans son avenir politique, et surtout qui ne s’est jamais laissé abattre même face à l’adversité et la barbarie.

 

 

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