Châteaubriant, quatre-vingts ans après

Publié le par FSC

 

SOURCE : L'Humanité

Châteaubriant (Loire-Atlantique)

par  Clotilde Mathieu ,

Plus de 5 000 personnes sont venues honorer la mémoire des 27 otages fusillés par les nazis.

 

Les drapeaux se sont à nouveau levés dimanche, devant des milliers de participants, camarades, venus de la France entière saluer la mémoire des résistants dans la carrière de la Sablière. Une belle journée pour « commémorer le massacre » des 27 de Châteaubriant, exécutés par les nazis, quatre-vingts ans plus tôt.« Un ouvrage à remettre cent fois sur le métier afin que l’amnésie collective, les manipulations de notre passé, de ses heures sombres comme de ses pages de gloire, n’écornent pas un horizon d’avenir »,rappelle le secrétaire national du PCF. Pour Fabien Roussel, la présence dans ce lieu de silence consiste à« célébrer la force de ceux qui étaient animés d’un idéal commun de progrès, de valeurs humanistes partagées, qui ont fait le choix de s’engager très tôt dans la Résistance à l’appel de leur parti, de leur syndicat, le PCF et la CGT, qui ont payé un lourd tribut dans ce combat contre l’envahisseur ». Un engagement souligné par le secrétaire général de la CGT.« Il faut relire leurs derniers mots »,explique Philippe Martinez, en citant ceux de Jean-Pierre Timbaud, syndicaliste dans la métallurgie,« pour comprendre le sens de leur engagement, le sens de leur vie et de leur mort ». Le« sacrifice de nos camarades »,poursuit-il, a« finalement donné du courage ».« Après Châteaubriant, la Résistance s’enrichit de nombreux militants. »

Une leçon de vie que les deux responsables souhaitent faire vivre dans cette« période où les marchands de haine et de division ont table ouverte dans les médias »,alerte Fabien Roussel.« Des idéologies de haine et de rejet de l’autre que les sacrifices d’il y a quatre-vingts ans auraient dû à jamais terrasser »,ajoute Philippe Martinez.

Ces hommes du quotidien, ouvriers, cheminots, médecins étaient aussi, rappelle Fabien Roussel,« à l’initiative d’un programme d’une incroyable audace, d’une immense ambition, fondateur d’une République laïque et sociale, pilier de nos grands acquis sociaux contemporains. Combien devait être immense leur foi en l’avenir, en l’humanité, pour imaginer un tel édifice que la Sécurité sociale, alors même que la France était encore occupée ».« Pour la jeunesse, il ne faut pas lâcher le morceau »,affirme Carine Nilès, secrétaire générale de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Aincourt-Rouillé. Et le secrétaire national des Jeunes communistes, Léon Deffontaines, de lancer :« Continuons, achevons le travail du CNR. Soyons dignes d’eux ! »

____________________________

Les otages fusillés :

 
Pour chaque victime est érigée une stèle en sa mémoire.
  • Jules Auffret, 39 ans, ouvrier gazier, de Bondy, conseiller général communiste de la Seine.
  • Henri Barthélémy, 58 ans, de Thouars, retraité de la SNCF, militant communiste.
  • Titus Bartoli, 58 ans, de Digoin, instituteur honoraire, militant communiste.
  • Maximilien Bastard, 21 ans, de Nantes, chaudronnier, militant communiste.
  • Marc Bourhis, 44 ans, de Trégunc, instituteur, militant communiste trotskiste.
  • Émile David, 19 ans, de Nantes, mécanicien-dentiste, militant communiste.
  • Charles Delavacquerie, 19 ans, de Montreuil, imprimeur, militant communiste.
  • Maurice Gardette, 49 ans, de Paris, artisan tourneur, conseiller général communiste de la Seine.
  • Désiré Granet, 37 ans, de Vitry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des papiers et cartons.
  • Jean Grandel, 50 ans, employé des PTT, maire communiste de Gennevilliers, conseiller général communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération postale de la CGT.
  • Pierre Guéguin, 45 ans, de Concarneau, professeur, maire communiste de Concarneau et conseiller général du Finistère, communiste critique : refuse d'accepter le pacte germano-soviétique et rompt avec le PCF, puis se rapproche des trotskistes.
  • An Huynh-Khuonga,15 dit « Luisne », 29 ans, de Paris, professeur, militant communiste.
  • Eugène Kérivel, 50 ans, de Basse-Indre, capitaine côtier (marin pêcheur), militant communiste.
  • Raymond Laforge, 43 ans, de Montargis, instituteur, militant communiste.
  • Claude Lalet, 21 ans, de Paris, étudiant, dirigeant des Jeunesses communistes.
  • Edmond Lefevre, 38 ans, d'Athis-Mons, métallurgiste, militant communiste.
  • Julien Le Panse, 34 ans, de Nantes, peintre en bâtiment, militant communiste.
  • Charles Michels, 38 ans, de Paris, ouvrier de la chaussure, député communiste de la Seine, secrétaire de la Fédération CGT des cuirs et peaux.
  • Guy Môquet, 17 ans, de Paris, étudiant, militant communiste, fils du député de la Seine Prosper Môquet déporté au bagne de Maison-Carrée.
  • Antoine Pesqué, 55 ans, d’Aubervilliers, docteur en médecine, militant communiste.
  • Jean Poulmarc'h, 31 ans, d'Ivry-sur-Seine, secrétaire général de la Fédération CGT des produits chimiques, militant communiste.
  • Henri Pourchasse, 34 ans, d'Ivry-sur-Seine, employé de préfecture, responsable de la Fédération CGT des cheminots, militant communiste.
  • Victor Renelle, 42 ans, de Paris, ingénieur-chimiste, militant communiste, créateur du syndicat des techniciens des industries chimiques.
  • Raymond Tellier, 53 ans, de Paris, ingénieur-chimiste, militant communiste.
  • Maurice Ténine, 34 ans, d’Antony, docteur en médecine, militant communiste.
  • Jean-Pierre Timbaud, 31 ans, de Paris, mouleur en bronze, secrétaire général de la Fédération CGT de la métallurgie, militant communiste.
  • Jules Vercruysse, 48 ans, de Paris, ouvrier du textile, secrétaire général de la Fédération CGT des textiles, militant communiste.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article