POUR un féminisme de classe et révolutionnaire

Publié le par FSC

A l'occasion de cette journée "STOP à la violence faites aux femmes" il est aussi salutaire que des femmes engagées dans le combat féministe ET social interpellent les féministes bourgeoises ignorant ou couvrant comme en Bolivie les "génocidaires sanglants" et ailleurs les exploiteurs allant  au bout de leurs fins odieuses CONTRE les femmes et CONTRE le peuple !

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Féministes voyons si nous allons nous réveiller

par Cecilia Zamudo

 

 

Il y a des gens si minables  qu’à partir de leur positionnement profondément bourgeois, ils s’emploient   à consolider un coup d’état raciste, misogyne, et fanatique religieux en Bolivie. Il est regrettable que madame Segato, qui se prétend « féministe », soit ainsi en train de soutenir un coup d’état qui a déjà perpétré plusieurs massacres, et qui va ramener les femmes de la classe exploitée à l’époque coloniale.

Je suis sûr que Mme Segato va avoir l’air très « féministe » alors que les militaires putschistes sont en train de bafouer et d’humilier les femmes autochtones.

D’autant plus que  le vrai féminisme, le féminisme communautaire, le féminisme de classe et révolutionnaire est fort en Bolivie, et que des compagnes comme Adriana Guzman informent de la résistance au coup d’état, depuis les mêmes communautés autochtones, paysannes, de quartier (évidemment  elles ne bénéficient pas de la couverture des grands médias de désinformation massive, mais elles  s’expriment dans des radios, des réseaux, etc. )…

 

Quelque chose de très différent des dames Segato et Galindo, qui approuvent le coup d’état (Mesdames qui, par contre, ô curiosité, oui profitent de l’espace dans les grands médias). Bourgeoises ou petite bourgeoises enfin, fidèle à sa classe. Fidèles au point d’être des partenaires du déni d’un coup d’état qui est en train de détruire  la vie des peuples autochtones, des paysans, de la classe ouvrière, de millions de femmes et d’hommes. Un coup d’état qui a déjà tué une demi-centaine de personnes.

Il est assez artificiel  de la part de Segato de mener  sa soi-disant lutte contre l’autoritarisme quand elle est capable de faire une ellipse olympique sur la demi-centaine de personnes tuées en moins de deux semaines par les bottes putschistes. Quand elle est capable de contourner l’arrestation de centaines de personnes, la fermeture des radios communautaires, la persécution politique, les lynchages, le décret signé par la putschiste Añez qui exonère les militaires de toute responsabilité pour les meurtres et les violations qu’ils commettent, la

Persécution contre les journalistes non alignés, le fait d’avoir expulsé du pays des dizaines de médecins et de journalistes ou de les avoir emprisonnés sous l’accusation de « sédition » pour avoir osé informer sur les massacres commis par les putschistes, parce qu’ils ont osé  informer sur la massive répudiation populaire contre le coup d’état. Mais non, elle ne voit pas de coup d’état, elle fait des jonglerie rhétoriques, tout comme son homologue Maria Galindo.

Beaucoup de « performance » et de rhétorique avec des paillettes, mais nul travail communautaire, nul accompagnement et apprentissage en écoutant les femmes du peuple, aux chola qui aujourd’hui affrontent les chars militaires, quelque chose de très concret et tangible de la capacité des femmes du peuple à se battre pour ses droits.

Ces femmes font partie de la même communauté, et elles ont travaillé toutes ces années pour l’émancipation concrète des femmes de la classe ouvrière, l’immense majorité. Et aujourd’hui, elles sont bien sûr en train de lutter contre le coup d’état, dans les rues, avec leurs jupes et leurs wiphalas, qui peuvent être arrêtées ou tuées à tout moment par les balles putschistes, en agissant  au milieu des agents chimiques que  lance la police, en aidant à guérir et évacuer les blessés, exigeant l’apparition en vie des personnes disparues, en accompagnant les familles pour essayer de savoir où ils ont leurs filles et enfants détenus les putschistes, en donnant le soutien aux compagnes qui ont été déshabillées, humiliés, violées, par les forces répressives au service des putschistes.

Dans ce thème du féminisme communautaire, de classe et révolutionnaire, contre le pseudo « féminisme » si bien vu par   la bourgeoisie, la Bolivie nous donne une autre leçon (parmi les nombreuses qu’elle nous donne) : ce n’est pas la même chose l’honnêteté et la sensibilité du féminisme communautaire, de Classe et révolutionnaire, que les émois d’un pseudo « féminisme » Bourgeois, raciste, rayano anticommuniste, qui se met du côté de la bourgeoisie, et même du côté d’un coup d’état fanatique religieux, misogyne, profondément raciste et qui déploie sa fureur  résolument génocidaire.

Une fois de plus, on peut le dire : le concept de la « Sororité interclasista » est une arnaque gigantesque et dangereuse. Nous, les femmes autochtones, les personnes d’ascendance africaine, les métisses du abya yala, les femmes de la classe ouvrière du monde entier, nous ne sommes ni ne serons jamais les sœurs de ceux qui assassinent les peuples, nous ne sommes ni ne serons jamais les sœurs de la raciste et antiavortement ! , Yeanine Añez (la putschiste dictatrice de Bolivie), nous ne sommes pas non plus des sœurs de la Thatcher, de la Christine Lagarde du FMI et d’autres institutions vautours, des reines, des banquiers qui expulse des familles entières, des femmes entrepreneurs qui font travailler des milliers de femmes dans des gouffres d’effroi (parce que tant les hommes que les femmes de la bourgeoisie commettront l’exploitation).

Nous ne sommes pas non plus les sœurs des proxénètes, ni de celles qui asservissent d’autres femmes dans l’aberration des « ventres de location », ni non plus ,ous sommes ni nous ne serons jamais les sœurs de la directrice de la CIA qui porte la torture et la mort à toute la planète.

Nous ne sommes ni ne serons jamais les sœurs d’aucun exploiteur.

Nos sœurs sont les femmes du peuple, les femmes de notre classe, de la classe exploitée, de la classe ouvrière.

C’est pour nous tellement dégoûtant que  la bourgeoisie essaie de manipuler et de gagner des sympathies envers ses plus brutales dictatures, en utilisant aussi un certain pseudo « féminisme ». c’est pourquoi nous ne nous lasserons pas de le dire, haut et clair : le vrai féminisme ne peut pas être complice de la bourgeoisie, ni soutenir les coups d’état, ni soutenir le racisme institutionnalisé, ni l’obscurantisme religieux.

C’est une veille tactique  : la bourgeoisie met ses chevaux de Troie dans tous les mouvements, les pousse, soutient et finance, pour qu’ils aillent faire leur travail néfaste, en ôtant tout contenu vraiment révolutionnaire aux mouvements, en enlevant toute la compréhension de la nature des classes

De ce système socio-économique qui est le capitalisme (système qui, nous le comprenons ou non, nous explose tous les jours et définit en grande partie nos vies). La bourgeoisie met ses chevaux de Troie dans tous les mouvements, pour essayer de les amener dans les ruelles sans issue de l’inefficacité, et aussi pour essayer de les utiliser.

Les marionnettes  du type Segato et Galindo sont tellement « féministes » qu’elles  en deviennent  muettes sur les femmes autochtones violées, torturées, arrêtées disparues et tuées en ces 10 jours par les putschistes.

Elles sont tellement « féministes » qu’elles se taisent sur le fait évident que la création d’une assurance universelle de la santé, de l’alphabétisation et de l’accès gratuit à l’éducation que le gouvernement d’Evo morales a réussi, a participé de manière décisive au début de la libération de la plupart des femmes de Bolivie.

Elles sont tellement  » féministes  » la Segato et la Galindo qu'ellessont muettes sur la barbarie obscurantiste et raciste de ce coup d’état de la bourgeoisie, qui a déjà clairement annoncé  » sortir la pachamama  » (mère terre) du Palais, de la Constitution et des croyances de la Bolivie.

Qu’elles fêtent clairement la privatisation de la santé et de l’éducation, avec la bourgeoisie transnationale afin de livrer les richesses naturelles au pillage des multinationales, avides du lithium, du gaz et autres richesses de la pacha mama.

Elles sont tellement « féministes » la Degato et la Galindo qu’elles prennent pour des idiotes toutes les femmes féministes, et ont essayé de les duper avec une présentation incroyablement simpliste de la réalité bolivienne, dans laquelle, selon elles, il n’y a ni racisme, ni exploitation de classe.

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