CGT ARIEGE : colère à l'hôpital!

Publié le par FSC

SOURCE : La Dépêche

 

Publié le 28/04/2020 

L’union syndicale départementale de la santé et de l’action sociale de la CGT tire la sonnette d’alarme. Elle dénonce les décisions prises par les directions des centres hospitaliers ariégeois allant à l’encontre des conditions de travail des agents et de la qualité de l’offre de soins.

"Cynisme", "manque de transparence", "opacité totale"… L’union syndicale départementale (USD) Santé et action sociale de la CGT n’a pas de mots assez durs pour qualifier "les agissements" des directions des deux hôpitaux ariégeois en cette période de crise liée au Covid-19.


Au centre hospitalier Ariège Cousreans (Chac), à Saint-Girons, le secrétaire de la CGT Santé fustige ainsi "les consignes contradictoires et aléatoires" données au personnel en matière de moyens de protection. "Personne n’a de visibilité sur la gestion des stocks", assure Arnaud Sevin qui précise que les problèmes sont particulièrement criants pour les blouses allouées aux agents.


Par ailleurs, c’est la remise en cause l’accord local sur le temps de travail (cf. nos précédentes éditions) qui ne passe pas : "Avec cynisme, la direction profite de la situation et du fait que les agents hospitaliers sont au front pour reprendre un audit datant de 2017 et répondre à l’injonction qui avait été faite de réduction de dépenses", dénonce le syndicaliste.

Ces mesures, selon lui, exigeraient ainsi la disparition de 39,2 équivalents temps plein et 1,5 million d’euros d’économies. "Et ce, en pleine crise avec des agents à bout et des conditions de travail et une offre de soins dégradée", ajoute-t-il en avouant avoir "de grosses craintes" quant à des fermetures de services.

"Une atteinte à l’offre de soins"


"Les agents sont prêts à se mobiliser, mais pas en ayant recours à la grève et aux manifestations, et la direction en profite", regrette Arnaud Sevin en détaillant également une "situation très tendue" dans le service psychiatrie. "Un service qui a été déshabillé tous les ans pour équilibrer le budget de l’hôpital général. Sauf qu’aujourd’hui, cela ne suffit plus et on voit ce que cela donne : une véritable atteinte à l’offre de soins", renchérit Yvan Dupont, secrétaire de l’USD Santé et action sociale.

"La situation est quasiment identique au Chiva", assure Virginie Fachon. La secrétaire du syndicat CGT santé du centre hospitalier des vallées de l’Ariège en veut pour preuve que "les représentants du personnel, notamment les élus du CHSCT (comité hygiène, sécurité et conditions de travail, NDLR) sont écartées de toutes les décisions". La représentante syndicale évoque elle aussi des "ordres et des contre-ordres" donnés à des "agents paniqués" quant au port du masque, "autorisé dans certains services de soins et pas dans d’autres".

Sans parler, à en croire Virginie Fachon, "de l’absence d’informations" concernant le nombre de patients accueillis, de personnels testés ou suspectés d’être malades…

"En plus, alors que le ministre de la Santé a affirmé que la maladie professionnelle serait automatiquement reconnue pour tout personnel hospitalier atteint du Covid-19, le directeur du Chiva, Jean-Marc Viguier, a écrit un mail, le 6 avril, au CHSCT pour dire que "les quelques contaminations des agents étaient de trop mais que l’imputabilité à l’environnement professionnel n’était pas démontrée". Comment un chef d’établissement peut-il aller à l’encontre des annonces du ministre ?", s’insurge Virgnie Fachon en précisant que ce mail était une réponse à une interpellation de Jean-Marc Viguier par le syndicat sur le manque de protection pour les agents du service blanchisserie et du standard à l’accueil.

"À Saint-Louis, la direction n’a pas sécurisé le personnel"
Des problèmes se posent également à l’hôpital Saint-Louis, à Ax-les-Thermes, où "la direction n’a pas sécurisé son personnel puisque, lorsque le premier cas de Covid en Ariège a été déclaré, les collègues de la personne malade ont dû revenir travailler sans avoir été prévenus qu'ils avaient travaillé avec une personne atteinte du Covid-19", assure Yvan Dupont.

Pour le secrétaire de l’USD santé action sociale de la CGT, cet ensemble de situations est "le résultat de ce que nous dénonçons depuis des années, à savoir les économies faites sur le dos de la santé. Aujourd’hui, il faut arrêter tout cela et reconstruire un modèle qui va vraiment soigner et cesser de penser en termes d’économie", estime-t-il.

(1) Le directeur du Chiva, Jean-Marc Viguier, n’a pas souhaité réagir à notre sollicitation dans l’immédiat.
    
Denis Slagmulder

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