Maurice THOREZ - JOURNAL 1952-1964 : parution chez Fayard des cahiers intimes du dirigeant communiste

Publié le par FSC

Résumé

 

Maurice Thorez fut le principal dirigeant du Parti communiste français alors que celui-ci occupait une place centrale dans l'échiquier politique. Tombé malade en 1950, il est soigné en URSS et revient en France en 1953. Au cours de cette période, afin de rééduquer son bras droit un temps paralysé, il tient un journal quotidien qu'il poursuit jusqu'à sa mort. Le secrétaire général y évoque autant les rapports de forces internationaux que ses relations personnelles et familiales, le quotidien du petit peuple comme les soubresauts de la vie politique, notamment les débuts de la Ve République et la guerre d'Algérie.


Il rend compte de ses nombreuses lectures, apprend le latin, entretient sa maîtrise du russe. Dans ce document de premier ordre pour comprendre la France des années 1950-1960, on croise aussi bien Aragon, Eluard, Mauriac que Khrouchtchev, le général de Gaulle ou Pierre Mendès France. Entre fidélité au grand frère soviétique et passion pour la culture et la langue française, ce journal, édité pour la première fois, éclaire une page essentielle de l'histoire politique tout en offrant un regard singulier sur les évolutions de la société française.


Journal édité sous la direction de Jean-Numa Ducange et Jean Vigreux En partenariat avec le journal l'Humanité

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L'Humanité

 

Pierre Chaillan

Le journal du dirigeant communiste tenu au quotidien les douze dernières années de sa vie paraît chez Fayard. Les historiens Jean Vigreux et Jean-Numa Ducange, qui en ont codirigé la présentation, expliquent comment ils ont travaillé sur ces écrits. Une matière exceptionnelle "pour comprendre non seulement l’itinéraire d’un dirigeant communiste, son rapport à la culture et au marxisme, mais aussi à sa famille, ses amis, ses cercles d’intimes, son quotidien, ses loisirs, ses voyages… et en filigrane l’histoire du PCF et de la société française entre 1952 et 1964."

Entretien

Le journal, au départ conçu comme exercice après son attaque d’hémiplégie, est devenu chez Maurice Thorez une pratique quotidienne qui va durer du 25 novembre 1952 au 10 juillet 1964. Au total, le secrétaire général du PCF a écrit sur plus de cinq cahiers. Une telle source livre beaucoup sur l’homme, sa famille, son intimité, son rapport à la culture, ses amis et ses rencontres. C’est cette matière exceptionnelle pour des historiens que son fils Pierre Thorez a bien voulu mettre à disposition d’un collectif de chercheurs dirigé par Jean Vigreux et Jean-Numa Ducange afin de la présenter au public d’aujourd’hui.

Le « journal de Maurice Thorez » est édité pour la première fois. Comment avez-vous eu accès à ces archives ?

Jean-Numa Ducange et Jean Vigreux.

Ces archives sont déposées comme l’ensemble du fonds Thorez-Vermeersch aux Archives nationales. Grâce à Pierre Thorez, nous avons eu accès à l’ensemble des éléments disponibles. Un premier projet d’édition de ce journal avait été envisagé il y a quelques années. Entre-temps, plusieurs travaux ont été réalisés à partir de ce riche fonds ; nous pensons entre autres aux thèses de Mathilde Regnaud-Nassar. Annette Wieviorka a également utilisé ce journal pour son ouvrage Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez (Fayard, 2010). Surtout, nous avons lu et relu ce journal qui est apparu comme une source essentielle pour comprendre non seulement l’itinéraire d’un dirigeant communiste, son rapport à la culture et au marxisme, mais aussi à sa famille, ses amis, ses cercles d’intimes, son quotidien, ses loisirs, ses voyages… et en filigrane l’histoire du PCF et de la société française entre 1952 et 1964 (même s’il y a de nombreux retours sur des périodes antérieures comme le Front populaire), les audaces comme les impasses ...

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