11ème Congrès du COSATU Afrique du Sud : discours de George Mavrikos, Secrétaire Général de la FSM

Publié le par FSC

27 septembre 2012

Chers camarades,

Une fois de plus de cette estrade nous voulons exprimer notre solidarité avec la lutte des mineurs d’Afrique du Sud. Nous voulons exprimer nos condoléances à la classe ouvrière d’Afrique du Sud. En tant que FSM organisation de l’internationalisme prolétarien, nous nous tenons fermement aux côtés des travailleurs en lutte. La FSM lutte contre la sauvagerie du capitalisme et l’exploitation de l’homme par l’homme.

Trois ans se sont écoulés depuis votre dernier congrès pendant ces trois ans les relations entre la FSM et le syndicat COSATU se sont renforcées. Ensemble avec le NEHAWU, trois syndicats de plus ont rejoint les rangs de la FSM : NUMSA, POPCRU et CEPPWAWU. Actuellement, nous avons décidé de la procédure pour l’affiliation du NUMSA à La FSM.

Nous nous rencontrons dans les mêmes luttes.
Nous nous rencontrons dans les mêmes luttes.
Nous avons organisé des luttes communes de solidarité avec le peuple du Swaziland ,de la Palestine et de Cuba.

Les syndicats d’Afrique du Sud voyagent dans beaucoup de pays pour les activités de la FSM et échangent leur expérience avec d’autres camarades partout dans le monde sur les difficultés et les perspectives de lutte. Nous avons organisé par exemple une Conférence Internationale dans le Parlement de l’Union Européenne pour la solidarité avec le Swaziland. Nous avons tous reçu plus de résultats plus riches et plus efficaces à travers ces débats pour la lutte syndicale.

Au 16ème Congrès de la FSM, Congrès de la FSM à Athènes avec la participation de 828 délégués de 101 pays, le camarade Mike Makwayiba, Président du NEHAWU a été élu membre du Conseil Présidentiel de la FSM . Ce congrès historique a acquis une plateforme de discussions et de résolutions pour les forces de lutte de classe et le nouveau chemin victorieux que le mouvement des travailleurs doit suivre contre la sauvagerie du capitalisme et l’exploitation.

Notre jeune camarade Ludmile Siband a été élue à la dernière Conférence de la Jeunesse à Cuba, comme membre du Secrétariat de la Jeunesse de la FSM.

En Février 2012, le Conseil Présidentiel de la FSM s’est

tenu à Johannesburg en Afrique du Sud. C’est la première fois que la réunion du Conseil Présidentiel a convenu de se tenir dans un pays du Sud de l’Afrique depuis la fondation de la FSM en  1945.

Notre action commune et le grand rôle international des syndicats sud-africains se sont renforcés avec l’ouverture du Bureau FSM Régional de l’Afrique du Sud sous la coordination de la camarade Ludmile Solaka. Ce bureau opère maintenant avec les conseils et le soutien de tous les affiliés FSM d’Afrique du Sud. Ce bureau n’opère non seulement en Afrique du Sud .Son objectif principal est de renforcer les relations entre les syndicats de l’Afrique, leur action commune, leur soutien mutuel. Ce bureau travaille à renforcer la lutte contre le pillage de la richesse de l’Afrique par les monopoles étrangers et locaux.

Camarades

Depuis le 10ème Congrès du COSATU et jusqu’à maintenant, la présence de la FSM en Afrique du Sud et le rôle des syndicats sud- africains dans les rangs du mouvement de lutte de classe ont augmenté.
Dans ce 11ème Congrès du COSATU les affiliés de la FSM invitent leur géniteur le COSATU à suivre collectivement le chemin qu’ils ont préparé et testé. Ils ont pavé la route pour que le COSATU puisse trouver son chemin de retour à la maison. Prendre cette importante décision historique pour le mouvement syndical international et s’affilier à la Fédération Syndicale Mondial.

Un résultat d’un débat mature.

Camarades,

Cette discussion n’est pas une discussion nouvelle. Ce débat  a mûri. Cette résolution viendra après un dialogue mûr et riche. Un dialogue où chaque chose a été dite. A la Conférence de Politique  Internationale du COSATU qui s’est tenue en Mai de cette année, vous avez discuté de cette question d’une manière pondérée et responsable. A travers les commissions et la commission plénière, vous avez proposé que le COSATU devienne membre de la FSM. Aujourd’hui, avec ce long débat comme fondement, avec la résolution du 10ème Congrès du COSATU et avec la suggestion de la Conférence de Politique Internationale du COSATU, vous venez collectivement et démocratiquement de prendre une décision finale
Une importante conjecture pour la classe ouvrière mondiale.

Le temps qu’ont pris ces débats est secondaire. La condition actuelle que vivent le mouvement international et la classe ouvrière donne encore plus de poids à cette décision.

Aujourd’hui, plus que jamais, le capitalisme globalisé avec son profit excessif, avec ses montagnes de profits est incapable de fournir les besoins du monde du travail. Il ne peut pas le  fournir en pain, protection, eau, vêtements, livres.

Il montre, cependant de grandes capacités à organiser la guerre contre le prolétariat international. Il fait reculer tous les droits du travail qui ont été gagnés par le mouvement syndical de lutte de classe pendant des décades. Il martèle les travailleurs avec des dizaines de mesures contre le monde du travail au nom de la crise capitaliste. Il organise de nouvelles guerres, il déchaîne le feu contre le peuple pour le contrôle des ressources d’énergie, pour le pétrole. Une fois de plus les capitalistes et leurs gouvernements redessinent les frontières et les cartes. Une fois de plus ils répandent le sang des travailleurs pour les intérêts des multinationales. 

La différence importante aujourd’hui est que le mouvement international du travail « est sur ses gardes » . Il est «  désarmé ». La classe des capitalistes avec ses agents dans la social-démocratie et dans les syndicats gère la division des travailleurs, pour affaiblir les syndicats partout dans le monde. Elle gère pour imposer des leaderships réformistes, pour imposer des lignes opportunistes et des compromis avec l’ennemi de classe et ses gouvernements.

Le niveau de pourriture de certains syndicats d’Europe et des USA est tel que les travailleurs ne voient pas la différence entre les syndicats et les cabinets d’avocats. Ces derniers viennent se substituer aux syndicats avec une souscription simple mensuelle. Ils sont même moins chers que ce que demandent les syndicats. Les travailleurs d’Europe et des USA ne voient pas les syndicats comme une unification des travailleurs qui luttera par tous les moyens pour leurs droits,  pour la solidarité et la collectivité parmi les travailleurs. Les travailleurs ne voient pas ces syndicats comme une école de la lutte révolutionnaire. Au contraire, ils les voient comme un mécanisme de collaboration avec les patrons. Comme des médiateurs entre le gouvernement et les travailleurs. Comme des agences ou des secteurs des  Ministères du Travail.

Et tout cela coïncide avec les vraiment très mauvaises conditions dans les Organisations Internationales  comme l’OIT et les Nations Unies des conditions négatives qui rendent notre propre lutte plus difficile, plus complexe.

Pourquoi avons-nous besoin de syndicats internationalistes puissants.
Mais aujourd’hui, plus que jamais, la classe ouvrière a besoin de construire des syndicats puissants. Des syndicats qui uniront tous les travailleurs dans l’industrie, dans chaque lieu de travail quelle que soit leur place dans la production. Aujourd’hui nous avons besoin de syndicats qui organisent la lutte en toute forme avec la détermination et la combativité pour la conquête des droits du travail. Nous avons besoin d’un front consistant et constant contre le réformisme, contre l’opportunisme, contre la corruption. Nous avons besoin au niveau international d’un front unifié militant du prolétariat contre nos patrons communs.

Aujourd’hui le mouvement syndical a à répondre à des questions plus complexes.

La lutte syndicale simple pour l’augmentation des salaires dans une seule entreprise se confronte à des arguments durs contre les travailleurs.

• Les patrons menacent les travailleurs qui n’acceptent pas de travailler pour des cacahuètes, ils prennent leurs entreprises et leurs investissements et partent dans d’autres pays. Les mêmes arguments, cependant, sont utilisés dans chaque pays pour garder la classe ouvrière dans des chaînes. Le même argument est utilisé par les patrons même dans des pays comme le Népal où le salaire est d’environ 700 rands

• Les guerres impérialistes, la pauvreté, la faim, le désastre de l’environnement, le chômage : tout cela force des masses de travailleurs à migrer pour le travail. Même en Afrique du Sud, , il y a beaucoup d’ immigrants des pays asiatiques qui viennent pour trouver du travail bien que le chômage soit très élevé .Les travailleurs immigrants sont les travailleurs les plus terrifiés, ils sont les travailleurs les plus exploités des travailleurs.

Aujourd’hui nous sommes dans les conditions de la crise capitaliste en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en France, dans l’Europe toute entière, dans le monde capitaliste.
Ainsi est-ce que la lutte syndicale simple peut être isolée de la lutte internationale ?

Est-ce que la lutte dans un pays peut être isolée de l’essentielle solidarité entre les travailleurs du monde et de leurs luttes ?

Est –ce que la lutte contre une multinationale peut avoir du succès sans la coordination entre les travailleurs d’autres pays qui travaillent pour les mêmes patrons ?

Est-ce que la lutte d’un syndicat peut réussir s’il n’y a pas de coordination de leur action avec des objectifs communs ?

Aujourd’hui la lutte internationaliste prolétarienne a un rôle qui grandit. La coopération entre les organisations syndicales nationales et sectorielles partout dans le monde pour la coordination et les orientations de lutte de classe dans la lutte est vitale.

Est-ce que les leaders syndicaux liquidateurs européens, de simples agents de la  bourgeoisie dans le mouvement syndical, les serviteurs corrompus des Ministères peuvent prendre sur leurs épaules un devoir aussi lourd ?
Pas du tout !

Une organisation qui travaille main dans la main avec le FMI, qui travaille pour sauver le capitalisme et la modernisation du système capitaliste peut-elle exprimer les intérêts des travailleurs ?
Pas du tout ! Jamais !

Camarades,

La discussion qui s’est tenue en Afrique du Sud n’est pas une discussion nouvelle. Les arguments qui sont utilisés par les opposants de la FSM ne sont pas des arguments nouveaux. Actuellement ces arguments sont si vieux qu’ils ont reçu des réponses depuis 1920( !) quand le mouvement syndical faisait ses premiers pas. Lénine lui-même a donné des réponses aux mêmes arguments.

Souvenons- nous de quelques- uns de ces arguments :

• Quelques camarades utilisent l’argument que les syndicats réactionnaires peuvent changer. Malgré tout, l’ ICFTU une organisation qui a existé de 1949 à 2005 n’a pas changé pendant ces 60 ans. Les opportunistes à travers le monde ont toujours utilisé cet argument qu’on peut transformer une organisation réactionnaire en une organisation « de gauche ». Finalement cette organisation est tombée pour cet argument, elle n’a pas géré pour changer d’un pouce la politique centrale des syndicats réactionnaires, au contraire elle s’y est intégrée. Croire que vous transformerez une organisation internationale qui a été créée par différents matériaux en quelque chose d’autre c’est comme essayer de planter un arbre dans l’océan. Ou encore mieux mettre sa tête dans la gueule d’un requin en croyant que de l’intérieur de son estomac vous pourrez le battre.

Camarades,4

J’ai suivi tout au long vos discussions. Permettez-moi d’essayer et de contribuer à votre débat.

• Il y a des camarades qui utilisent Lénine pour cacher leurs vrais buts. Ils déforment et utilisent quelques parties de ses écrits alors qu’ils cachent le reste .Il y a un argument basé sur ce que Lénine a écrit dans l’article connu aux communistes allemands sur le gauchisme. L’argument est que les communistes doivent combattre les syndicats réactionnaires.

Premièrement Lénine a parlé de la période infantile pour 1920 en accord avec les conditions de sa propre époque. Ceux qui transfèrent mécaniquement les conditions d’un pays à un moment donné à une autre époque à un autre pays et à un autre moment pour le mouvement sont purement dogmatistes. C’est une erreur dogmatique.

Deuxièmement Lénine a aussi dit «maintenant nous avons la tâche immédiate de guider les masses laborieuses vers une nouvelle position qui s’attache à la révolution. Est-ce que les syndicats réactionnaires luttent pour la révolution ? Pas du tout !

Aujourd’hui en 2012, nous devons apprendre de notre histoire pour faire un pas décisif vers l’avenir que nous devons construire pour la classe ouvrière aujourd’hui. Apprendre de notre vraie histoire et non pas de ses déformations.

La contribution à la lutte de libération

Avec un égal respect, nous étudions et apprenons de la grande histoire et des grandes luttes que l’héroïque SACTU et le reste des affiliés à la FSM ont organisé contre l’Apartheid, pour les droits des travailleurs noirs, pour la reconnaissance des premiers syndicats non-raciaux, pour la reconnaissance du SACTU, pour la liberté des camarades emprisonnés, pour le boycott des bateaux, des communications et des transactions de ce régime inhumain de l’Apartheid. La FSM a alors été ferme et présente dans cette longue lutte. Les membres des syndicats partout dans le monde  et ses millions de travailleurs ont répondu à chaque appel de la FSM pour la solidarité avec les travailleurs sud-africains. Moshe Mabbida, notre leader, Vice-Président de la FSM, Mark Shope, John Gaitsiwe, Moses Kotane, Leslie Massina, J.B Marks Gaitsiwe et le vivant légendaire Eric Mtshali avec leur alignement sur la FSM ont joué un grand rôle dans l’organisation du mouvement syndical africain, dans la création du premier syndicat d’Afrique et la fondation de la première Fédération Syndicale de toute l’Afrique (AATUF)
De quelle sorte de syndicat avons-nous besoin aujourd’hui ?

Avec cette grande histoire et cette grande expérience sur nos épaules, camarades, nous avons à répondre à une question-clé de notre temps. De quel mouvement syndical avons-nous besoin au niveau national et international pour combattre efficacement pour les intérêts de la classe ouvrière contre les monopoles,, contre les multinationales ? Pour gagner la bataille et améliorer les conditions de vie des travailleurs et des gens pauvres ? Paver une nouvelle route où la richesse appartiendra à ceux qui la produisent.

Pour répondre à cette question nous, en tant que FSM étudions les nouvelles conditions du développement capitaliste et de la crise capitaliste et en tant que FSM nous luttons pour éduquer nos membres et nos amis pour former des syndicats avec des caractères spécifiques qui seront capables de remplir les chaussures des tâches intenses de la lutte contemporaine.

Nous avons besoin de syndicat qui seront :

• Des organisations de travailleurs de classe et révolutionnaires qui luttent contre le capital , contre l’impérialisme.

• Fonctionnant démocratiquement et contrôlés par les travailleurs.

• Des syndicats qui auront une direction qui vient des rangs de la classe ouvrière. Une direction qui respecte la critique et l’autocritique. Une direction avec une discipline prolétarienne qui sera dédiée à la lutte contre la bureaucratie et la corruption.

• Nous avons besoin de syndicats qui lutteront avec détermination contre les discriminations des travailleurs selon la race, le sexe, la religion, etc..

• Des syndicats qui font la promotion de l’alliance avec les paysans, les jeunes travailleurs et les femmes travailleuses.

• Des syndicats qui remplissent leurs devoirs internationalistes de solidarité prolétarienne avec les peuples qui se battent partout dans le monde.

• Des syndicats qui éduquent des générations de travailleurs avec leur histoire et les leçons du mouvement syndical national et international et les luttes de la classe ouvrière.

• Des syndicats qui interviennent au niveau des Organisations Internationales, qui réclament des solutions en faveur des libertés démocratiques et syndicales et défendent le maintien de tout accord collectif positif.

• Des syndicats qui ne  seront pas neutres avec tout le monde. Par exemple au Moyen-Orient, nous ne sommes pas avec Israël. Nous sommes avec a Palestine. Nous soutenons pleinement la lutte palestinienne pas seulement par des mots mais par des actions concrètes, jour après jour. En Syrie, nous ne sommes pas avec les rois, avec les émirs, avec les sultans, avec les impérialistes. Ils ne se soucient pas de la démocratie en Syrie. Leur souci ce sont les ressources. Ils visent le pétrole. Comme l’a fermement dit la FSM , le peuple de Syrie est le seul à choisir son présent et son avenir. Le peuple de Syrie est le seul responsable de la forme de sa démocratie et de sa liberté.

Avec de tels syndicats nous serons plus proches pour atteidre le but stratégique de la société socialiste. Cette sorte de syndicats est ce que la FSM se bat à construire. Des syndicats sans compromissions, des syndicats qui ne sont pas que des consultants légaux, des syndicats qui ne sont pas des secteurs des ministères du travail, qui ne sont pas des membres à bord des compagnies multinationales.

Le rôle international du COSATU

Dans la sphère internationale, comme la FSM, comme organisation internationale de classe avec ses 82 millions de membres dans 120 pays, nous ne voulons pas que le COSATU soit un spectateur. Nous voulons que le COSATU soit un pionnier dans le mouvement syndical qui renaît en Afrique. Nous avons besoin d’un COSATU dans la direction du mouvement syndical international aux côtés des forces vives partout dans le monde. Nous tous croyons que le capitalisme ne peut pas solutionner les problèmes de la classe ouvrière. Le capitalisme produit la pauvreté les quartiers pauvres, le chômage, la faim, la privatisation, la violence d’état, , les guerres, la misère, le désastre environnemental. Le capitalisme produit des profits pour une minorité et la misère pour le plus grand nombre.

Seul le socialisme peut nous en libérer. Construisons-le maintenant !

La classe ouvrière peut obtenir ce qu’il y a de plus grand en balayant les exploiteurs.

C’est notre devoir. Nous avons à conduire la lutte de la classe ouvrière pour conquérir la richesse pour le bien de toute la société.

Notre lutte sera victorieuse !

Un monde sans travailleurs est impossible !

Un monde sans capitalisme est nécessaire !  

FSM, 16 Septembre 2012      .

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article