A BAS LES BREVETS SUR LES VACCINS !

Publié le par FSC

Pénurie de vaccins!

Pénurie de production de vaccins!

Logistique de soutien et d'organisation très en dessous des besoins !

Les principes de fonctionnement de la société capitaliste : initiative privée, propriété intellectuelle, concurrence,
 
affichent leur incapacité à assurer un fonctionnement au service de l'intérêt général.

 

En temps de pandémie ... comme en temps " normal" !

Il est plus que temps en défendant nos intérêts immédiats d'engager une sortie de ces critères au seul service de l'oligarchie!

 

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REPRIS du blog  

 

 

 

 

Il y a un an jour pour jour, l’Organisation mondiale de la santé déclarait l’état de pandémie. ONG, syndicats et organisations politiques invitent à suspendre les brevets pour permettre une production massive de vaccins.


Seulement 5,96 % de la population avaient reçu une dose de vaccin, en France, à la date du 8 mars. Ailleurs en Europe, la part des habitants protégée est à peu près la même. Et pour cause : il manque cruellement de sérum.

L’Union européenne a trop fait confiance aux groupes pharmaceutiques. Les fabricants ont tenu un sommet, lundi et mardi, pour envisager une solution visant à combler leurs retards. À lire un document préparé par Airfinity, on découvre l’ampleur des manques de production. Les laboratoires avaient prévu de fournir 837 millions de doses dès 2020 ; seulement 31 millions ont été fabriqués, soit 96 % de moins que prévu.

Au mois de mars, Pfizer BioNTech n’avait produit que 119 millions de doses, mais prétendait pouvoir en produire 1,3 milliard dans l’année. Moderna, start-up qui a conçu un vaccin révolutionnaire à ARN messager, ne dispose pas d’usine. Cela ne l’a pas empêchée de prévoir un demi-milliard de doses cette année ; 61 millions seulement ont été fournis en mars.

Ces effets d’annonce mettent en scène une autosuffisance en matière de production pour mieux protéger les brevets. Sauf que les retards de livraison, comme ceux que vient d’annoncer Astra Zeneca, ne trompent pas.


Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait l’état de pandémie, face au Covid-19. Cette année, le premier anniversaire de cette décision sera marqué par une mobilisation pour faire du vaccin un bien commun. D’autant plus que, hasard du calendrier, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) tient, les 10 et 11 mars, une réunion sur les exemptions possibles aux règles de propriété intellectuelle.

Depuis des mois, l’Afrique du Sud et l’Inde ont proposé que l’OMC adopte un « waiver » (renoncement) pour lever temporairement la protection intellectuelle sur les vaccins, afin de démultiplier leur production. Dans un tel cas, les détenteurs de brevets – à l’origine de la recherche qui a permis d’aboutir à un vaccin – ne reçoivent pas de royalties sur chaque dose vendue, mais sont indemnisés. Une proposition qui a le soutien d’une majorité de membres de l’OMC,

mais qui, dans cette institution faite pour les puissants où vaut la règle de l’unanimité, ne passe pas du fait de l’obstruction des pays occidentaux.

 Un appel contre la pénurie


Ce jeudi, plusieurs ONG, dont Oxfam, devraient présenter un appel « Libérons la production de vaccins » où on peut lire :

« Les intérêts privés, les considérations marchandes et les tractations opaques instaurent une intolérable pénurie mondiale de vaccins. »

Un texte qui rejoint celui publié mercredi par un collectif de 40 organisations, Stop Ceta, qui apporte son soutien à l’initiative sud-africaine.

« On ne peut pas permettre à quelques entreprises pharmaceutiques de détenir un monopole sur la production. (…) Quant à leur revendication de “propriété” sur ces produits, elle est infondée au vu du financement public massif mobilisé qu’elles ont obtenu pour la recherche, le développement et la production de pratiquement tout ce qui est lié à la lutte contre le virus »,

 

écrivent-elles dans leur appel.

Partisan en France d’une initiative citoyenne européenne (ICE) animée par 200 organisations et visant à recueillir un million de signatures pour rendre les vaccins accessibles, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est rendu au bureau de l’OMS à Lyon, mardi. Il était accompagné de Cécile Cukierman, sénatrice du Rhône.

« Les gouvernements hésitent à exiger une levée de brevets pour répondre à l’exigence sanitaire. Au moment de prendre une décision politique, chassez le naturel, il revient au galop ! Les prérogatives des laboratoires sont maintenues »,

déplore la parlementaire communiste. Outre les brevets, il y a, selon Cécile Cukierman, besoin de reconstruire une industrie. « Nous avons fait une proposition de loi en vue de former un pôle public du médicament », souligne-t-elle. En Italie, 67 organisations porteuses de l’ICE, dont la CGT, ont adressé une lettre au président du Conseil, Mario Draghi. Elles s’inquiètent de la faible production et demandent au premier ministre « de soutenir, au niveau européen, la proposition (sud-africaine – NDLR) qui est sur la table à l’OMC ».

L’UE freine des quatre fers

[parce qu'il n'y a pas d'Europe sociale et que l'UE est l'instrument du capitalisme dans l'espace européen]


Ces organisations visent juste. L’Union européenne freine des quatre fers, comme les États-Unis (voir ci-contre). Corporate Europe Observatory vient de publier un rapport montrant que l’UE protège depuis des années les monopoles pharmaceutiques, en empêchant le développement de médicaments génériques. Elle autorise le secret sur certaines données attenantes aux brevets, comme les résultats des tests. En conséquence, les brevets sont inutilisables, sauf si le concurrent est en mesure de réaliser de nouveaux et coûteux tests.
Sur la question des vaccins, face à la proposition sud-africaine, c’est une troisième voie qui est promue par Bruxelles. L’UE « s’en tient à la préservation du pouvoir des firmes de décider de l’exploitation des technologies qu’elles détiennent », décrypte, pour l’Humanité, Maurice Cassier, chercheur sur la propriété intellectuelle au CNRS.

Elle se contente d’appeler à une coordination entre producteurs, et participe à l’initiative de solidarité Covax, censée livrer des doses aux pays du Sud. Mais « si on laisse faire les laboratoires, on n’utilise pas toutes les capacités de production », relève le chercheur.

Même la nouvelle directrice de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, sous pression des pays du Sud, est contrainte de le reconnaître. Lors du sommet des fabricants, le 9 mars, elle s’est fait, elle aussi, la défenseure d’une troisième voie. Elle invite à transformer d’éventuelles installations industrielles dans les pays du Sud pour produire des vaccins. Elle donne ainsi des gages aux pays en développement. Elle leur assure souhaiter la poursuite des discussions sur la suspension de la protection intellectuelle, mais privilégie, dans l’immédiat, l’octroi par les détenteurs de brevets de « licences volontaires » à des producteurs du Sud, pour fabriquer des doses.

Cette solution laisse la possibilité aux laboratoires du Nord de dicter leurs conditions. Et empêche les États de rationaliser et planifier la production.

 

 

 

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