Partager l'article ! "Ca s'aggrave à la CGT", par François Chérèque (CFDT): J. Chérèque sur le site du FSC. Nous lui ouvrons notre Blog puisqu'il n'a pu être accuei ...
« Rien n’a fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès, en rassemblant l’ensemble des travailleurs, que fut fondée la CGT.
Or la lutte de classes n’est pas une invention c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaudrait pour la classe ouvrière à se livrer pieds et mains liés à l’exploitation et à l’écrasement ! » Henri Krasuki
Créé par des militants CGT et FSU
Le FSC milite pour l'adhésion à la FSM
Courriel : frontsyndical.classe@laposte.net
Bernard Thibault vous a demandé hier soir de ne pas venir assister à son 49ème congrès aujourd'hui à Nantes, de peur que ses opposants vous réservent un accueil mouvementé. Comment le prenez-vous ?
- Sur le coup, quand il m'a téléphoné, j'ai trouvé ça bien qu'il soit dans la franchise totale. Il m'a dit, "si tu viens, les opposants vont créer un incident de séance, ça ne sera bon ni pour toi, ni pour moi". Je me faisais un plaisir d'y aller, comme à chaque congrès de la CGT. Je savais qu'il y avait ce risque donc je ne suis pas surpris, mais déçu. Je remarque que mieux ça se passe entre les leaders - entre nous deux-, moins ça va avec les opposants de la CGT. Ma venue au congrès de la CGT à Montpellier, en 2003, s'est bien passée. A Lille en 2006, je me suis fait siffler. Et aujourd'hui, à Nantes, je ne peux pas y aller. Ça s'aggrave.
S'agit-il, selon vous, d'un échec de Bernard Thibault face à son opposition ?
- C'est un échec de la CGT, plutôt qu'un échec personnel.
Quel bilan tirez-vous de l'action de Bernard Thibault à la tête de la CGT ces dix dernières années ?
- Je mets à son crédit les reproches que lui font ses opposants : le fait de trop aller vers le réformisme et le changement. Depuis un an ou deux, il arrive enfin à donner une ligne différente à la CGT.
Ne serait-il pas plus facile pour la CFDT de vous rapprocher des syndicats dits réformistes - CFTC, Unsa et CFE-CGC -, comme l'a demandé votre homologue Alain Olive à l'Unsa, plutôt que de la CGT ?
- Ce sont deux choses totalement différentes. Les relations de la CFDT et de la CGT sont constitutives du syndicalisme français, ce sont les deux plus anciennes et les deux plus grosses organisations. Mais nous n'avons pas la même conception de l'Etat, de la négociation, de l'Europe... Nous nous rapprochons pour mieux confronter nos idées, pour mieux construire ensemble. En revanche avec les autres organisations, nous avons une matrice commune. A partir du moment où l'on écarte toute idée de fusion, je suis favorable à un rapprochement idéologique avec ces organisations réformistes.
Que souhaitez-vous à Bernard Thibault pour son quatrième mandat ?
- Comme Nicole Notat l'a vécu avant moi à la CFDT et comme je l'ai vécu avant lui, Bernard Thibault va être confronté au problème de l'intolérance et du sectarisme. Dans ces débats, la CGT a vingt ans de retard par rapport aux anciens syndicats communistes d'Italie ou d'Espagne. Le fait que je ne puisse pas venir au congrès est un élément d'intolérance, de sectarisme d'une minorité. Je lui souhaite de dépasser ce problème le plus vite possible.
Propos recueillis par Dominique Perrin, journaliste à Challenges, jeudi 10 décembre 2009.
Derniers Commentaires