Saint-Brieuc. La CGT appelle les cheminots à appliquer le droit de retrait s’ils n’ont pas de masque

Publié le par FSC

Une bataille se livre dans les entreprises.

Dans l'incohérence des messages délivrés : d'un côté "Restez chez vous" et de l'autre au nom de la continuité de l'économie "Allez sur les lieux de travail" s'exerce la pression patronale et celle d'un certain nombre d'autorités et d'administrations.

Tandis que LE MAIRE bien sûr se range du côté de al continuité de " l'économie".

C'est ainsi que dans le BTP (2 millions de salariés) aux dires même de Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment 

 "Il y a des signaux très contradictoires puisque, au-delà du chantier lui-même qui pose de vrais questions en termes de protection de nos salariés, on ne sait pas si on peut ou pas travailler",

et

"Quand vous construisez une école ou des bureaux administratifs, je ne suis pas certain qu'il y ait une urgence vitale à ce que dans les dix jours qui viennent ce chantier tourne", a-t-il estimé.

MAIS il révèle en même temps que malgré les demandes de clarification il n'y a pas eu de réponse des autorités et que par ailleurs des pressions s'exerce, un certain nombre de préfets en tête pour que si les travailleurs ne se rendent pas sur leurs chantiers ALORS ils ne pourraient plus être couverts par les mesures sur le temps partiel et seraient donc menacer d'être privés de moyens.

La bataille pour que les moyens de protection de la santé des travailleurs et la barrière à la diffusion du virus soient effectifs doit être pleinement assumée par les organisations syndicales.

Celles en tout cas qui ne se rangent pas docilement derrière l'union sacrée appelée par le pouvoir et le patronat!

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La CGT Cheminots Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) appelle les agents de la SNCF, en contact avec leur public, à faire valoir leur droit de retrait s’ils ne sont pas équipés de masque.


Le syndicat l’a annoncé dans un tweet, ce mardi 17 mars, dans la matinée. « Les contrôleurs, les agents d’escale et, de plus en plus souvent, les conducteurs sont en contact avec le public, explique Simon Brunet, le délégué syndical de la SNCF à Saint-Brieuc. Aujourd’hui, nous déplorons qu’une partie de ces agents n’aient pas de protection suffisante. »


Aujourd’hui, la CGT Cheminots Saint-Brieuc constate qu’une partie des agents au contact de la clientéle ne dispose toujours pas de protection suffisante pour affronter l’épidémie de Covid-19. 


Le trafic de la SNCF, que ce soient les TER ou les TGV, va tout de même être réduit de façon conséquente dans les prochains jours, a annoncé le gouvernement, pour éviter la propagation du virus.

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INTERVIEW de Jacques CHANUT :

 

 

Franceinfo : 

Vous avez lancé cet appel au gouvernement mardi soir pour suspendre les chantiers pendant dix jours. Avez-vous obtenu une réponse ?

Jacques CHANUT :

Non. Et pourtant, il y a urgence, parce qu’on vient de vivre 48 heures totalement chaotiques, où nos collègues du BTP ne savent pas, à juste titre, s’ils peuvent ou s’ils doivent travailler. Il y a des signaux très contradictoires puisque, au-delà du chantier lui-même qui pose de vrais questions en termes de protection de nos salariés, on ne sait pas si on peut ou pas travailler. 

Ce que nous n'acceptons pas, ce sont les menaces à peine voilées comme quoi si les chantiers ne redémarrent pas, le chômage technique ne serait pas pris en compte pour nos entreprises.
Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment
à franceinfo

Des menaces de qui ?

Jacques CHANUT :


Dans tous les départements, j'ai eu des remontées absolument incroyables hier, des Direccte [Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi] ou des préfets qui disent : "Vous devez travailler". Mais il y a deux problèmes. Nos gars ne veulent pas y aller parce qu'ils ont entendu le discours du président de la République : "Restez chez vous !". Et deuxièmement, on a des sujets très techniques et précis dans notre secteur pour éviter le fameux "un mètre" [de distance entre les personnes]. Comment fait-on pour porter des charges lourdes ? Comment fait-on quand on a cinq ou six personnes dans une camionnette pour aller sur un chantier ? Comment fait-on dans les cantonnements ? Et tout ça sans masque...

Selon vous, il est aujourd’hui impossible de travailler en toute sécurité sur les chantiers ?

Jacques CHANUT :

Je crois qu’il y a des secteurs où il y a une urgence importante parce que c'est de l'humain qui est en jeu. Nous, ça reste des chantiers. Quand vous construisez une école ou des bureaux administratifs, je ne suis pas certain qu'il y ait une urgence vitale à ce que dans les dix jours qui viennent ce chantier tourne. Si on a 15 jours ou un mois de retard, je ne crois pas qu’on soit dans une situation vitale. Par contre, lorsque vous avez un dépannage à faire parce qu'il y a une fuite d'eau ou une chaudière dans une maison de retraite qui tombe en panne, bien évidemment qu’il faut y aller. Mais là, ce sont des micro-interventions, vous n’avez souvent qu'une personne dans une voiture pour aller faire du dépannage.

Vous demandez dix jours pour vous organiser. Mais dix jours pour faire quoi, précisément ?

Jacques CHANUT :

Pour regarder quels types de procédures on peut mettre en œuvre avec nos salariés pour que ceux-ci puissent se sentir protégés. Mais je crois surtout qu'on a besoin de retrouver de la sérénité, parce que ces 48 dernières heures, avec des déclarations contradictoires entre les différents ministères, nous étions perdus, et nos collègues, à juste titre, ont décidé pour la plupart d'entre eux de fermer boutique. Et en plus, maintenant, ils commencent à avoir un doute sur le fait qu'ils seront indemnisés. Je crois vraiment qu'on a besoin de se poser, de discuter avec tous les acteurs de la filière, avec les administrations, pour savoir comment on peut faire pour protéger nos salariés avant qu'ils aillent travailler sur le chantier et qu'on soit bien tous d'accord sur la démarche. Ce n'est pas dans l'urgence et dans la panique générale qu'on arrivera à faire face. De nombreux maîtres d'ouvrage commencent à le comprendre et nous aident à nous protéger juridiquement. Je pense à la région Rhône-Alpes qui vient d’annoncer qu’elle ferme tous ses chantiers qu’elle considère comme non stratégiques, c'est-à-dire 99%.

 

 

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