Faut-il épargner Laurent BERGER ?

Publié le par FSC

Si on reste prisonnier du "syndicalisme rassemblé " alors on peut accueillir le soudain "coup de gueule" du secrétaire général de la CFDT, monté en épingle par toute la presse système,  comme un acte de ralliement au mouvement en cours et donc l'affecter d'une appréciation positive.

Mais concrètement, si on y regarde de plus près c'est à une véritable mise en scène politico/médiatique à quoi on a affaire.

Car première remarque, BERGER est favorable, ardemment favorable à la retraite par points alors que le mouvement dans son ensemble exige le RETRAIT de ce projet.

DONC BERGER comme il le réaffirme d'ailleurs ne rallie pas l'objectif majeur du mouvement en cours.

Et si comme le pouvoir il demande la trêve de Noël, sachant pertinemment  qu'un tel mouvement acceptant une pause signerait la fin de la dynamique enclenchée c'est parce qu'il souhaite et s'active pour qu'il soit mis un terme à la résistance populaire et de lutte contre la politique du pouvoir sur les retraites comme plus généralement.

C'est qu'au fond il approuve cette politique mais sans doute sous la pression de ses propres bases et pour tenter de préserver une certaine crédibilité, il a besoin de donner le change et avec l'aide des médias de masquer ce positionnement de complicité gênant avec le macronisme.

Ce qui donne crédit à cette analyse, c'est que la fameuse "ligne rouge " qu'il brandit concernant le refus de l'allongement effectif de l'âge de départ à 64 ans sous contrainte du bonus/malus, eh bien en 2015 il l'a accepté dans les négociations AGIRC-ARRCO, parce qu'à l'époque il a pu le faire discrètement hors de l'attention populaire :

Vous avez bien lu.

Selon L. BERGER à l'époque l'accord conclu qui entérine l'incitation à travailler plus longtemps est motivé par le souci budgétaire, paramétrique d'un retour à l'équilibre des régimes complémentaires, cela aux côtés du MEDEF !

Soyons lucides.

Le positionnement actuel de Laurent BERGER et de la CFDT est purement tactique.

Il vise à tenter de sauver la contre-réforme de la retraite par points en volant au secours d'un pouvoir en grande difficulté.

La véritable mise en scène à laquelle nous assistons qui vraisemblablement (sauf décision surprise de MACRON décidant de se passer des services de BERGER) va connaître le déroulé suivant :

 

  • E. PHILIPPE va faire un geste en direction de la CFDT sur l'âge pivot de 64 ans.
  • BERGER va montrer sa bonne volonté et des négociations vont s'engager entre partenaires sociaux "raisonnables" et le pouvoir.
  • négociations qui pourraient s'éterniser histoire de désigner le mouvement de résistance comme inutile et de tenter de marginaliser l'exigence du retrait puisque des "solutions" seraient en train d'être recherchées par des gens "raisonnables".

Et à l'issue de la manifestation de mardi 17, ils vont avoir la tentation d'attribuer à l'appel de " ralliement " CFDT l'augmentation prévisible du nombre de participants  par rapport au 5/12.

Augmentation essentiellement due à la dynamique du mouvement et à la conscience de la nocivité de la contre-réforme.

Avec l'objectif de gagner du temps et de se libérer de la pression syndicale et populaire.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

Mais la consolidation du mouvement, son extension en cours nécessitent de dénoncer les manœuvres qui visent à le contrer, à l'affaiblir, à le discréditer et donc à démasquer tous ceux qui prêtent la main à cette véritable entreprise de sabotage à laquelle Laurent BERGER et la CFDT participent en première ligne.

NON BERGER ne doit pas être épargné, la clarté sur les objectifs des uns et des autres doit être faite pour que l'emporte le combat engagé dont l'enjeu est considérable ET pour MACRON ET pour le mouvement syndical authentique en mesure de regagner la confiance populaire!

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R
Il y a deja plusieurs annees que les representants de la CFDT au COR defendent le principe d un systeme universel par points , pas de surprise donc et pas de cadeau a faire a la CFDT qui doit etre combattu comme un adversaire de classe ...mais la position de la CGT n est pas tres claire : elle defend les retraites complementaires par points qui ont ete crees apres guerre a l initiative de la CGC de plus la CGT revendique une securite sociale a 100 % ce qui implique la disparition des retraites complementaires et mutuelles maladie et leur integration dans le regime general ...encore un degat du syndicalisme rassemble´...
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