RETRAITES : BLACKROCK c'est quoi ?

Publié le par FSC

Le puissant mouvement social en cours et le débat national qu'il a provoqué lève le voile sur des aspects du fonctionnement du pouvoir et de la société qui par temps calme n'émergent pas dans l'opinion.

VERTU cardinale quand le peuple se met en mouvement.

Des pans obscures et soigneusement cachés, des relations d'intérêts entre les plus grandes sociétés financières et les pouvoirs politiques, dont celui de Macron ne peuvent plus être passés sous silence.

Nous avons déjà relayé la place que la société BLACKROCK souhaite prendre dans la société française à l'occasion des mesures déjà votés par la majorité macronienne (loi PACTE) et celles qu'elles attend d'une adoption de la contre-réforme du régime des retraites à points.

 

VOIR :

http://www.frontsyndical-classe.org/2019/12/encore-des-renseignements-sur-le-role-des-fonds-de-pension-blackrock-ses-liens-avec-macron.html

http://www.frontsyndical-classe.org/2019/12/retraites-les-predateurs-a-l-affut.html

REMARQUE :

La vidéo d'ARTE qui accompagnait notre article était encore disponible il y a quelques jours.

A présent voilà ce qui s'affiche lorsqu'on veut la consulter :

 

Rappelons que Youtube est sous le contrôle de Google et il n'est pas interdit de penser qu'il existe une sorte de solidarité entre grands groupes et états sous contrôle de l'oligarchie ... comme en France.

Mais sans doute sommes nous hantés par une pensée complotiste : la solidarité de classe, les mesures de censure, le silence sur les affaires ça n'existe pas !

 

 

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Ce qu'est BLACKROCK

SOURCE : https://spe.hypotheses.org/687

 

par Bruno Théret

 

 

BlackRock n’est pas seulement une institution financière extraordinairement puissante dans le monde économique et financier. Elle n’agit pas seulement en matière économique et financière, mais aussi en tant qu’agence internationale de conseil macro-économique pourvoyeuse de diagnostics et de solutions aux gouvernements.

A cette fin, BlackRock a incorporé dans son staff de haute volée non pas des financiers, mais des macro-économistes et des banquiers centraux. C’est d’autant plus étonnant que son business n’est pas centré sur l’acquisition de rentes des dettes souveraines (il est vrai de rendement quasi nul en ce moment en Europe), mais sur les marchés actions.


Comment expliquer le recrutement de macroéconomistes et de banquiers centraux par Blackrock ?


BlackRock a opéré son décollage avec le “quantitative-easing” de la FED (puis de la BCE) après 2008 (voir : Martine Orange, “BlackRock souffle ses conseils pour la capitalisation à l’oreille du pouvoir”), et elle a profité de la « trappe à liquidité » (situation dans laquelle la banque centrale devient incapable de stimuler l’économie par la voie monétaire) pour orienter l’excès de liquidité vers les marchés d’actions et relancer l’inflation des titres boursiers. Ainsi est-on en train de ré-atteindre les pics de 1929 et de 2007 des indices boursiers.

Or, dans une note présentée en août 2019 ... Blackrock envisage un prochain « downturn », une récession déjà perceptible en matière de commerce international, et pense que cette fois les banques centrales n’auront plus les moyens de la contrer vu la taille actuelle de leurs bilans, les taux d’intérêt négatifs, etc. C’est pourquoi, ce qui peut paraître là encore paradoxal pour une institution financière de sa taille et de sa richesse, elle se déclare favorable à un financement monétaire direct temporaire « par hélicoptère » des agents économiques, sans passer par les banques. BlackRock serait donc, dit autrement, pour un Quantitative-Easing for the People.

En fait pour BlackRock, cette prise de position est logique, car BlackRock n’est pas une banque, et sa méthode d’analyse est plus empirique et systémique qu’abstraite et normative comme celle de la micro-économie nouvelle classique et de l’économie financière standard, ce qui explique qu’elle soit peuplée plus par des macro-économistes praticiens de banque centrale que par des économistes financiers formés dans les GBS.

BlackRock a pris acte que la récurrence des crises financières est le prix à payer dans un régime d’accumulation financiarisé ultra-libéral, que l’inflation boursière avait atteint à nouveau des sommets qui appelaient un retournement, et que dans la prochaine crise, il n’y aurait pas d’autre solution pour sa pérennité que de relancer la demande pour maintenir l’économie et les revenus des ménages à flot et ne pas ruiner toute perspective de retraite par capitalisation.

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On notera également que P. Hildebrand a également fait partie du groupe de travail du Group of 30 qui vient de publier en novembre 2019 un rapport sur l’avenir des retraites à l’échelle mondiale intitulé Fixing the Pensions Crisis : Ensuring Lifetime Financial Security.

 

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