Hôpital public : l'héroïsation pour faire oublier les responsabilités et les revendications

Publié le par FSC

Ce jour sur France Inter dans l'émission "Grand bien vous fasse" animée parAli Rebeihi le médecin de Toulouse Baptiste Beaulieu n'a pas mâché ses mots.

Qu'on en juge :

Question de l'animateur de l'émission de France Inter "Grand bien vous fasse" Ali Rebeihi :

"Dans nos échanges par SMS vous nous disiez Baptiste que vous en avez un peu assez du discours sur l'héroïsme des personnels soignants ...."

Baptiste BEAULIEU :

" Oui Ali, je suis médecin mais je suis aussi romancier; en tant que romancier je porte une attention toute particulière aux mots; et nous avons beaucoup entendu ces derniers jours vous savez, nous avons beaucoup entendu des expressions comme 

"ils partent au front", 
" ils sont en première ligne "
" c'esr la guerre "
etc ... etc ...
Et moi, cette héroïsation du personnel soignant, je trouve que c'est un narratif qui est très commode pour dépolitiser nos revendications, parce que ça nous enferme dans une posture qui est intenable.
Un héros ça ne demande pas du personnels supplémentaire, ça demande pas de l'aide, ça demande pas ce truc un peu sâle qu'on appelle des sous.
Voilà !
Je voudrais juste citer un article de Daniel Rosenberg qui est paru en octobre 2019, donc c'est quasiment hier dans le parisien où il explique que l'hôpital a perdu 5,3% de ses lits depuis 2013.
Et à eux seuls les établissements publics en ont perdu pratiquement 13631 lits qui; et moi je ne voudrais pas qu'on oublie ça.
J'oublie pas qu'il y a encore quelques semaines le gouvernement d'Adouard Philippe réprimait très fermement les soignants qui manifestaient dans la rue pour une meilleure prise en charge de leurs patients.
Alors, évidemment c'est pas que la faute de ce gouvernement, les gouvernements raffarin, Jospin, Ayrault etc ... ils ont tous participé au démantèlement de l'hôpital public.
Mais l'héroisation c'est toujours un piège, car c'est une dépolitisation.

 

Quand la crise elle sera passé, nous les soignants on veut du personnel supplémentaire et de l'agent, on veut pas des monuments aux morts et pas des statues.
 

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Baptiste Beaulieu est un médecin généraliste à TOULOUSE, coordonne un centre COVID-19 qui rassemble une quinzaine de médecins et qui assure des tours de garde.

Baptiste Beaulieu est aussi un dévoreur de livres «mais je suis les commandements de Daniel Pennac, j'en commence beaucoup mais je ne les lis pas tous jusqu'au bout», précise-t-il.

 

Ce jeune médecin toulousain de 33 ans s'est fait connaître en 2012 avec la sortie d'un premier livre «Alors voilà» qui rassemblait des chroniques inspirées de sa vie d'interne aux Urgences, lesquelles avaient alimenté dans un premier temps son blog. Depuis, Basptiste Beaulieu a récidivé. Il a signé deux autres romans – «Alors vous ne serez plus jamais triste» et «La ballade de l'enfant gris». Il s'apprête à en sortir un quatrième le 17 octobre qui s'intitulera «Toutes les histoires d'amour du monde» (Ed. Mazarine). Et depuis la rentrée, le médecin anime, tous les lundis une chronique, dans l'émission d'Ali Rebeihi, «Grand bien vous fasse» diffusée sur France Inter. Mais toutes ces activités extra-médicales, ne signifient pas pour autant que Baptiste Beaulieu a raccroché le stéthoscope. Bien au contraire ! 

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