FOIX : mobilisation contre la répression ani-syndicale

Publié le par FSC

SOURCE : La Dépêche Ariège : un militant CGT jugé pour des violences sur un policier lors d'une manifestation à Foix

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  • Maître Dedieu, avocat du prévenu, s'est exprimé à l'issue de l'audience devant une centaine de manifestants.
    Maître Dedieu, avocat du prévenu, s'est exprimé à l'issue de l'audience devant une centaine de manifestants. DDM - Martin Boissereau
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l'essentielUn militant ariégeois du syndicat CGT d'Aubert et Duval a comparu devant le tribunal judiciaire de Foix, jeudi 24 février. Il est poursuivi pour des violences commises sur un policier lors d'une manifestation organisée à Foix en mars 2020. Le parquet a requis 6 mois de prison avec sursis.

Beaucoup de rouge. Entre 150 et 350 personnes se sont rassemblées devant le Palais de justice de Foix à l’appel de l’union départementale de la CGT de l’Ariège, jeudi 24 février (voire encadré). Elles ont soutenu Christian S, militant CGT d’Aubert et Duval. L'ouvrier a comparu pour des violences volontaires commises sur un policier il y a bientôt deux ans, le 3 mars 2020, qui ont entraîné une incapacité temporaire de travail d’un jour.

Dans la salle d’audience Febus, peu après 9 heures, Hervé Barrié, président du tribunal judiciaire de Foix, a rappelé les faits reprochés. Christian S. a été poursuivi pour deux coups de poing assénés à un fonctionnaire de la police nationale, le major G., lors d’une manifestation contre la réforme des retraites organisée par la CGT devant la préfecture de l’Ariège.


Le policier "reconnaît formellement" son agresseur
À la barre, le major G. a rappelé sa version des faits. Après avoir vu un manifestant taguer les grilles de la préfecture, il assure avoir procédé à une « interpellation non violente ».

"J’ai reçu un premier coup de poing dans la pommette gauche, je lui ai ordonné de dégager et il m’a donné un second coup dans la pommette droite"

« J’ai mis ma matraque sous son bras pour l’extraire par l’arrière, poursuit celui qui forme des collègues aux méthodes d’interpellation. Un homme s’est porté à ma hauteur pour éviter qu’il soit interpellé. J’ai reçu un premier coup de poing dans la pommette gauche, je lui ai ordonné de dégager et il m’a donné un second coup dans la pommette droite. Il a armé le poing pour un troisième coup et j’ai sorti ma matraque pour le toucher à l’épaule. Malheureusement, il a reçu le coup à la tête (plaie de 3 cm le long du crâne, NDLR). »

Le policier, vêtu d’un uniforme, a assuré qu’il était « en légitime défense ». Il s’est ensuite tourné vers le prévenu : « Je le reconnais formellement, il était à une distance d’un avant-bras. »

Le "côté Thierry la Fronde" du prévenu
Le président, Hervé Barrié, a questionné Christian S. : « Pourquoi avez-vous souhaité libérer quelqu’un qui a commis un délit ? » « C’est peut-être mon côté Thierry la Fronde », a répondu le militant CGT, au casier judiciaire vierge, qui a confié ne pas être habitué à comparaître devant un tribunal.

"Je suis d’accord sur les violences, j’en suis une victime, mais je ne suis pas auteur des coups de poing"

« Je suis d’accord sur les violences, j’en suis une victime, a-t-il poursuivi. Mais je ne suis pas auteur des coups de poing. Il est fort possible qu’il (le policier) en ait pris mais je ne peux pas en attester. »

Deux vidéos non plus. Diffusées au cours de l’audience, une vidéo issue d’une caméra de surveillance de la préfecture de l’Ariège et une autre issue d’un reportage de La Dépêche du Midi n’ont pas permis d’affirmer ou d’infirmer que Christian S. avait porté des coups au major G.

6 mois de prison avec sursis requis par le parquet
L’avocate du policier, Maître Puig, a plaidé que « ce n’est pas parce qu’on ne voit pas la matérialité des faits sur la vidéo que de facto ils ne sont pas établis ». Elle a demandé au tribunal d’entrer en voie de condamnation, en s’appuyant notamment sur le témoignage d’un policier qui a décrit le prévenu et sur l’état d’esprit de Christian S. : « Il revendique le fait d’avoir soustrait un individu aux services de police et veut nous faire croire qu’il s’est arrêté là. »

"Il vient au secours de l’individu interpellé, il est identifié sur la vidéo et nommément désigné par le major G. comme l’auteur des coups de poing"

Jean-Paul Lescat, représentant du ministère public, a estimé qu’il n’y avait « aucune difficulté à faire la relation entre les coups reçus par le major G. et les coups donnés par Christian S. ». « On le reconnaît dans le groupe, a-t-il complété. Il vient au secours de l’individu interpellé, il est identifié sur la vidéo et nommément désigné par le major G. comme l’auteur des coups de poing et la personne ciblée par la matraque. » Le magistrat du parquet a ainsi requis 6 mois d’emprisonnement avec sursis et un stage de citoyenneté.

La défense, convaincue de l'innocence, demande la relaxe
Maître Dedieu, avocat de la défense, a répété sa « conviction absolue de l’innocence de Christian S. ». « Le major G. a pu se tromper de bonne foi, a-t-il soutenu. Christian S. est militant syndical depuis une quarantaine d’années, son casier judiciaire est néant et ce jour-là, il était dans son droit constitutionnel de manifester. »

L’avocat du prévenu a affirmé que « ce qui est imputé est matériellement impossible » car son client tenait un parapluie dans une main et le ciré de l’individu interpellé dans l’autre. « Or on nous explique qu’il a porté deux coups et armé un troisième », a-t-il déploré.

"Les vidéos ne traduisent rien, on se prive de huit témoins potentiels [...] et on se contente de l’audition des forces de l’ordre"

Maître Dedieu a aussi contesté le contenu du dossier de la procédure, qu'il considère « à charge » : « Les vidéos ne traduisent rien, on se prive de huit témoins potentiels proposés par Didier Mezin (secrétaire général de l’UD CGT 09, NDLR) et on se contente de l’audition des forces de l’ordre. » Et de conclure : « Je crois de manière absolue à son innocence. Dans le bénéfice du doute, je demande la relaxe. » Décision le 14 avril.

 

Didier Mezin a pris la parole devant quelques militants CGT. DDM - Martin Boissereau 
 

Entre 150 et 350 personnes mobilisées
Christian S. a été soutenu, jeudi matin, avant de comparaître devant le tribunal judiciaire de Foix. À la sortie de l’audience, peu avant midi, il a remercié les personnes rassemblées à l’appel de l’union départementale de la CGT de l’Ariège (UD CGT 09). Elles étaient 150 selon les renseignements territoriaux et 350 selon le syndicat au plus fort de la mobilisation. Didier Mezin, secrétaire général de l’UD CGT 09, a affirmé qu’ils resteraient « attentifs à la décision prise et mobilisés ». Avant de conclure : « Il est hors de question que Christian soit condamné. »

Dans la salle d’audience Febus, peu après 9 heures, Hervé Barrié, président du tribunal judiciaire de Foix, a rappelé les faits reprochés. Christian S. a été poursuivi pour deux coups de poing assénés à un fonctionnaire de la police nationale, le major G., lors d’une manifestation contre la réforme des retraites organisée par la CGT devant la préfecture de l’Ariège.


Le policier "reconnaît formellement" son agresseur
À la barre, le major G. a rappelé sa version des faits. Après avoir vu un manifestant taguer les grilles de la préfecture, il assure avoir procédé à une « interpellation non violente ».

"J’ai reçu un premier coup de poing dans la pommette gauche, je lui ai ordonné de dégager et il m’a donné un second coup dans la pommette droite"

« J’ai mis ma matraque sous son bras pour l’extraire par l’arrière, poursuit celui qui forme des collègues aux méthodes d’interpellation. Un homme s’est porté à ma hauteur pour éviter qu’il soit interpellé. J’ai reçu un premier coup de poing dans la pommette gauche, je lui ai ordonné de dégager et il m’a donné un second coup dans la pommette droite. Il a armé le poing pour un troisième coup et j’ai sorti ma matraque pour le toucher à l’épaule. Malheureusement, il a reçu le coup à la tête (plaie de 3 cm le long du crâne, NDLR). »

Le policier, vêtu d’un uniforme, a assuré qu’il était « en légitime défense ». Il s’est ensuite tourné vers le prévenu : « Je le reconnais formellement, il était à une distance d’un avant-bras. »

Le "côté Thierry la Fronde" du prévenu
Le président, Hervé Barrié, a questionné Christian S. : « Pourquoi avez-vous souhaité libérer quelqu’un qui a commis un délit ? » « C’est peut-être mon côté Thierry la Fronde », a répondu le militant CGT, au casier judiciaire vierge, qui a confié ne pas être habitué à comparaître devant un tribunal.

"Je suis d’accord sur les violences, j’en suis une victime, mais je ne suis pas auteur des coups de poing"

« Je suis d’accord sur les violences, j’en suis une victime, a-t-il poursuivi. Mais je ne suis pas auteur des coups de poing. Il est fort possible qu’il (le policier) en ait pris mais je ne peux pas en attester. »

Deux vidéos non plus. Diffusées au cours de l’audience, une vidéo issue d’une caméra de surveillance de la préfecture de l’Ariège et une autre issue d’un reportage de La Dépêche du Midi n’ont pas permis d’affirmer ou d’infirmer que Christian S. avait porté des coups au major G.

6 mois de prison avec sursis requis par le parquet
L’avocate du policier, Maître Puig, a plaidé que « ce n’est pas parce qu’on ne voit pas la matérialité des faits sur la vidéo que de facto ils ne sont pas établis ». Elle a demandé au tribunal d’entrer en voie de condamnation, en s’appuyant notamment sur le témoignage d’un policier qui a décrit le prévenu et sur l’état d’esprit de Christian S. : « Il revendique le fait d’avoir soustrait un individu aux services de police et veut nous faire croire qu’il s’est arrêté là. »

"Il vient au secours de l’individu interpellé, il est identifié sur la vidéo et nommément désigné par le major G. comme l’auteur des coups de poing"

Jean-Paul Lescat, représentant du ministère public, a estimé qu’il n’y avait « aucune difficulté à faire la relation entre les coups reçus par le major G. et les coups donnés par Christian S. ». « On le reconnaît dans le groupe, a-t-il complété. Il vient au secours de l’individu interpellé, il est identifié sur la vidéo et nommément désigné par le major G. comme l’auteur des coups de poing et la personne ciblée par la matraque. » Le magistrat du parquet a ainsi requis 6 mois d’emprisonnement avec sursis et un stage de citoyenneté.

La défense, convaincue de l'innocence, demande la relaxe
Maître Dedieu, avocat de la défense, a répété sa « conviction absolue de l’innocence de Christian S. ». « Le major G. a pu se tromper de bonne foi, a-t-il soutenu. Christian S. est militant syndical depuis une quarantaine d’années, son casier judiciaire est néant et ce jour-là, il était dans son droit constitutionnel de manifester. »

L’avocat du prévenu a affirmé que « ce qui est imputé est matériellement impossible » car son client tenait un parapluie dans une main et le ciré de l’individu interpellé dans l’autre. « Or on nous explique qu’il a porté deux coups et armé un troisième », a-t-il déploré.

"Les vidéos ne traduisent rien, on se prive de huit témoins potentiels [...] et on se contente de l’audition des forces de l’ordre"

Maître Dedieu a aussi contesté le contenu du dossier de la procédure, qu'il considère « à charge » : « Les vidéos ne traduisent rien, on se prive de huit témoins potentiels proposés par Didier Mezin (secrétaire général de l’UD CGT 09, NDLR) et on se contente de l’audition des forces de l’ordre. » Et de conclure : « Je crois de manière absolue à son innocence. Dans le bénéfice du doute, je demande la relaxe. » Décision le 14 avril.

 


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