JUSQU'OÙ IRA LA RÉPRESSION PATRONALE ? Trois ouvriers de Renault Trucks LICENCIÉS pour avoir secoué un distributeur à boisson !

Publié le par FSC

REPRIS du site Commun Commune, SOURCE  Révolution Permanente

 
image d'illustration

Ces trois ouvriers, désormais ex-salariés de Renault Trucks, ont été licenciés mi-mai parce qu’ils ont secoués un distributeur à boisson pour débloquer les pièces coincées à l’intérieur. Un nouvel exemple scandaleux de répression patronale.

Par Ana Grace

Un article récent du journal Le Progrès revient sur le licenciement abusif de trois ouvriers de Renault Trucks, qui leur a été annoncé en mai dernier. La direction a en effet jugé leur comportement comme préjudiciable, déclarant qu’il nuirait à « la bonne marche de l’entreprise et constituerai un manquement à leurs obligations ».

La direction justifie ces licenciements avec des images de caméras de surveillance, sur lesquelles on voit l’un des salariés en train de donner des coups de pieds dans un distributeur à boissons, après que celui-ci ait bloqué les pièces. Il revient avec un deuxième collègue avec qui il secoue la machine, faisant tomber deux canettes de celle-ci. Ce qu’explique Michel Piot, délégué syndical CGT dans l’entreprise, au journal Le Progrès, c’est que si cet acte s’est reproduit deux fois, avec un des salariés présents aux deux moments, c’est simplement parce que « ce distributeur fonctionne mal ». C’est donc suite à la plainte de l’entreprise pour qui gère les distributeurs pour « vol de canette » que ces trois salariés ont reçu leur lettre de licenciement.

Cet acharnement de la direction à leur encontre, ce d’autant plus qu’ils se sont excusés par la suite, témoigne selon Michel Piot d’un « serrage de vis pour instaurer un climat de peur » et montre à quel point le patronat est toujours à l’affût pour réprimer les travailleurs. A ce propos, Michel Piot met l’accent sur le règlement « répressif et infantilisant  » instauré au sein de l’entreprise, sur lequel la direction s’appuie pour faire régner la terreur : « Des sanctions ont été prises à l’encontre d’un ouvrier portant une casquette Yamaha et non Renault Trucks. Plus grave, un ouvrier de l’usine moteur a failli être licencié. Son chef l’accusait de l’avoir insulté, sans témoin. Si une centaine de gars n’avaient pas débrayé, il y passait… ».

Ces licenciements viennent s’ajouter à une longue liste de licenciements abusifs, qui témoigne du mépris ordinaire que le patronat nous accorde, ainsi que du durcissement de la répression qu’il nous fait subir. De nombreux exemples, comme celui d’une caissière licenciée pour avoir acheté une patate douce et du pain pendant son temps de pause, tandis qu’une autre caissière a perdu son emploi pour avoir fait une fausse couche. Plus récemment encore, Rozenn, syndiquée CGT a été licenciée par Chronodrive sous prétexte d’un tweet, alors qu’elle avait menée au sein de son magasin une lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

C’est donc bien un climat de répression patronale généralisé qu’on observe dans le monde du travail, qui paraît d’autant plus insultant au regard de la crise sanitaire, car après avoir continué de travailler au dépend des risques pour notre santé, les patrons nous licencient en guise de remerciements. Si les trois salariés concernés vont contester leur licenciement aux Prud’hommes, il y a également une bataille à mener au sein de l’entreprise pour exiger leur réintégration et se battre contre la répression que le patronat veut imposer.

 

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