Antoine Marquez de la CGT Carrefour interviewé par IC

Publié le par FSC

SOURCE : Le site du PRCF

 

 

 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter. Quel poste occupez-vous au sein de Carrefour et de la CGT ?

Antoine Marquez 

Bonjour, je suis assistant d’accueil magasin et je travaille au magasin Carrefour Vénissieux. Je suis élu depuis 25 ans à la CGT et j’ai un mandat national car je suis délégué syndical de  l’entreprise Carrefour

Pouvez vous nous expliquez ce qu’il se passe actuellement à Carrefour ?

Antoine Marquez 

Qu’est-ce qu’il se passe ? Hé bien la direction nous nargue nous expliquant que l’entreprise fait beaucoup de chiffre sur l’ensemble des Hyper, des Markets et toutes les autres enseignes de l’entreprise, mais la direction ne nous a proposé que du 0.9 brut, soit du 42 centimes d’augmentation par jour. On en a ras le bal parce que la direction de Carrefour a elle-même reconnu pendant le premier confinement que nous étions essentiels au pays avec ce notre travail, mais nous n’avons eu aucune reconnaissance par la suite. C’est inadmissible quand on voit le chiffre d’affaire de Carrefour.

En plus de ça, Carrefour veut lancer le projet « Top », c’est-à-dire que les salariés ne seront plus affiliés à un rayon mais plusieurs ! Ce qui va grandement impacté la qualité du conseil-vente, les salariés ne seront plus que des bras et des jambes. Il faut rajouter à cela les magasins qui vont passer en gérance, 10 seront annoncés le 15 avril.

Pourquoi les salariés en lutte de Carrefour rejettent ils le plan de la direction ?

Antoine Marquez 

C’est logique tout simplement. Carrefour a engendré énormément d’argent, et il est logique que les travailleurs ne soient pas mis de côté. Il faut qu’il y est une reconnaissance, qui se traduise dans les salaires des employés. A la CGT, on se bat pour un salaire brut de 1800 euros, ce qu’un salarié de Carrefour n’a pas ! On veut venir convenablement tout simplement. Les sont pour les actionnaires il n’y a rien pour les salariés ! On nous dit que si nous ne pas content, la porte est grande ouverte.

Quelle alternative existe-t-il pour développer l’emploi et améliorer les conditions de travail ?

Antoine Marquez 

L’embauche. C’est simple comme bonjour, on a besoin de bras dans les Hyper. Il manque cruellement de personnel, et encore plus avec la crise du COVID. Cette maladie ne s’est pas arrêté devant le magasin.

J’entends depuis des années que Carrefour fait tout pour ne plus embaucher de personnel, en parti grâce à l’automatisation des caisses, des progrès technologiques. Comment le ressentez-vous sur le terrain ?

Antoine Marquez 

C’est plus pervers que cela : les gens qui partent en retraite ne sont pas remplacés. Fin 2020, les embauches ont été bloqué dans énormément de magasins. Pourtant, c’est une aberration car Carrefour reçoit les aides de l’Etat !

Dans la perspective d’une nationalisation de la grande production, comment faire d’elle un moyen de reconnaître les salariés et de favoriser la production française ainsi que l’agriculture paysanne ?

Antoine Marquez 

Quand j’observe déjà le travail dans les hôpitaux, qui se démène pour travailler convenablement, c’et très dur le secteur public. Je n’ai pas vraiment d’idée dans ce domaine là.

Quelles actions allez vous menez dans les temps à venir ?

Antoine Marquez 

Pour le moment, nous sommes en train d’organiser les futures actions. Demain (le 15 avril), il y a une réunion avec tous les délégués Carrefour France, pour agir contre les magasins qui vont passer en franchise ; sont concernés les Hyper, les Carrefour Markets et les entrepôts. On est donc tous impacté. On aura les noms des 10 magasins qui vont passer en locations/gérance et on pourra agir. C’est important car cette politique de franchise fait que Carrefour au bout d’un an ne sera plus propriétaire des magasins et donc plus sous l’enseigne Carrefour : ils seront donc écartés du syndicat et les travailleurs seront isolées . 

Du point de vue de la sécurité sanitaire, estimez-vous que les directions donnent une vraie priorité à la santé et des clients ?

Antoine Marquez 

Non pas du tout, notamment durant la première vague. Il n’y avait pas de jauge à l’entrée des magasins, impossible de faire respecter les gestes barrières, les distances de sécurité. Malgré les délimitations au sol, les gestes barrières, le gel hydroalcoolique à l’entrée du magasin, ce n’est tout simplement pas envisageable de contrôler les faits et gestes des clients.

La sécurité n’est pas respectée tout simplement, malgré les caches misères mis en place dans les supermarchés. Le nombre de personnes est beaucoup trop élevé. C’est impossible d’être constamment derrière les clients. C’est aberrant. Pendant la première vague et même aujourd’hui, nous ne sommes pas bien protéger du Covid.

Et aujourd’hui ? Vous vous sentez mieux protégé ?

Antoine Marquez 

Non pas du tout. On a des clients qui entrent dans les magasins sans masques pour acheter des masques ! Non, définitivement, nous ne sommes pas protégés.

Entretien réalisé par Dark Vlador le 14/04/2021

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