ALSACE, la CGT : on envoie les salariés alsaciens à la boucherie !

Publié le par FSC

SOURCE : FRANCE BLEU

 

Depuis ce mardi midi, vos déplacements sont limités en raison de la pandémie de coronavirus, mais vous vous posez beaucoup de questions notamment en ce qui concerne vos déplacements professionnels. La règle édictée par le gouvernement, c'est d'autoriser les déplacements pour aller travailler lorsque le travail à distance n’est plus possible. Mais évidemment ça n’est pas évident de télé-travailler partout. De nombreux salariés alsaciens continuent donc de travailler dans des conditions sanitaires qu’ils considèrent dangereuses.

 


C’est le cas par exemple au Crédit Mutuel. La plupart des salariés pourraient faire du télétravail, mais le réseau informatique ne supporterait pas que tout le monde travaille en même temps chez soi. « On nous demande donc de venir bosser dans des open space de 50 ou 100 personnes, déplore un salarié sous couvert d'anonymat, alors même qu’un cas de coronavirus a été confirmé dans les locaux du CIC au Wacken ».

On peut pas empêcher l'agenda politique, mais j'ai quand même la naiveté de croire que la gestion de crise passe avant. Ils auront largement le temps de se donner tout le crédit après de toute manière

D’autres salariés nous ont exprimé le même genre de craintes dans de grosses entreprises alsaciennes, à Würth à Erstein, à Kuhn à Saverne, à Schaeffler à Haguenau  (« on est 250 dans le même atelier »),  chez Legrand à Illkirch ( « on travaille à cinquante centimètres du voisin sans masque »), pour ne citer qu'eux. La GCT de Punch Powerglide a réclamé la fermeture de l'usine à Strasbourg. La direction a refusé pour l’instant, contrairement à ce qu'il s'est passé par exemple à PSA Mulhouse. Nous avons aussi recueilli le témoignage d'une salariée d'Amazon, qui ne comprenait pas pourquoi elle devait continuer à livrer des colis sans masque, et risquer d'être contaminée.

La CGT déplore "qu'on envoie les gens à la boucherie"

Dans ces circonstances exceptionnelles, la CGT du Bas-Rhin a écrit à la préfète du Grand-Est pour réclamer la fermeture de toutes les entreprises qui ne fabriquent pas des produits de première nécessité. _"Le président ne peut pas dire à la télé "nous déclarons la guerre au virus" et dans le même temps en Alsace, on envoie les gens à la boucherie_, s'exaspère Jacky Wagner, le patron de la CGT 67. On fait travailler les salariés dans les entreprises alors même que les conditions de sécurité ne sont pas respectées. Le gouvernement a assuré aux entreprises qu'elles seront accompagnées financièrement, il n'y a donc pas de raison à que des employeurs continuent à faire travailler des salariés dans ces conditions. Comment expliquer que la maman et l'enfant doivent rester à la maison et que le papa doit aller travailler et peut donc contracter le virus à son entreprise et le ramener à la maison, à l'endroit où normalement tout le monde est confiné. C'est quelque chose qui n'est pas audible pour les salariés. Si les employeurs peuvent effectivement perdre leurs capitaux, les salariés peuvent eux perdre leur vie".

Des salariés exercent leur droit de retrait

Des salariés de plusieurs entreprises alsaciennes ont refusé de poursuivre leurs activités professionnelle en exerçant leur droit de retrait : les facteurs du secteur de Mulhouse et de Thann, certains agents de la Compagnie des Transports Strasbourgeois. Selon le Code du travail, un salarié a "le droit de se retirer d'une situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé". Nous avons joint deux avocats qui confirment que ce droit de retrait devrait être justifié dans la plupart des cas dans cette situation exceptionnelle de pandémie de coronavirus.

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