BOLIVIE : l'avis de Jean ORTIZ de Pau

Publié le par FSC

"Nos" médias s'évertuent à justifier la situation en Bolivie en niant qu'il s'agit d'un véritable coup d'état fomenté par les forces réactionnaires boliviennes appuyées par les USA de Trump (il vient dans la lancée de menacer à nouveau le Vénézuela) ainsi que de l'Union européenne n'évitant aucune ingérence impérialiste.

La même démarche qui les a rendu aveugle à la présence des groupes nazis en Ukraine lors d'un autre coup d'état baptisé alors Maïdan démocratique!

La bataille pour la réalité des faits qu'ils ne cessent d'évoquer pour dénoncer les "fake news" - c'est-à-dire les mensonges- ne doit pas connaître de cesse, y compris à l'international, terreau des pires manipulations!

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En 2002, José Bové rencontrait Evo Morales, à Pau, via Jean Ortiz, au festival Culturamerica

Coup d’Etat fascisant contre Evo Morales

et ses camarades, menacés de mort.

 

Les nouvelles qui nous parviennent de Bolivie sont inquiétantes. Evo Morales, élu démocratiquement en 2006, est le premier chef d’Etat indien de Bolivie, et sans doute d’Amérique latine (excepté le Mexique de Benito Juarez).

Depuis les élections générales de 2006, Evo et son mouvement (MAS, Mouvement vers le socialisme) ont modelé une autre Bolivie : les acquis sociaux et économiques (salaire moyen multiplié par deux, 4% de croissance en moyenne), la lutte contre la pauvreté (passée de 38,2% à 15,2% entre 2005 et 2018) et contre l’analphabétisme, la reconnaissance d’un Etat plurinational, sont autant de victoires radicales et substantielles.

 
Certes, au cours du récent processus électoral seraient apparues des suspicions de fraudes, des accusations de corruption. Evo Morales et ses amis ont immédiatement accepté un audit de l’Organisation des Etats Américains (OEA, appelée jadis « le ministère des colonies des Etats-Unis »). Par souci de pacification, ils ont même accepté de refaire les élections, une demande de l’opposition, qui depuis, s’en contrefiche. Washington, comme toujours, en a profité pour s’ingérer dans les affaires d’un gouvernement progressiste, et instrumentaliser l’opposition, créer un climat insurrectionnel, entraînant de nombreux actes de vandalisme, de séquestrations dans tout le pays. Des milliers de manifestants, essentiellement blancs, des couches moyennes, des classes dominantes, ainsi que les militaires et la police, ont envahi les rues, cassé, pillé, incendié, tué.
 

Pour tenter d’apaiser la situation, Evo Morales (qui a refusé d’appeler à tirer sur la population) a préféré démissionner, provoquant un dramatique vide de pouvoir. En effet, en absence de validation de la démission du président par le Parlement, aucun autre scrutin ne peut être envisageable. Des nouvelles préoccupantes nous parviennent en outre d’arrestations de dirigeants masistes, de ministres, de parlementaires, de syndicalistes. Un mandant d’arrêt est lancé par les putschistes contre le président Morales et le vice-président Garcia Linera, obligés de se cacher pour préserver leur vie.
 

Les amis de la Bolivie d’Evo Morales, du processus de transformation inédit, exigent une sortie négociée, souveraine, et pacifique. L’OEA, quant à elle, s’applique à jeter de l’huile sur le feu.
 

Nous, enseignants de l’Université de Pau qui avons reçu Evo Morales à deux reprises, la seconde pour le décorer du Doctorat Honoris Causa, ainsi que le village Emmaüs Lescar-Pau, dénonçons le coup d’Etat, appelons à la solidarité avec Evo Morales et tous les masistes, cibles d’attaques violentes, et exigeons que leur vie soit préservée, et qu’une issue institutionnelle, constitutionnelle, souveraine, au conflit l’emporte.

 

Jean Ortiz

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