PIOTR

Publié le par FSC

 

Par Arthur Dubois

Publié le 17 janvier 2017 à 16:03, mis à jour le 17 janvier 2017 à 20:48

Il a récemment demandé l'asile en France. Sa radicalité dérange, son audace embarrasse. Piotr Pavlenski est ce qu'on appelle un artiviste. Ses performances ont pour but de choquer, notamment la population russe qu'il déclare zombifiée dans son livre «Le cas Pavlenski». La première fois qu'il a fait parler de lui en 2012, on l'avait découvert avec bouche cousue. Silencieux, armée d'une pancarte plus large que lui, il soutenait les pussy riots en manifestant seul là où se tenait leur procès. S'il avait scellé ses lèvres avec de vrais fils, c'était pour manifester contre le manque de liberté d'expression dans son pays.

Mais Piotr Pavlenski ne s'est pas arrêté là. Ses performances sont souvent remarquées à cause de la violence qu'il peut s'infliger. En 2013, il s'était cloué les testicules sur la Place Rouge de Moscou. Appelée Fixation cette performance s'est déroulée lors de la journée annuelle de la police en Russie. Vice qui lui demandait cette année-là pourquoi il avait autant recours à l'automutilation, le jeune homme répondait qu'il montrait «ce que le gouvernement fait de son pouvoir. Leurs actions sont violentes et je me dois d'imiter leur code visuel pour les dénoncer». L'artiste va toujours plus loin, en 2014, il escalade nu le mur d'enceinte de l'Institut Serbsky pour dénoncer l'utilisation politique de la psychiatrie pour enfermer les opposants. À la manière de Van Gogh il se tranche, à l'aide d'un couteau, le lobe de son oreille dans une performance appelée Séparation.


Sain d'esprit selon les psychologues


De manière à contrer quelconques accusations, il se retrouve face à un psy différent après chaque action. Il a jusqu'ici été toujours déclaré sain d'esprit. Même après s'être confiné dans des barbelés pour Carcasse. Il y dénonçait deux lois, une contre la promotion de l'homosexualité et la seconde contre les offenses aux sentiments religieux. Il compare ces lois à des clôtures «qui enferment des gens dans des enclos» confie-t-il à Reuters.

Mais la performance qui lui a valu le plus de soucis est très sûrement La menace . Sept mois de détention privée, 8200 euros d'amende, qu'il s'est refusé à payer, et un procès qu'il a rapidement tourné en farce, pour avoir incendié la porte du FSB, le petit frère du KGB en novembre 2015. Une peine qui est pourtant minime en Russie. Ce n'est pas la première fois que l'artiste lance un feu. Déjà en 2014 il exprimait son soutien au soulèvement de Kiev en improvisant une barricade de pneus enflammée en plein Saint-Pétersbourg.

ET

 

 

Devenu célèbre pour avoir arrosé d'essence et incendié les portes du siège de l'ex-KGB et s'être cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge, l'artiste s'est réfugié en France pour, dit-il, échapper à «dix ans de camp».

Piotr Pavlenski et sa compagne, Oksana Chaliguina, à Paris, lundi 16 janvier 2016.
Piotr Pavlenski et sa compagne, Oksana Chaliguina, à Paris, lundi 16 janvier 2016. MARTIN BUREAU/AFP

L'artiste russe Piotr Pavlenski, qui défie régulièrement le Kremlin, s'est réfugié en France et va y demander l'asile politique pour échapper à «dix ans de camp», a-t-il annoncé ce lundi dans une interview à l'AFP. Arrivé samedi à Paris, avec sa compagne Oksana Chaliguina, et leurs deux enfants, il estime que s'ils étaient restés en Russie, ils auraient été condamnés et envoyés dans un camp en vertu de l'article 132 du code pénal pour violences à caractère sexuel.

Piotr Pavlenski, âgé de 32 ans, s'est rendu célèbre pour avoir arrosé d'essence et incendié les portes du siège de l'ex-KGB et s'être cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge. Il s'était aussi cousu les lèvres en soutien aux Pussy Riot, un groupe de jeunes femmes condamnées à deux ans de camp pour avoir «profané» la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou au cours d'une «prière punk» qui critiquait ouvertement le président Vladimir Poutine. «Je pratique l'art politique (...). Ce que je dénonce, c'est l'individu réduit à l'état de bétail par l'État, la propagande et les instruments du pouvoir», détaille-t-il.

 

«Fausse déclaration»

Piotr Pavklenski après avoir mis le feu à la porte du siège de l'ex-KGB.
Piotr Pavklenski après avoir mis le feu à la porte du siège de l'ex-KGB. NIGINA BEROEVA/AFP

En juin 2016, l'artiste avait été condamné à une simple amende, une décision d'une rare clémence dans le contexte politico-judiciaire russe - après toutefois sept mois de détention - pour avoir «endommagé» la Loubianka, siège historique des services de sécurité russes. En décembre, la justice russe l'a rattrapé, cette fois sur des accusations d'agression sexuelle portées par une actrice du théâtre moscovite teatr.doc, connu pour ses pièces aux thèmes très politiques, selon des médias russes.

Des accusations qu'il conteste farouchement. «Je ne sais pas quel est l'intérêt de la personne qui a fait cette fausse déclaration mais en l'occurrence elle est très utile au pouvoir qui peut de cette façon nous exclure de notre champ d'action», accuse à son tour l'artiste. Sa compagne, 37 ans, qui s'occupe d'une maison d'édition dédiée à «l'art politique», Polititcheskaïa Propaganda(Propragande Politique), est aussi visée par ces poursuites. Piotr Pavlenski et Oksana Chaliguina ont raconté avoir été interpellés à l'aéroport de Moscou au retour d'un voyage à Varsovie, le 14 décembre, et s'être vu alors notifier les accusations d'agression sexuelle.

 

«Acharnement psychiatrique»

«On nous a expliqué qu'on avait en gros deux possibilités (...) aller en prison dans un camp pour dix ans, avec tout le loisir d'expliquer aux autres prisonniers qu'on avait été victimes d'une sale intrigue, ou partir de Russie», a relaté l'artiste. Le lendemain, le couple et leurs deux enfants quittaient le pays via la Biélorussie - ex-république soviétique au régime autoritaire - et l'Ukraine pour la France, qui fut la terre d'exil de nombreux Russes au lendemain de la Révolution d'octobre. Ils ont franchi la frontière russe sans difficulté. «Si on nous a permis de sortir du Comité d'enquête ce soir-là (14 décembre), il semble assez logique qu'on nous ait laissé sortir aussi de Russie», constate froidement Piotr Pavlenski, en jeans, sweat-shirt et baskets noirs.

Pour lui, c'est un bannissement en bonne et due forme. Si on nous a exclus (...), c'est bien pour notre position», souligne-t-il en rappelant avoir déjà été victime d'un «acharnement psychiatrique», qui lui a valu de séjourner à l'institut Serbski, tristement célèbre pour avoir «pratiqué la “rééducation” à l'époque soviétique». Pourquoi avoir choisi la France, lui qui ne parle pas français (ni anglais)? «La France c'est l'Alma mater de la Révolution russe (..) Tout ce qu'il y a de bien en Russie est arrivé de la France», s'enflamme-t-il. Fraîchement exilé, le couple ne sait pas encore de quoi l'avenir sera fait. «Nous allons continuer dans le champ de l'art mais je ne peux pas encore vous dire comment», confie Piotr Pavlenski.

 

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MACRON

MACRON à Munich
le 15 février 2019


 Présent ce samedi à la 56e Conférence sur la sécurité de Munich, le chef d'état s'est dit inquiet de l'impact de la Russie sur les démocraties occidentales.
Faisant suite à la diffusion d'une vidéo concernant benjamin GRIVEAUX et cause de sa démission, bien qu'il s'en défende.

Je pense que la Russie continuera à essayer de déstabiliser; alors soit des acteurs privés, soit directement des services, soit des proxy.
Moi je ne crois pas au miracle, je crois à la politique, c'est-à-dire au fait que la volonté humaine peut changer les choses quand on se donne les moyens.
 

 
 
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