Des nouvelles du journaliste et prisonnier politique Julian ASSANGE :

Publié le par FSC

 
 

Julian ASSANGE peut faire appel de son extradition

Rassemblement le 24 janvier, à Londres, avec la compagne de Julian Assange, Stella Moris (à gauche), et l’actuel rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson (au centre). daniel leal/Afp
Le journaliste australien poursuivi par les États-Unis, où il risque 175 ans de prison pour ses révélations sur les crimes de guerre en Irak difusées sur son site WikiLeaks, remporte une victoire partielle.
La Haute Cour de justice de Londres a finalement autorisé, lundi 24 janvier, Julian Assange à contester devant la Cour suprême britannique sa propre décision de justice autorisant son extradition vers les États-Unis. En décembre 2021, la même instance juridique avait annulé, en appel, le refus d’extrader l’Australien de 50 ans vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans de prison. Car, Washington le poursuit pour 17 chefs d’accusation, dont « espionnage » et « conspiration », après la diffusion de plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan à partir de 2010 avec son site WikiLeaks. « Une fois encore, le parcours judiciaire méandrique continue, et cela fait naître une nouvelle lueur d’espoir », note l’avocat Antoine Vey, qui fait partie des défenseurs du journaliste australien.
S’agit-il d’un tournant dans l’acharnement judiciaire qui dure depuis des années ? Il est d’abord question « d’une bonne nouvelle, confie à l’Humanité l’ancien juge espagnol Baltasar Garzon qui coordonne l’équipe de défense internationale. De toute évidence, cette affaire crée un précédent des plus graves pour la liberté d’expression dans le monde et doit donc être analysée en détail par la plus haute autorité. Car son impact touchera l’ensemble des médias dans le monde. Cette procédure apparaît donc comme une des menaces les plus importantes pour la liberté de la presse au XXIe  siècle ». Sur l’affaire judiciaire elle-même, l’avocat estime que la Cour suprême va désormais se pencher sur « les assurances promises par les États-Unis durant la procédure en appel (les 27 et 28 octobre 2021 – NDLR). Car Washington a déjà violé massivement ce type d’engagement avec d’autres pays ». Un risque réel, sachant que la CIA a tenté par le passé d’enlever et d’assassiner le fondateur de WikiLeaks, lorsqu’il était réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres entre 2017 et 2019.

un état de santé inquiétant
L’administration Biden, qui a déposé, en février 2021, un appel sur les conditions de détention, avait remporté l’audience fin octobre, auprès de la Haute Cour de justice. Les juges étaient persuadés de la prise en compte de la santé mentale et physique du journaliste australien par les autorités états-uniennes, ces dernières ayant promis de ne pas l’incarcérer dans une prison de très haute sécurité et de lui apporter les soins cliniques et psychologiques nécessaires. Ce parcours judiciaire porte sur ces questions : le premier jugement rendu contre son extradition, le 4 janvier 2021, par la juge britannique Vanessa Baraitser s’appuie sur des raisons médicales. Elle s’était opposée à la remise de Julian Assange aux autorités états-uniennes face au risque de suicide d’un homme privé de liberté depuis 2010, sans aucun jugement.
Âgé de 50 ans, le citoyen australien demeure dans un état de santé préoccupant et incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, à Londres, depuis trois ans. « Julian a gagné » mais « notre combat se poursuit. Nous nous battrons jusqu’à ce qu’il soit libre », a immédiatement réagi sa compagne Stella Moris. Face aux violations graves des droits humains d’un journaliste, le gouvernement français devrait s’engager à lui accorder l’asile politique, comme le réclament une quarantaine de députés.

L'Humanité du 25 janvier 2022
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article