Chez Amazon, des accidents du travail 2 fois supérieurs à la moyenne du secteur

Publié le par FSC

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Chez Amazon, des accidents du travail 2 fois supérieurs à la moyenne du secteur

Un nouveau rapport révèle que les employés d’Amazon subissent deux fois plus d’accidents de travail que la moyenne du secteur.

Source : Scheerpost, Andrea Germanos / Common Dreams
Traduit les lecteurs Les-Crises

« Le bilan abyssal d’Amazon en matière de santé et de sécurité n’est pas un accident », indique le rapport.

 

Un colis Amazon Prime. (Flickr / https://quotecatalog.com/)

Un nouveau rapport publié mardi accuse Amazon d’avoir un « bilan abyssal en matière de santé et de sécurité » en raison de son obsession pour les cadences de production, soulignant que les taux d’accidents du travail sont bien plus élevés que la moyenne du secteur de l’entreposage et de la distribution.

L’analyse, intitulée Primed for Pain : Amazon’s Epidemic of Workplace Injuries, a été publiée par le Strategic Organizing Center (SOC), un regroupement de quatre syndicats, et intervient dans un contexte d’examen approfondi des mauvais traitements infligés aux travailleurs par l’entreprise, parallèlement à une envolée des profits.

Le rapport est basé sur les données qu’Amazon a fournies à l’administration fédérale de la sécurité et de la santé au travail (OSHA) et couvre une période de quatre ans, de 2017 à 2020.

« Chaque jour, c’est juste go, go, go ! » a déclaré Safiyo Muhamed, qui a travaillé pendant deux ans et demi dans un centre de traitement des commandes d’Amazon à Shakopee, dans le Minnesota, et qui a été victime d’une hernie discale en manutentionnant une charge lourde.

« Amazon veut que vous travailliez comme un robot, comme une machine », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Chaque semaine, ils vous classent, ils vous surveillent par le biais de l’ordinateur. On vous demande une telle rapidité. Les humains ne sont pas capables de faire ça. »

Le constat de Mohamed n’est pas surprenant étant donné que le rapport affirme que « l’obsession d’Amazon pour la vitesse dans tous les domaines de son activité a été un élément clé de sa stratégie de croissance. »

« Mais l’obsession de l’entreprise pour la productivité a eu un coût énorme pour la main-d’œuvre d’Amazon », indique le rapport.

 

Les effectifs d’Amazon sont passés de 208 764 travailleurs en 2017 à 581 624 en 2020. Il y a eu des blessures dans 191 établissements en 2017, et dans 658 en 2020.

Selon l’analyse, les données révèlent des « taux d’accidents du travail nettement plus élevés » pour les travailleurs d’Amazon que pour ceux d’autres entreprises du même secteur.

En 2017, Amazon a enregistré 11 883 cas de blessures – dont environ 87 % concernaient des lésions qui ont rendu les travailleurs incapables d’exercer leurs fonctions professionnelles habituelles (service restreint) ou les ont obligés à s’absenter du travail (temps perdu).

En 2020, il y a eu 27 178 blessures comptabilisées, dont 90 % ont contraint les travailleurs à un service restreint ou à un arrêt de travail. Ce taux est d’autant plus significatif, selon le rapport, que la pandémie de coronavirus a contraint Amazon à procéder à des « changements opérationnels massifs » en 2020 qui ont probablement réduit les cadences.

Bien que le secteur des entrepôts soit notoirement dangereux, le rapport indique que le taux d’accidents d’Amazon est encore bien supérieur à celui des autres employeurs dans ce domaine.

« Au cours des quatre années pour lesquelles des données sont disponibles, le pourcentage d’accidents dans les entrepôts Amazon est nettement plus élevé que celui des employeurs non-Amazon dans le secteur général des entrepôts », peut-on lire dans le rapport.

En 2020 par exemple, il y a eu 6,5 accidents pour 100 salariés des plate-formes logistiques Amazon, contre 4 accidents pour 100 salariés dans toutes les autres.

Qui plus est, les blessures subies par les travailleurs d’Amazon sont plus graves. En 2020, le rapport indique qu’il y a eu 5,9 traumatismes graves pour 100 travailleurs d’Amazon, soit un taux supérieur d’environ 80 % à celui des autres employeurs du secteur de l’entreposage.

L’analyse a également comparé Amazon à son concurrent Walmart, spécialisé dans le commerce électronique de détail. « En 2020, le taux global de blessures dans les entrepôts d’Amazon (6,5/100 ETP – Equivalents Temps Plein) était plus de deux fois supérieur à celui de Walmart (3/100 ETP), tandis que le taux de blessés graves d’Amazon (2,6) était plus de deux fois et demie supérieur à celui de Walmart. »

SOC a recueilli d’autres données à partir d’une enquête menée en février 2021 auprès de 996 travailleurs d’Amazon dans 42 États. Quarante-deux pour cent des personnes interrogées ont déclaré qu’un accident du travail les avait fait manquer le travail, et environ 80 % d’entre elles ont attribué leur blessure à la pression ou à la cadence de production.

Autre conclusion de cette enquête : 52 % des salariés sondés ont déclaré que depuis que la pandémie a éclaté, Amazon a licencié, sanctionné ou menacé les travailleurs qui ne maintenaient pas le rythme de travail.

« Les récits des travailleurs sur la pression de production extrême en 2021 donnent à penser que la réduction des taux de blessures d’Amazon pendant la période Covid pourrait ne pas être poursuivie si l’entreprise revient à ses pratiques antérieures », avertit le rapport.

Ce ne serait pas imprévisible, selon l’analyse.

« Le bilan abyssal d’Amazon en matière de santé et de sécurité n’est pas un accident », indique le rapport. « Il s’agit plutôt du bilan prévisible d’une entreprise qui privilégie la productivité, la croissance et les profits à la santé et à la sécurité de ses employés. »

« Malheureusement », poursuit la publication, « ce taux alarmant de blessures graves sur le lieu de travail est susceptible de se poursuivre, à moins qu’Amazon ne soit contraint par les travailleurs et par d’autres intervenants à prendre des mesures concrètes et pérennes pour rendre ses lieux de travail plus sûrs. »

Eric Frumin, directeur de la santé et de la sécurité de SOC, n’a pas mâché ses mots dans son évaluation du devoir d’Amazon envers ses employés.

« En ignorant de fait les conséquences évidentes de leurs propres décisions, » a déclaré Frumin, « les dirigeants d’Amazon ont manqué à leur responsabilité légale, éthique et morale de protéger leurs propres employés contre les risques graves et contre le danger très réel d’accidents mettant en danger leur carrière. »

Source : Scheerpost, Andrea Germanos / Common Dreams, 01-06-2021

Traduit les lecteurs Les-Crises

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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