Aéroports de Pris : restructuration, reculs sociaux se conjuguent avec l'objectif maintenu de la privatisation !

Publié le par FSC

 

 

SOURCE : Le Monde

Le gestionnaire d’aéroports veut

supprimer plus de 10 % des effectifs,

selon les syndicats

 


Le climat se tend chez Groupe ADP. La CGT et la CGC, les deux syndicats majoritaires, refusent de participer, à partir du mercredi 26 août, à la réunion du comité social et économique (CSE) consacrée au plan de restructuration du gestionnaire d’aéroports. En cause, selon les deux organisations, la volonté de la direction de mener les négociations en un seul mois. « Ainsi, vous ne respectez pas les dispositions de l’accord collectif relatif au droit syndical et au dialogue social du 9 septembre 2019 qui encadre l’organisation des négociations », déplorent-elles dans un tract commun publié mardi 25 août.

La CGC et la CGT dénoncent aussi la démarche de la direction d’ADP qui veut obtenir des syndicats, en une négociation unique, le feu vert pour une rupture conventionnelle collective (RCC) ainsi qu’un accord de performance collective (APC) et la signature d’un accord pour prolonger le dispositif de chômage de longue durée.

Crainte d’une baisse des acquis

Durement secoué, à l’instar des compagnies aériennes, par la crise due au coronavirus, Groupe ADP a estimé son manque à gagner à 2,5 milliards d’euros. Pour faire face aux conséquences de la pandémie, le groupe, présidé par Augustin de Romanet, s’est résolu à emprunter 2,5 milliards d’euros. La direction a aussi lancé un plan de restructuration avec, notamment, selon les syndicats, 685 suppressions de postes, soit plus de 10 % des effectifs (Le Monde du 9 juillet). L’objectif est de réaliser de 10 % à 15 % d’économies, soit plus de 560 millions d’euros, déplore Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT chez ADP. En outre, s’inquiètent les syndicats, la direction souhaiterait en profiter pour revoir à la baisse nombre d’acquis sociaux des salariés. Groupe ADP souhaiterait « lisser sur l’année » les rémunérations des employés du groupe, indique M. Bertone. Une manière de revoir à la baisse les 13e et 14e mois, signale le syndicaliste. La direction envisagerait aussi de regrouper cadres et non-cadres du groupe au sein d’un collège unique, ce qui aurait pour effet de ralentir le processus d’avancement des salariés. Sollicitée, la direction d’ADP n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Les deux syndicats dénoncent « le manque d’information ». « Quels sont les scénarios de reprise étudiés par la direction ? Quelles sont les conséquences sur le chiffre d’affaires », se demande M. Bertone. Pour la CGT, la crise est le coupable idéal : « Elle permet d’accélérer des choses déjà prévues par la direction. » Par exemple, la mutualisation de certaines professions. Selon le syndicat, l’objectif de la direction est d’affecter des salariés, notamment de la maintenance, non plus à une aérogare en particulier, mais à un aéroport. La CGT redoute ainsi qu’après un plan de départs volontaires et le recours à la mobilité de salariés des activités soient basculées vers la sous-traitance.

« L’Etat laisse faire et pousse même pour ce type d’accord, car il a la privatisation en ligne de mire », redoute M. Bertone. Selon lui, ce plan de restructuration, qui fait la part belle aux nouvelles dispositions prévues par les « ordonnances Macron, prépare de fait l’entreprise à être privatisable à l’issue de la crise, encore mieux qu’elle ne l’était en 2019 ».

par  Guy Dutheil
 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article