PROces Palais Bourbon 4-6 mars

Publié le par FSC

Le documentaire débatDOC sur LCP  rediffusé ce lundi 4 mai sur la chaîne.

http://www.lcp.fr/emissions/294951-debatdoc

DébatDoc - Le Palais Bourbon sous l´occupation
C´est un documentaire inédit, exclusif, que nous vous proposons dans Débat
Doc. Réalisé par Xavier-Marie Bonnot, il retrace, c´est son titre, « Les
années noires du Palais-Bourbon », autrement dit l´histoire de ce haut
lieu de la République sous l´Occupation. Une histoire longtemps restée
secrète, enfouie dans les archives de l´Assemblée nationale et que ce film
révèle au grand jour. Nos invités : Bruno Fuligni, historien ; Marc
Abélès, anthropologue de la politique ; Eric Alary, auteur : « Nouvelle
histoire de l´Occupation » - Ed. Perrin

POUR RAPPEL sur le sens de classe continué, perpétué de ces événements : le policier collabo responsable des arrestations des jeunes résistants, Georges VEBER a été décoré de la légion d'honneur en 1963.

Le film se terminant sur cette révélation et concluant " c'est ça la France" !

C'est ça la France ?

Ou une certaine France, pas celle de Jean FERRAT celle de la classe dominante qui a envoyé au poteau d'exécution les militants communistes tout en continuant à leur reprocher mensongérement que les communistes ne sont entré en résistance qu'après l'agression nazie contre l'URSS!

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Le procès du palais Bourbon est le procès mené par les autorités nazies en mars 1942 contre sept combattants des Bataillons de la jeunesse, groupes de jeunes résistants communistes menant la lutte armée contre l'occupant allemand.

Ce procès se déroule du 4 au 6 mars 1942 dans la galerie des Fêtes du palais Bourbon1, lequel était à Paris le siège de la Chambre des députés mais durant l'Occupation abrite des services de la Kommandantur du Gross Paris.

Le gouverneur militaire allemand pour la France, Carl-Heinrich von Stülpnagel, décide de donner un grand retentissement à ce procès en en faisant un procès à grand spectacle. La presse et le cinéma sont convoqués et von Stülpnagel est là en personne avec son état-major2. Il ne s'agit en fait que d'un « simulacre de justice »3.

Les nazis reprochent au groupe d'avoir mené en trois mois plus de dix-sept opérations de guerre.

Accusés

Les sept jeunes accusés sont :

Arrêtés entre octobre 1941 et janvier 1942 par la police de Vichy, ils sont incarcérés à la prison de la Santé et mis au secret, puis livrés aux autorités allemandes. Leur procès ne dure que trois jours.

Ils sont condamnés à mort le  et fusillés le  au fort du Mont-Valérien.

Dans une lettre adressée à la mère de Christian Rizo, Maître Wilhelm, l'avocat chargé de sa défense et ayant assisté aux derniers moments des condamnés, écrit : « ils ont pris congé dans la dignité, le courage et la foi de leur conviction »9.

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ARTICLE très intéressant à :

http://www.resistance-ftpf.net/pages/histoire/tragedie.html

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L’HUMANITÉ

LES FUSILLÉS DU PALAIS BOURBON
Vendredi, 10 Mars, 2000

Inauguration à l'Assemblée nationale d'une plaque en souvenir de sept jeunes communistes fusillés par les nazis le 9 mars 1942.

C'est le président de l'Assemblée en personne, Laurent Fabius, qui a dévoilé à l'hôtel de Lassay la plaque commémorant le sacrifice.

Ils étaient sept. Sept copains. Cinq étaient du XIe arrondissement de Paris : Roger Hanlet, né le 4 décembre 1922 ; Acher Semahya, né le 20 août 1915 ; Christian Rizo, né le 30 mai 1922 ; Tony Bloncourt, né le 23 novembre 1921, et Pierre Milan, né le 28 août 1924. Le sixième, Fernand Zalkinov, né le 23 septembre 1923, était du XXe. Le septième, Robert Peltier, né le 9 août 1921, était de Goussainville. Sept jeunes communistes. Membres des Bataillons de la jeunesse commandés par le colonel Albert Ouzoulias. Et, à ce titre, auteurs des premières actions armées contre les forces d'occupation. Le 9 mars 1942, ils prenaient la plume. Pour la dernière fois. Lettre aux parents et amis. Avant d'affronter le peloton d'exécution. Fin de course au mont Valérien. Arrêtés par la police vichyste, livrés aux autorités d'occupation nazies, ils ont comparu, les 4, 5 et 6 mars 1942 devant une cour martiale allemande siégeant dans les locaux mêmes de la Chambre des députés. Le président de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, a dévoilé, hier, à l'hôtel de Lassay, une plaque commémorant leur sacrifice (1).

Le 9 mars 1942, donc, Christian Rizo, étudiant, à ses frères et à sa sour, écrit : " On arrive à tout, avec le courage ; même à mourir à dix-neuf ans, le sourire aux lèvres. " Et Robert Peltier, ouvrier modeleur, à ses grands-parents : " Soyez sûrs que je suis mort en Français qui ne voulait que le bien de ses compatriotes et de sa patrie. " Et Tony Bloncourt, fils de notables guadeloupéens : " Je regrette profondément de quitter la vie car je me sentais capable d'être utile. Toute ma volonté a été tendue pour assurer un monde meilleur. " Et Fernand Zalkinov, à sa sour : " Les copains et moi n'avons pas été des lâches. Seulement, c'est bien difficile, ceux qui ne sont pas passés par là ne peuvent pas savoir. Certes, nous sommes des enfants les uns et les autres, nous n'avons jamais prétendu être des héros, il ne faut pas trop nous en demander. Nous avons demandé, comme la dernière grâce, de mourir ensemble. Si on nous l'accorde, alors, ce sera beaucoup plus facile, nous sommes capables de mourir en souriant. Je ne ressens de haine contre qui que ce soit. Je voudrais aimer toute la terre. " Cette " grâce " ne leur fut pas accordée. Le 9 mars 1942, il n'y avait que cinq poteaux plantés dans la clairière du mont Valérien : Roger Hanlet et Robert Peltier furent fusillés immédiatement après leurs camarades. En même temps que trois autres patriotes. Que Tony Bloncourt se rassure : utiles, lui et ses copains l'ont été, au-delà de toute expression, à l'heure où le pays vivait ses heures les plus sombres.

Ce dont l'ennemi les accuse ? Propagande antivichyste et antiallemande, par tracts, affiches et prises de parole ; sabotages des réunions organisées par les maréchalistes, attaques de permanences des associations et partis collaborationnistes, manifestations publiques contre l'arrestation de professeur Paul Langevin et la révocation du recteur Gustave Roussy ; participation aux manifestations des 8 et 11 novembre 1940 à l'Étoile ; grèves dans les Centres de jeunesse ; actes de sabotage. Autant de titres de gloire.

Le président de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, a souligné, hier : " L'occupant voulut donner une signification particulière à leur procès, parodie de justice puisque le sort des sept inculpés était scellé d'avance, en transformant la Chambre des députés en tribunal : la maison de la démocratie utilisée, à dessein, pour appliquer la barbarie ! (...) Peut-être, rien n'aurait changé, si le frère de l'un d'eux, André Rizo, ne m'avait adressé, voici un an, une lettre pleine d'émotion pour me rappeler cette première " affiche rouge " placardée sur les murs de Paris. Le travail que j'ai demandé alors, sur le conseil du professeur Azéma, à un jeune historien, Eric Alary, concernant cet épisode dramatique, tout cela aboutit aujourd'hui à un livre dont nous avons souhaité la publication (2) et à cet hommage ". Le secrétaire d'État aux Anciens combattants et victimes de guerre, Jean-Pierre Masseret, rappela l'engagement politique des jeunes gens au sein du Parti communiste, et la grandeur de leur sacrifice : l'acceptation que leur destin individuel s'efface devant le destin national, dans l'espoir d'un monde meilleur, exemple de dépassement de soi. Jean-Pierre Masseret, évoquant les dernières lettres des condamnés, fit remarquer : " Ce sont des déclarations d'amour. " À leurs parents. Mais aussi des réaffirmation des grandes valeurs de la France. Rappel de circonstance, fit-il valoir, à l'heure où l'Autriche se rappelle à l'attention de l'opinion, et où les jeunes ont à charge de construire la France et l'Europe de demain... Au nom de l'Association nationale des anciens combattants résistants (ANACR), Robert Chambeiron, rappela : " Nous commémorons le martyre de sept valeureux combattants de la Résistance. Des jeunes, à peine sortis de l'adolescence, mais emplis de la même ambition : servir leur pays. (...) Les nazis croyaient terroriser et réduire au silence ceux et celles qui n'acceptaient pas de se plier à l'ordre hitlérien : en vérité, ce fut tout le contraire qui se produisit, et le sacrifice des combattants que nous honorons aujourd'hui ne fut pas vain. (...) Les monuments, les stèles et les plaques qui témoignent de l'âpreté des combats contre l'occupant et ses complices sont des lieux de recueillement qui permettent, notamment à ceux qui n'ont pas connu la période de la guerre, de réfléchir sur les événements de cette époque, marquée du sceau du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, pour en dégager les leçons qui les rendront plus vigilants à l'égard d'un passé funeste que les thuriféraires du nazisme s'emploient à faire revivre. "

À l'issue de la cérémonie, Muguette Jacquaint, députée communiste, nous faisait part de son émotion, et rappelait la valeur du message délivré par les sept jeunes fusillés : " C'est une page d'histoire. Mais aussi le rappel de valeurs qui sont encore d'actualité. Parce qu'on n'est jamais à l'abri... "

Jean Morawski

(1) On reconnaissait, parmi les élus communistes, Muguette Jacquaint, Jacqueline Fraysse, Claude Billard, Georges Hage, Jean-Claude Lefort, Patrick Carvalho, Gilbert Bessy et René Dutin. Robert Hue et Alain Bocquet, empêchés, s'étaient fait excuser. On notait la présence du général Pierre de Bénouville, compagnon de la Libération, et du général Jean Simon, chancelier de l'ordre de la Libération. De nombreuses autres personnalités assistaient à la cérémonie. Notamment André Tollet, président du Comité parisien de Libération, Gilbert Brustlein, Henri Krasucki, Jean Wlos, Guy Ducoloné, Madeleine Vincent, Roger Trugnan, Pierre Rebière, Samuel Radzinski, Francis Cohen, Pierre Kaldor, ainsi qu'Hermine Pulvermacher et Louis Caudan. Un groupe de jeunes communistes était présent au nombre desquels Christophe Hodé et Pierre Garzon (UEC). Robert Créange représentait la FNDIRP ; Guy Lamothe, l'ARAC, et Yves Schmitter l'ANCAC. Le Comité du souvenir et le Comité de Libération du XIe étaient fortement représentés.

(2) L'Assemblée nationale vient de publier un ouvrage d'Eric Alary, préfacé par Jean-Pierre Azéma et consacré à cette affaire. Son titre : " Un procès sous l'Occupation au palais Bourbon " (Prix : 50 francs).

 

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mail à LCP du lundi 27 janvier 2020

Très intéressant.
Utile d'aborder des aspects de l'occupation et de ce qui se passe dans les assemblées de la République dans cette période.
POURTANT!
Le documentaire a des pudeurs quant au comportement des "fonctionnaires" de ladite institution.
ET dans l'encadrement contextuelle il ne peut s'empêcher de reproduire les poncifs mensongers et négationnistes de l'histoire relativement à l'attitude des communistes face au fascisme et au nazisme dans la droite ligne du vote de septembre du parlement européen assimilant sous le concept bidon de totalitarisme nazisme et communisme.
Faisant débuter en quelque sorte la seconde guerre mondiale à l'invasion de la Pologne.
En OUBLIANT, excusez du peu la non-intervention en Espagne laissant les mains libres à Hitler et Mussolini, les tergiversations (c'est le moins qu'on puisse dire) des dirigeants français et anglais face à l'offre de l'URSS d'une alliance anti-nazie et BOUQUET les accords de MUNICH livrant la Tchécoslovaquie à Hitler!
Alors qu'un traité nous liait à elle!
Allons messieurs encore un peu de courage et de réelle objectivité historique sans concession aux forces obscures qui remontent à la surface en Europe avec la bienveillance et la complicité des anti-communistes d'hier ... et d'aujourd'hui!

G. Rodriguez

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Un livre consacré à Tony BLONCOURT 
 

 

nationale et l’exécution de ce groupe de jeunes résistants turbulents et d’origine étrangère, le journaliste Emmanuel Lemieux retrace cette histoire peu connue et dérangeante de notre histoire commune.

Emmanuel Lemieux : Né en 1963, journaliste, il est directeur de rédaction du site Les influences.

Il est également l’auteur de plusieurs livres dont Cognacq-Jay 1940, la télévision française sous l’occupation (Plume, 1990), Pouvoir intellectuel, les nouveaux réseaux (Denoël, 2002) ou encore de la première biographie consacrée à Edgar Morin, dernièrement Edgar Morin : L’indiscipliné, 2010.

Éditeur : François Bourin Editeur
Collection : HISTOIRE

Tony Bloncourt : une jeunesse résistante – Un hommage aux sept membres des Jeunesses communistes exécutés au terme d’un procès tenu au palais Bourbon en 1942.

« L’ouvrage du journaliste Emmanuel Lemieux se veut une biographie consacrée à un des jeunes martyrs de la Résistance, Tony Bloncourt. Il propose une étude historique à deux versants : l’étude de la victime et de ses compagnons de malheur, et celle des bourreaux et de leurs complices, le responsable de la première brigade des renseignements généraux, chargé en 1941 de la surveillance des militants communistes, et Jean Mamy, le cinéaste collaborationniste qui filme le procès.

Emmanuel Lemieux retrace l’itinéraire d’un jeune communiste presque ordinaire dans des années extraordinaires. Tony est né en 1921 à Port-au-Prince : fils d’un grand blessé de guerre, sa famille s’était installée en Haïti dans l’immédiat après guerre. Il vient terminer ses études en métropole en 1938 au lycée Rollin devenu depuis Jacques Decour. Lemieux décrit l’influence des enseignants sur les élèves dans ces temps de Front populaire finissant et dans les débuts de cette drôle de guerre. Tony milite aux Jeunesses communistes dans le XIe arrondissement parisien. »

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