Villefranche : MACRON poursuit la casse du service public de santé

Publié le par FSC

 

 

Après l’annonce de la fermeture d’une centaine de lits dans les Ehpad du centre hospitalier de Villefranche-de-Rouergue, Sandrine Cazelles, secrétaire CGT et Julie Odin, sage-femme veulent réagir et se tourner vers d’autres solutions.

L’annonce de la fermeture d’une centaine de lits en Ehpad du centre hospitalier a été faite par la CGT et non la direction. Comment cela est possible ?

La direction n’a pas du tout communiqué sur ce sujet-là. Il nous a alors semblé très intéressant de prendre la température en faisant un communiqué de presse. Et nous voyons que les gens réagissent, à l’hôpital et en ville, depuis que nous avons planté le décor. La direction ne comprend peut-être pas la démarche, mais le public a besoin d’être informé. Le service public appartient à tout le monde. Notre mission est de le défendre.

 

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Des personnes, des usagers vous ont-ils contactés pour en savoir davantage, par inquiétude ?

Des usagers non, pas directement. Mais des employés qui sont très inquiets, oui. Parce qu’il faut voir tout ce qu’il y a derrière. Bien que la directrice nous ait dit qu’il n’y aurait pas de suppression de postes, 153 lits c’est forcément des postes en moins : pas seulement au niveau des services mais aussi à la blanchisserie, la cuisine, la pharmacie…

L’ARS ainsi que la direction s’appuient sur la centaine de lits vacants, un recrutement difficile… Vous le comprenez ?

Nous le comprenons très bien. Mais, par exemple, à l’Ehpad Nord Chartreuse, c’est une décision de la direction d’avoir fermé les entrées. À l’Ehpad Nord Ruhles, il y a deux jours, il y avait 92 résidents sur 120 ce qui est déjà un joli taux d’occupation. D’autant que c’est l’établissement qui pêche le plus puisque ce sont beaucoup de chambres doubles. Enfin, à l’Ehpad Sud il y a 75 résidents sur 80 places… Oui, il y a une centaine de lits non occupés mais c’est conjoncturel. Au début on nous avait parlé de 50 à 60 lits supprimés maximum sur le bassin villefranchois et nous le comprenions. Qu’il faille faire quelque chose, ça, c’est sûr, mais nous ne nous attendions pas à une décision aussi drastique. Nous ne comprenons pas pourquoi revoir à une si grande baisse.

Leur discours est de se concentrer sur un Ehpad de demain, un Ephad à domicile… À vos yeux, cela est possible ?

Les associations en ville ont déjà du mal à supporter la charge de travail qu’elles ont déjà, donc imaginez, si on ferme 153 lits, en ville elles ne peuvent pas.

Sur le papier c’est bien l’Ehpad à domicile. Mais il n’y a plus de maltraitance à domicile (par manque de moyen) qu’en institution. Nous sommes également dans un désert médical. Il n’y aura pas plus de médecins ou de soignants si on ferme des lits…

Vous avez essayé d’en discuter avec la direction ?

Quand nous avions demandé pourquoi autant de lits allaient fermer, ils nous ont répondu qu’il n’y avait pas assez de médecins, pas de liste d’attente… Mais pour nous, il y a d’autres problèmes organisationnels.

Le dialogue n’est pas rompu mais nous ne pouvons que réagir. Nous, nous souhaitons dédoubler les chambres. Le projet avait déjà été proposé : rajouter une aile à cet Ehpad pour dédoubler les chambres. Là, ils sont capables de mettre sur la table des millions pour démolir et reconstruire… Après on peut démolir, on peut construire mais on ne peut pas casser le service public comme ça.

 
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