A PARIS le préfet empêche la jonction entre la manif des gilets jaunes et de la CGT

Publié le par FSC

 

Il y avait donc 2 manifestations ce samedi à Paris.

Celle de la CGT contre la précarité et celle des Gilets jaunes sur une plate-forme en phase avec celle de la CGT.

Sur 2 parcours différents MAIS avec l'objectif manifesté de part et d'autre de se rejoindre afin de souligner la volonté de CONVERGENCE des luttes et de rapprochement.

Et que croyez vous que fit le préfet de police de Paris ?

Et bien il a mis en place un dispositif policier visant à empêcher la jonction des 2 cortèges !

Cela montre bien où se trouve leur crainte et de notre côté, à l'inverse l'effort pour que partout montent les convergences, qu'elles trouvent leur expression sur le terrain, y compris au travers de gestes symboliques pour que le projet scélérat des retraites soit retiré et soit bloquée la politique de casse de Macron !

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des chômeurs et précaires à Montparnasse. C'était sans compter sur le dispositif policier qui les en a empêchés violemment.

Ils partaient séparément, mais devaient se rejoindre à Montparnasse. Samedi 7 décembre en fin de matinée, plusieurs centaines de gilets jaunes se sont retrouvés à Bercy pour partir en manifestation, lors de leur acte 56. Très fortement encadrés par de nombreux cars de police, ils s’élancent dans une ambiance assez bon enfant le long de la Seine. Seul Pierre-Frédéric, handicapé se déplaçant avec son déambulateur, a maille à partir à ce moment-là avec la police. « Ils m'ont confisqué mon gilet jaune avant que j'arrive, parce qu'il paraît que j'étais dans un périmètre interdit aux gilets jaunes », râle-t-il. « Je suis là parce que je suis président d'une association et qu'on mène une lutte pour l'accessibilité dans les transports en commun », explique-t-il. « Ceci dit, avec les gilets jaunes ça se passe très bien, sourit Pierre-Frédéric. En arrivant, on m'a déjà offert trois cafés et un chocolat chaud ».

Cet acte 56 est un peu spécial. Deux jours plus tôt, la manifestation du 5 décembre, à laquelle la plupart des gilets jaunes ont déjà pris part parmi les syndicalistes, les a regonflés. Avec ce mouvement social, ils tentent de refaire partir leur mouvement de plus belle. Les slogans sur les banderoles ou écrits directement sur les gilets témoignent de leur état d'esprit. « Mettons la dette odieuse à la retraite », clame une banderole. Les autocollants « rêve général » de la grève du 5 décembre sont encore bien en vue sur les gilets. « La violence, c'est le capitalisme », affiche un autre manifestant. Lucie Aubrac est convoquée : « Résister se conjugue toujours au présent », est-il écrit au dos d’une des chasubles. Des étudiants se joignent aussi aux cortège, au son d'« étudiants, gilets jaunes, même combat ». Au fur et à mesure de leur avancée, les gilets jaunes se retrouvent près de 2 000 à marcher en direction de Denfert-Rochereau.

En passant devant la prison de la Santé, l'occasion est trop belle. Le cortège stationne un moment et la foule scande : « Libérez nos camarades », alors que se font entendre quelques noms d'oiseau en direction de Patrick Balkany.

Au départ de la manifestation, Jérôme Rodrigues se disait « fébrile ». « J'avais un peu peur qu'on ne soit pas assez nombreux », confie-t-il, alors qu'un appel à converger avec la manifestation des précaires à Montparnasse a été lancé. « Mais quand j'ai vu tout le monde débarquer, j'avoue que j'ai eu la larme à l'oeil. Les lignes sont en train de bouger du côté des directions syndicales aussi », se félicite-t-il. Un sentiment partagé par Marie-Hélène, infirmière dans un collège du 15e arrondissement. Syndiquée à la FSU, elle est aussi gilet jaune depuis le début du mouvement en 2018. « La base des syndicats a voulu bouger, et maintenant j'espère qu'on va être tous ensemble », dit-elle. « On était un peu désarçonnés l'an dernier quand on a vu que les syndicats n'étaient pas avec nous.

Mais c'est sans rancune », plaisante-t-elle, en rappelant qu'elle est en « grève illimitée ». Un peu plus loin, un manifestant porte fièrement un drapeau de l'union locale CGT de Compiègne. « Moi, je suis un révolutionnaire », revendique-t-il. « J'ai commencé dans le mouvement des gilets jaunes, puis j'ai adhéré à la CGT parce que je veux pousser la direction à réagir », explique-t-il. Il nous dit s'appeler Jean-Rachid et, ce faisant, précise que c'est « une dédicace spéciale à Eric Zemmour ».

Approchant l'avenue du Maine, le cortège n'est plus qu'à un jet de pierre de la manifestation syndicale des précaires, qui doit partir à 14 heures de la place du 18 juin 1940. Tous les gilets jaunes veulent donc faire la convergence des luttes ce jour-là. C'est sans compter sur le dispositif policier qui les attend au tournant.

L'avenue est entièrement bloquée par des CRS et des camions. La tension monte, puis les grenades commencent à pleuvoir avec les coups de matraque. Ceux qui refluent loin des échauffourées sur l'avenue du Maine auront une mauvaise surprise... Dans leur dos, arrivent en trombe une quinzaine de fourgons de police dont les fonctionnaires sortent en courant et matraquent au hasard sur les trottoirs, y compris les passants éberlués. Une partie du cortège se détourne donc pour reprendre le tracé initial en direction de la Porte de Versailles. Si la convergence n’a pu se matérialiser, elle est bien présente dans les têtes...

Diego Chauvet
 

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