Un hommage témoignage à Aimé HALBEHER

Publié le par FSC

De la part de Jean-Pierre PAGE

 

Aimé Halbeher nous a quitté. Je veux faire part à ses amis, camarades et à sa famille de ma profonde tristesse, mais aussi de ma résolution à poursuivre le combat qui fût le sien et le nôtre.

 

La disparition d’Aimé suit de moins d’un mois celui qui fût un de ses plus proches compagnons de lutte, notre regretté Roger Silvain. Tous les deux étaient inséparables et tous les deux ont contribué, ensemble, à écrire certaines de ses pages de l’histoire prestigieuse du mouvement ouvrier français. 

 

Ce fût, particulièrement le cas avec la grande grève de mai-juin 68 dont ils furent les figures et parmi les dirigeants les plus remarquables. Il faut d’autant plus le rappeler, que pour se prémunir de la répétition de tels événements, la bourgeoisie a pour habitude de réécrire l’histoire. Ses médias préfèrent la mise en scène de protagonistes qui eux ont renoncé à toute dignité. Ces girouettes ont depuis longtemps sombré dans la duplicité, la religion du marché et le faire valoir de l’Europe Maastritchienne.

 

Comme je l’ai fait pour Roger, je veux saluer la mémoire d’ Aimé Halbeher, mon ami et mon camarade. Nous avons ensemble partagé des convictions, des principes, des valeurs, des engagements. Aimé conjuguait la modestie, la tolérance comme la force tranquille des certitudes auxquelles il avait adhéré. Il était respecté pour tout ça.

 

La vie d’Aimé est inséparable de la CGT de Renault Billancourt, cette forteresse ouvrière qu’il avait contribué à fortifier. Ajusteur outilleur, il en fut l’infatigable animateur syndical et politique pendant de nombreuses années. Cela lui valu le respect de ces camarades de travail. 

 

Pour lui, la classe ouvrière devait conquérir la place qui doit être la sienne, non pour participer à la gestion du Capital, mais pour assumer le pouvoir qui lui revient dans l’entreprise comme au plus haut niveau de l’état. Cette vision exigeait et exige toujours pour être efficace d’avancer avec ses deux jambes : celle de son syndicat de classe et celle de son Parti communiste. 

 

Aimé n’a jamais varié quant à cet impératif, qui demeure plus vrai que jamais. Les reculs qui ont été concédés par la direction du PCF puis les abandons dans le contenu de cette conception révolutionnaire du militantisme à l’entreprise ont contribué à désarmer les travailleurs, ont montré et montrent combien le prix à payer est lourd. À ce sujet comme pour d’autres Aimé avait raison de ne pas céder à  l'opportunisme.

 

J’ai aussi connu Aimé en homme de débats, de réflexions, d’élaborations et de décisions. Un militant d'une grande culture qu'il s'était construit par l'effort personnel et qui assumait ses responsabilités, ses accords comme ses désaccords. Il le faisait sans concessions, avec franchise et clarté, non à partir d’une rhétorique stérile, mais d’arguments qu’il fondait sur la théorie et qu’il vérifiait dans la pratique du combat de classe quotidien. Il avait horreur de la flagornerie et exécrait les apparences comme le jeu des courtisans. C’est ainsi que je l'ai apprécié et qu’il demeurera pour moi un militant ouvrier exemplaire dans la CGT comme dans sa vie de communiste.

 

J’ai partagé avec lui, Henri Martin et aussi avec Guy Poussy dont il était l’ami complice des responsabilités au sein du Comité Central du PCF en particulier dans son secteur entreprises. Comme dirigeant du PCF, Aimé s’exprimait fréquemment pour soutenir des orientations prenant en compte l’exigence de justice sociale. 

 

Il refusait les compromissions politiciennes. C’est ainsi qu’il s’était opposé résolument aux concessions, puis aux capitulations et enfin aux renoncements de la direction de son parti. Cohérent avec lui-même, il en tira les conséquences, comme je le fis moi-même avec d’autres. C'est dans ces circonstances qu’avec plusieurs camarades dont Maurice Lasalle nous avions créer Rouges Vifs, qui longtemps permis de maintenir dans nos rangs un point de vue communiste.

 

Cet objectif demeure et est pris en charge par une nouvelle génération de militants. Cette permanence des idées communistes dans la bataille politique de nos jours, on le doit aussi à Aimé Halbeher. Elle devrait permettre comme il le souhaitait d’encourager les convergences dans les luttes de classe à travers l’unité et le rassemblement des communistes, c’est-à-dire ceux qui veulent ouvrir une perspective de rupture avec le Capital par le socialisme et l’internationalisme, dans le respect de notre indépendance et de notre souveraineté..

 

Ce serait là, être fidèle aux combats comme aux valeurs qui furent ceux du révolutionnaire Aimé Halbeher.

 

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