15e CONGRÈS DE L’UITBB - FSM : document d'orientation

Publié le par FSC

 15e CONGRÈS DE L’UITBB
Salvador de Bahia, Brésil, 6 – 8 décembre 2010
DOCUMENT D’ORIENTATION
A.     La situation internationale                                                                      

 

1.       Le 15e Congrès de notre organisation se tient à un moment caractérisé par une attaque ouverte des forces du capital contre les droits et les acquis de la classe ouvrière. Cette attaque mérite une riposte ferme dans les luttes des travailleuses et travailleurs partout dans le monde, pour contrer un cours de recul historique au moyen de la défense des droits du travail et des conquêtes sociales.

 

2.       La crise profonde du système capitaliste mondial qui a commencé aux États-Unis en 2008 avant de s’étendre à tous les pays capitalistes a secoué les fondements du système et entraîné des conséquences désastreuses pour les salariés, les peuples, voire des pays entiers, ainsi que pour l’environnement et la survie de la planète.

 

3.       Lorsque la crise a éclaté les gouvernements les classes dominantes ont déclaré qu’elle passerait vite, pourvu que les peuples et les travailleurs acceptent plus de flexibilité, des reculs sociaux et une meilleure adaptation aux conditions du marché. Or,  à la fin de 2009, l’OIT estimait à plus de 200 millions le nombre de chômeurs dans le monde, auxquels il faut ajouter les travailleurs pauvres qui ne gagnent pas plus de 2 dollars par personne et par jour et dont le nombre pourrait atteindre 1,4 milliard, soit près de 45% de la population active mondiale ayant un emploi. Selon Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, « en 2009 les 500 plus puissantes sociétés transcontinentales privées ont contrôlé 52% du produit mondial brut, soit 52 % de toutes les richesses produites en une année sur la planète…. En même temps, toutes les 5 secondes un enfant en dessous de 10 ans meurt de la faim. Un milliard d’êtres humains sont gravement et en permanence sous-alimentés ».

 

4.       Les décisions et les programmes qui ont été et continuent d’être mis en œuvre par beaucoup de gouvernements de pays capitalistes, qu’ils soient conservateurs, de centre-droite ou se réclamant de la social-démocratie, pour surmonter la crise se ressemblent et portent les mêmes caractéristiques : dictés par les grandes institutions internationales sous contrôle des États-Unis et de la Commission européenne, ils constituent une attaque contre les droits et acquis sociaux issus des grandes luttes populaires et syndicales de l’après-guerre.  Ils montrent que la classe capitaliste a décidé de faire payer la crise aux travailleurs/ses, aux retraités, aux jeunes et aux femmes, aux peuples des pays en voie de développement, et de leur imposer le chômage, l’austérité, des reculs sociaux, tout en poursuivant l’accumulation de capitaux par la spéculation et la recherche effrénée d’un maximum de profits.

 

5.       L’actuelle crise est une crise du modèle d’accumulation du capital et de surproduction. Libéré de toute contrainte, le capital financier fondé sur la spéculation, et notamment les produits financiers dérivés s’est aliéné au cours des 20 – 30 dernières années de toute activité productive.

 

6.       La crise économique et financière s’accompagne d’une crise énergétique, d’une crise alimentaire et d’une crise écologique qui toutes confondues montrent que le système capitaliste fondé sur l’exploitation de l’homme et de la nature, prônant un consumérisme débridé et insensé, s’est transformé en menace pour l’être humain et la nature.

 

7.       Autre absurdité du système : en 2009 les dépenses d’armements ont dépassé les 1 500 milliards de dollars, alors que selon les estimations, il suffirait d’un dixième de ce montant pendant 25 ans pour s’attaquer au problème de réchauffement climatique.

 

8.       Dans l’Union européenne, avec l’adoption du Traité de Lisbonne en décembre 2009 contre la volonté des peuples, on assiste au démantèlement des droits et acquis sociaux issus des grandes luttes populaires et syndicales de l’après-guerre. Gel ou baisse des salaires dans les secteurs public et privé, démantèlement et privatisation des régimes de retraite et de sécurité sociale, privatisation de l’éducation et des services de santé, atteintes aux droits syndicaux et aux conventions collectives, restriction des droits démocratiques, sont une réalité dans la plupart des pays. Selon Eurostat, le taux de chômage de l’UE est de 9,2%, soit le plus élevé depuis 2000. Le nombre de chômeurs déclarés dépassent les 22 millions et selon les estimations il pourrait atteindre 50 millions de personnes.

 

9.       Or, pour l’élite économique et politique des États-Unis et des autres puissances capitalistes, notamment de l’Union européenne, imposer leur suprématie, si nécessaire par la force des armes, est plus important que l’avenir de l’humanité.

 

10.   La situation sur le continent africain et notamment dans la région sub-saharienne où 16 pays célèbrent cette année le 50e anniversaire de leur indépendance témoigne des injustices générées par la mondialisation capitaliste et par le système financier international. 50 ans après avoir accédé à l’indépendance, 10 pays sur 14 de la zone franc CFA figurent parmi les pays les moins avancés (PMA) et se trouvent au bas de l’indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Malgré les échecs évidents, le FMI et la Banque mondiale continuent au travers de politiques d’ajustement structurel à inciter les pays à pratiquer des politiques de libre-échange et à privatiser leurs services publics – éducation, santé, transport, sécurité sociale, etc. les livrant aux appétits d’intérêts privés et notamment des multinationales. En outre, l’OMC et sa politique agricole souvent fondée sur des pratiques de dumping des prix de la part des pays riches, conduit à la destruction des cultures locales vivrières et à la dépendance alimentaire des pays africains. Nouveau phénomène témoignant de ces rapports de domination de l’argent et d’exploitation : pour faire face à une menace future de pénurie alimentaire, des pays riches acquièrent avec la complicité de gouvernements africains des terres agricoles fertiles pour y produire des cultures répondant à leurs besoins du Nord, alors qu’une partie des populations africaines ne mangent pas à leur faim.  Dans tous les pays africains où le capital fait loi, le patronat a infligé aux travailleurs un régime aliénant. Non content de la plus-value qu’il extorque aux travailleurs surtout aux ouvriers, au prix de leur sueur, non content de l’humiliation qu’il inflige aux travailleurs, le patronat face à l’impuissance actuelle de ces travailleurs, s’organise chaque jour pour les maintenir dans une position de division, afin de mieux les asservir et mieux les dominer. Les salaires qui leur sont versés suffisent tout juste pour perpétuer leur malheureuse situation. Pourtant, sans eux, pas d’entreprises et donc pas d’entrepreneurs. Dans cette optique, la tâche des organisations syndicales plus que délicate, devient problématique puisque le rôle qui leur est dévolu est de former et d’éduquer des hommes nouveaux mus par les intérêts supérieurs des classes laborieuses en général et par ceux des travailleurs salariés en particulier.

Une telle mission pour être accomplie, exige des moyens appropriés (humains, matériels et financiers) pour nos organisations africaines.

 

11.   L'Asie est le continent le plus peuplé du monde, mais régionalement très diversifié. L'Asie du nord, le Japon, la Corée du sud, affichant des niveaux élevés d'industrialisation avec toutefois un déclin relatif. La Chine, notoire pour sa croissance économique spectaculaire tire parti de sa phase actuelle de développement en tant que centre manufacturier du monde. Mais parallèlement au développement de la Chine, il existe une paysannerie qui continue de souffrir d'un appauvrissement relatif. Au plan social l'acceptation par le pouvoir d’inégalités graves et de déchirement sociaux croissants résultant du secteur privé émergent, et notamment des multinationales étrangères, conduit à la multiplication du nombre de grèves. En Inde,  sous le néo-libéralisme, les violations de la législation du travail sont encouragées et parrainées par le gouvernement et les employeurs agissant en commun. Le taux de chômage et de sous-emploi s’est accru et a atteint des proportions alarmantes. L’emploi dans le secteur organisé recule et les nouveaux emplois créés le sont dans les secteurs à bas salaries assorties de conditions de travail extrêmement fragiles. Dans l’agriculture les paysans se suicident par milliers en raison d’un politique agricole favorisant la spéculation mise en œuvre par le gouvernement indien. Au Pakistan prévaut une situation quasiment identique.  L'Asie du sud-est est une région densément peuplée qui a maintenu au cours des dernières années un niveau de croissance élevée malgré une situation politique instable dans certains pays.

 

12.   Le continent latino-américain a vu, malgré les reculs essuyés au Honduras et au Chili, le renforcement de gouvernements populaires de gauche grâce aux luttes menées par les organisations politiques et sociales des exploités et des peuples indigènes. Avec en toile de fond les acquis sociaux de la Révolution cubaine et inspirée par les progrès réalisés en Bolivie, en Équateur et au Venezuela, mais aussi par des régimes démocratiques progressistes tels que le Brésil, l’Uruguay, le Salvador, - même s’ils sont encore loin des processus de consolidation et de transformation que traversent Cuba, le Venezuela et la Bolivie, - la lutte héroïque anti-impérialiste des peuples d'Amérique latine porte fruits et constitue une source d’inspiration pour les forces progressistes du monde entier.  A ce propos, il est impératif de mettre en évidence le rôle primordial joué par les syndicats, et tout particulièrement les organisations syndicales de classe affiliés à la Fédération syndicale mondiale ainsi qu’à ses Unions internationales, dont notre Union internationale des syndicats du bâtiment, du bois et des matériaux de construction UITBB.

 

13.   Toutefois, force est de relever que, comparé à la situation il y a quatre ans, les relations internationales et les rapports de force ont évolué sous l’impulsion des luttes populaires et syndicales qui sont venus bousculer, voire modifier l’architecture fondée sur la coercition, l’unilatéralisme et la négation de la souveraineté des États. L’exploitation de l’homme par l’homme est la nature immuable du capitalisme. La classe ouvrière ne peut que lutter en permanence pour préserver ses acquis, en conquérir des nouveaux et être un acteur de changement de la société. L’avenir des travailleurs et des peuples ne passe pas par le capitalisme.

 

14.   Même si les principales puissances capitalistes, avec en tête les États-Unis, le Japon et les principales économies de l’Union européenne, continuent de négliger le rôle des Nations unies en accordant la primauté au G 8, ils ont dû accepter l’élargissement de ce cercle en instituant le G 20 qui compte avec la participation des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et plusieurs autres pays émergents dont le poids économique et politique ne cesse de croître. Les États-Unis ont dû renoncer à l’unilatéralisme qui avait marqué l’ère Bush.  L’UITBB réitère sa position de rejet de toute pratique visant à court-circuiter les Nations unies et son assemblée générale. Pour l’UITBB, le règlement des grands problèmes économiques, sociaux et environnementaux qui se posent à notre planète ainsi que le règlement de conflits régionaux doit relever de la compétence et de processus émanant des Nations unies et non d’alliances militaires sans légitimité internationale comme l’OTAN ou autres concertations des grandes puissances. Par ailleurs, l’UITBB rejette toute action terroriste dirigée contre des populations civiles.

 

15.   Au plan économique, il est vrai que les puissances capitalistes des pays du Nord continuent avec le FMI et la Banque mondiale de vouloir imposer leurs objectifs libre-échangistes en s’efforçant de mener à bien le cycle de Doha au détriment des pays en voie de développement. Cela dit, mais aussi des populations dans les pays dits riches et de l’environnement, leurs visées rencontrent de plus en plus de résistance et des alliances nouvelles se créent pour chercher des alternatives en refusant les dictats destructifs du marché.

 

16.   L’UITBB considère que le libre échange tel qu’il est prôné par l’OMC est un leurre et ne peut qu’enfoncer les pays en développement dans leur dépendance vis-à-vis des technologies des pays riches. L’OMC a été créée pour pérenniser les rapports de domination entre pays riches et notamment leurs multinationales d’une part,  et les pays pauvres et leurs populations d’autres part.

 

17.   A l’opposé de cette logique de domination et de pillage se trouve la démarche inhérente à l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des Peuples (ALBA – TCP) unissant 9 États d’Amérique latine dans une coopération fondée sur la réciprocité et la prise en compte des asymétries en matière de développement économique et social. D’autres formes de coopération et d’intégration régionale voient le jour et elles contrastent avec les rapports de dépendance et de soumission inhérents aux traités de libre-échange bilatéraux prônés par les États-Unis et l’Union européenne.

 

18.    À l’échelle mondiale, même si l’administration Obama a changé de discours dans les relations internationales et même si elle doit composer avec la volonté des pays émergents, sa pratique sur le terrain ne diffère guère de celle des administrations précédentes.

 

19.   En Amérique latine, l’administration Obama installe des bases militaires au Panama et en Colombie, cache à peine son soutien pour le gouvernement putschiste au Honduras, reconduit la politique de blocus injuste à l’égard de Cuba, malgré les condamnations par l’Assemblée générale des Nations unies, alimente les campagnes de calomnies contre le Venezuela et soutient autant que faire se peut, souvent en se servant d’organisations soi-disant non gouvernementales, les agissements visant à miner la démocratie populaire partout en Amérique latine.

 

20.   Au Moyen-Orient le gouvernement nord-américain continue d’être l’allié et l’appui sans faille du gouvernement sioniste de l’Etat d’Israël, qui n’a cessé d’intensifier sa politique meurtrière d’occupation et de répression du peuple palestinien, affichant ouvertement son mépris pour le droit international, n’hésitant pas à recourir aux armes, aux assassinats et au blocus criminel de la bande de Gaza pour étouffer dans le sang toute manifestation de justice, d’autodétermination et d’instauration d’une paix fondée sur les résolutions des Nations unies et l’établissement d’un état palestinien avec comme capitale Jérusalem-Est. En Iraq, l’occupation illégale de ce pays continue de provoquer de nombreuses victimes parmi la population civile et repousse chaque jour davantage l’établissement d’un état irakien où ses habitants décident librement du développement du pays. Idem pour l’invasion et l’occupation illégale de l’Afghanistan où, ainsi que l’ont montré les documents secrets de l’armée américaine publiés récemment sur le site Wikileaks, les forces de l’OTAN sèment la mort parmi les civils, ne ménageant ni enfants, ni femmes ni vieillards, avec l’aval d’un gouvernement fantoche corrompu. Alors qu’un certain nombre de pays ont fait le choix juste de retirer leurs troupes, l’UE sous l’impulsion de la Commission européenne et des fabricants d’armes engagent toujours plus de soldats aux côtés des troupes américaines se rendant ainsi complices de la situation.

 

21.   Par conséquent, pour ce qui concerne la situation au Moyen-Orient, la déclaration de principe de l’UITBB garde toute son actualité : Il est nécessaire que les populations du Moyen-Orient puissent vivre enfin dans la paix et puissent décider de leur avenir. C'est une condition indispensable pour la sécurité de tous les peuples du monde. La paix, un monde plus sûr passent par le retrait des forces étrangères, notamment de la Coalition, des forces israéliennes de tous les territoires arabes occupés (Gaza, Cisjordanie, Golan, Sud-Liban, les fermes de Cheeba) et par le respect des populations, de leurs traditions et de leurs ressources. L'urgence est au retrait sans conditions de toutes les troupes d'occupation et à l'avancement de négociations sous la responsabilité des Nations unies pour rechercher des solutions justes à tous les problèmes de la région. L’UITBB considère que les résolutions des Nations unies sur les droits du peuple palestinien à la création de son propre État avec Jérusalem-Est comme capitale doivent être appliquées sans tarder.

 

22.   C’est sur cette base que les forces de résistance et de progrès continuent de s'organiser. La période écoulée depuis le 14e Congrès a été témoin de luttes sociales, de résistance politique, de mobilisations des peuples, des travailleurs et des syndicats sur tous les continents pour arrêter la logique destructrice du capitalisme et élaborer des alternatives populaires ouvrant la voie à un développement socialement équitable et durable. Ces luttes ont permis des résultats concrets et ont montré la valeur de l’action collective, elles ont contribué à favoriser des changements plus profonds sur le plan politique. Le renforcement de la composante de classe au sein du mouvement syndical international est une nécessité et une priorité pour les organisations syndicales affiliées à l’UITBB et à la grande famille de la FSM. Le besoin d’actions unitaires et solidaires est urgent pour faire reculer les politiques agressives de la bourgeoisie générant guerres, chômage, pauvreté et famine et pour ouvrir des perspectives de changement. L’être humain n’a pas besoin de guerres, ni d’arsenaux militaires. L’argent doit servir la paix, l’entente et la coopération entre les peuples.

 

23.   Pendant la période écoulée, l'UITBB et ses affiliés ont pris une part active avec la Fédération syndicale mondiale au mouvement de solidarité internationale, aux activités en faveur de la paix sur tous les continents, y compris les actions et manifestations contre l'agression et l'occupation américaine de l'Iraq, de l'Afghanistan, contre le putsch au Honduras, les menaces proférées à l'égard de l'Iran et de la Corée du Nord,  le blocus contre Cuba, les agissements contre les gouvernements démocratiques au Venezuela et en Bolivie, les campagnes de solidarité avec le peuple palestinien, notamment dans la bande de Gaza, les campagnes contre la suppression et les violations des droits syndicaux (l’ABCC en Australie et l’affaire d’Arc Tribe, l’incarcération du syndicaliste turc Murad Akincilar, etc.)

 

24.   L'UITBB s'est impliquée dans les luttes menées par les travailleurs et syndicats européens pour inverser le cours néo-libéral de la construction européenne, en demandant par exemple le retrait inconditionnel de la Directive sur la durée du temps de travail, en mobilisant contre le Traité de Lisbonne qui trace la voie vers la militarisation de l'Union européenne et le dumping social généralisé.

 

25.   L'UITBB appelle les organisations syndicales du bâtiment, du bois et des matériaux de construction à s'engager activement dans toute action constructive dont les objectifs sont la paix, le désarmement et le respect des peuples. Aujourd'hui, plus que jamais, la solidarité internationale entre les peuples doit être un objectif clé du mouvement syndical international.

 

26.   Il existe un besoin urgent d’agir pour un monde sans armes nucléaires. Le monde ne veut plus de nouveaux Hiroshima et Nagasaki. Réunie à Tokyo en décembre 2009 à l’occasion de son 60e anniversaire, l’UITBB a renouvelé son engagement en faveur de l’élargissement de la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires et pour exiger que toutes les puissances nucléaires appliquent le Traité de non prolifération des armes nucléaires (TNP).

 

B.    Les médias à l’ère du néolibéralisme

 

27.   À l’ère de l’ « économie de marché »  néolibérale, le monde des médias connaît un passage en force passant d’un contrôle public sous domination du capital privé. La doctrine de la mondialisation et de la privatisation a de toute évidence provoqué partout dans le monde un changement de paradigme au sein des médias ouvrant largement la porte à l’entrée massive de capitaux privés, notamment dans les médias électroniques. Il en résulte que l’orientation publique des medias, quelle que limitée qu’elle fût, a été remplacé par des considérations commerciales visant une culture de consommation.

 

Aujourd’hui les medias ont opté à un degré sans précédent pour une partialité ouverte contre les forces de gauche et démocratiques. L’hostilité de classe des medias à l’égard des forces politiques progressistes et de gauche se manifeste ouvertement dans la description biaisée des faits et dans les formulations utilisées.

Dans son ouvrage « Journalisme, démocratie et lutte des classes » Robert W Mc’Chesney constate que « la réforme des médias capitalistes fait partie de notre lutte plus vaste pour la démocratie. Il est impossible de concevoir un monde meilleur avec les médias sous l’emprise de la classe capitaliste . »

C. La construction, le bois, les matériaux de construction – des secteurs sacrifiés dans la crise

 

28.   Dans les pays en développement, malgré des efforts, le logement et les équipements publics restent très déficients, en application des plans d’ajustement structurels du FMI et la privatisation des services de l’État se poursuit sans relâche. Les moyens ne correspondent pas aux besoins qui s’accroissent avec une forte urbanisation, conséquence de la grande pauvreté des zones rurales. Les chantiers les plus importants sont souvent attribués à des sociétés transnationales qui ne font aucun cas des droits sociaux et syndicaux. L’embauche informelle et la non déclaration des salariés aux organismes sociaux sont souvent la règle, l’exercice du droit syndical refusé. Dans un contexte de répression généralisée les travailleurs sont obligés d’avoir recours à diverses formes de luttes, y compris la grève pour que leurs droits soient respectés.

 

29.   Dans les pays développés, les produits financiers dérivés ont favorisés la spéculation sur de nombreux produits manufacturés pouvant être l’objet d’une forte demande. Le foncier et le bâti ont été au cœur de cette spéculation entraînant la crise actuelle. L'arrêt brutal de nombreux projets et chantiers a provoqué la ruine de nombreux accédants au logement, ainsi que des licenciements massifs dont les travailleurs précaires et les migrants sont les premières victimes.

 

30.   Les besoins en logements et en équipements publics sont loin d’être satisfaits. Le capital ne s’intéresse qu’à la rentabilité financière et néglige le logement social. Pourtant un logement décent, des équipements publics en nombre suffisants sont aussi nécessaires qu’une nourriture de qualité en quantité suffisante, que l’accès à la santé et à l’école, etc. La lutte pour obtenir les logements sociaux dont nous avons besoin fait partie intégrante de notre action et contribuerait fortement à développer l’emploi dans nos branches professionnelles.

 

31.   Le secteur des matériaux de construction a développé beaucoup de produits nouveaux ces dernières années faisant appel aux technologies de pointe et permettant des progrès importants en matière d’isolement phonique et thermique, de réduction d’émissions de CO2 et de matériaux nouveaux pouvant remplacer efficacement d’anciens matériaux comme l’amiante, mais qui doivent être l’objet de tests et de réglementations.

 

32.   Cette évolution c’est aussi traduite par une élévation importante de prix des matériaux et une forte concentration des entreprises au détriment de l’emploi et des conditions de travail. Longtemps secteur de petites et moyennes entreprises à l'exception de secteurs très industrialisés comme le ciment, l'amiante ciment etc., l'industrie des matériaux de construction est de plus en plus contrôlée par les multinationales et la recherche/développement y a pris une place importante en liaison avec les économies d'énergies. Les besoins de formation et de revalorisation des qualifications  des salariés sont devenus des questions urgentes.

33.   Dans le secteur du bois, les politiques forestières s’effacent devant les appétits de pillage des multinationales. Les investissements à grande échelle dans les agro-carburants demandent de nouveaux espaces qui ne tiennent pas compte des besoins des cultures vivrières pour les populations ni des besoins de la planète en forêts.

 

34.   Le bois récolté dans les forêts des pays en développement est trop souvent exporté en tant que matière première pour être transformé en meubles et produits finis dans les pays développés, alors que la transformation à la source de la matière première pourrait favoriser le développement économique et l’emploi.

 

35.   Les conditions de travail dans l’exploitation des forêts sont parmi les plus dures engendrant de nombreux accidents graves et mortels. Dans la transformation du bois, les maladies professionnelles notamment les cancers dus aux poussières de bois et aux résines sont nombreuses. Des mesures de prévention, de ventilation, d’arrosage, de maintenance des machines doivent devenir obligatoires.

 

36.   Les femmes travailleuses prennent une plus grande place parmi les salariés de la construction dans toutes les catégories professionnelles, mais le plus souvent dans des métiers non qualifiés et pénibles. Elles revendiquent un accès égal à la formation professionnelle, aux qualifications et au niveau des salaires, elles veulent des rapports de travail de respect et des équipements sanitaires de chantiers adéquats. Elles revendiquent toute leur place dans les instances syndicales à tous les niveaux. Pour l'UITBB, hommes et femmes ont intérêt à lutter ensemble à des rapports sociaux d'égalité et de respect.

 

37.   Les industries de la construction ont toujours été un vivier de jeunes travailleurs, qui quel que soit leur point de départ ont la possibilité d'acquérir un savoir-faire ouvrant l'accès à la formation professionnelle et aux qualifications. Aujourd'hui, cette possibilité est menacée, les jeunes sont souvent parmi les premières victimes de la précarité, la crise actuelle les rejette massivement dans le chômage. Le rapport de l'OIT du 12 août  2010 met en garde contre « le risque de génération perdue ». Il souligne que « l'incapacité à trouver un emploi génère un sentiment d’inutilité et de désœuvrement parmi les jeunes qui peut provoquer une hausse de la criminalité, des problèmes mentaux, de violence, de conflit et de drogue. Entre la spéculation financière et permettre aux jeunes de s’épanouir, l’UITBB se prononce pour l’épanouissement des jeunes. Il faut investir de manière soutenue dans la construction pour répondre aux besoins sociaux, ce qui permettra d’embaucher des jeunes.

 

38.   Selon les estimations de l’OIT, près de 215 millions de jeunes filles et de garçons sont piégés par le travail des enfants et souvent dans les secteurs les plus dangereux, où ils sont victimes des pires formes d’exploitation, voire d’esclavage. Du fait de la crise actuelle et des politiques d’austérités, le travail d’enfants notamment de ceux âgés en 15 et 17 ans a augmenté de 20 pour cent en dépit de la législation internationale et nationale existante. Le chômage de masse, la pauvreté accrue, l’absence d’éducation adéquate, la discrimination à l’encontre des femmes figurent parmi les causes du travail des enfants. Dans beaucoup de pays, les gouvernements ferment les yeux et tolèrent des employeurs qui recourent au travail des enfants plutôt qu’à une main-d’œuvre adulte régie par des contrats de travail et des conditions de travail régularisées. L’UITBB appelle au respect des conventions de l’OIT, notamment la convention 182 sur les pires formes de travail des enfants (1999) et la convention 138 sur l’âge minimum (1973). L’UITBB s’engage à intensifier ses actions contre les employeurs recourant au travail des enfants dans les secteurs construction et bois.

 

C. Protection sociale

 

39.   La mondialisation capitaliste et la concurrence entre économies et entreprises au niveau de développement et de technologie inégal ont mené à des attaques généralisées contre les normes établies à ce jour. Ces attaques visent les salaires, les conditions de travail et les pensions, et prônent l’allongement de la durée de travail sur la journée et l’année, l’intensification du travail et la réduction drastique de la protection sociale.

 

40.   Dans beaucoup de pays, des luttes déterminées sont menées, avec en première ligne les travailleurs,  pour préserver ces acquis. Les travailleurs ne sont pas prêts à renoncer facilement à ces acquis qui ont signifié un  progrès considérable pour l’humanité. La mise en place de systèmes de protection sociale pour tous contre le chômage, la maladie et la vieillesse, l’établissement de systèmes de sécurité et de santé au travail ainsi que la législation d’indemnisation des travailleurs ont été une pierre angulaire d’une existence digne pour les travailleurs dans les pays capitalistes. Préserver et  développer la protection sociale est une tâche cruciale pour le mouvement syndical et particulièrement dans les branches du bâtiment, du bois et des matériaux de construction aux conditions de travail et d’emploi précaires.

 

41.   C’est pourquoi l’UITBB considère que les systèmes de protection sociale doivent rester des systèmes d’État qui traitent les travailleurs avec respect. Ces systèmes doivent garantir la primauté de leurs objectifs sociaux et ne pas devenir des terrains de spéculation pour le secteur financier. Pour assurer que les résultats soient justes et équitables, il est impératif que les travailleurs par l’intermédiaire de leurs syndicats jouent un rôle prépondérant dans la conception, la mise en application et le suivi des systèmes de protection sociale.

 

42.   Ces objectifs sociaux légitimes sont à l’opposé du système capitaliste dérégulé, mais unis et par des luttes efficaces nous pouvons repousser les attaques généralisées. Les travailleurs du bâtiment et du bois continueront de marcher en première ligne de ce combat. L’UITBB et ses affiliés poursuivront leur campagne en faveur d’emplois sensés, stable et décents dans le cadre de systèmes de protection sociale solides et inclusifs.

 

E. Travailleurs migrants

 

43.   L’UITBB défend l’unité de la classe ouvrière de tous les pays – indépendamment de l’ethnie, de la couleur de la peau, de la religion ou du pays d’origine. L’UITBB s’opposera toujours au racisme et à la xénophobie et combattra ceux qui utilisent le racisme dans le but de diviser la classe ouvrière.

 

44.   au 21e siècle le capitalisme a la responsabilité d’une situation où des centaines de millions de chômeurs, de personnes pauvres et démunies, notamment de jeunes, ont été forcés de quitter leur pays d’origine dans l’espoir de trouver un emploi, des droits démocratiques et même le droit à la vie. La situation s’est encore aggravée du fait de la crise financière mondiale et la vulnérabilité de ces travailleurs dépourvus de moyens est criante.

 

45.   Dans une industrie telle que la construction il est particulièrement important d’inclure les travailleurs migrants et de les engager dans nos luttes quotidiennes. Le développement inégal propre au capitalisme a créé d’énormes disparités salariales entre pays. Les pays qui se sont industrialisés tôt et qui connaissent des mouvements syndicaux forts ont souvent obtenu des conditions décentes d’emploi, alors que dans beaucoup d’autres pays en voie d’industrialisation les travailleurs doivent survivre avec des salaires de subsistance. Dans ces circonstances il est tout à fait compréhensible pour quelle raison les migrants cherchent de meilleures conditions de travail et une meilleure vie par l’émigration.

 

46.   Le mouvement syndical de classe a acquis une grande expérience de son travail parmi les immigrés. Des sections importantes de travailleurs migrants ont adhéré aux syndicats dans leurs branches et en sont des membres actifs. Parfois ils sont élus aux instances dirigeantes des syndicats. Les syndicats sont attentifs aux problèmes spécifiques des travailleurs migrants, notamment en les aidant à faire face aux difficultés linguistiques et en demandant l’enseignement de leur langue maternelle, la reconnaissance des droits sociaux par des accords interétatiques afin de les préserver à leur retour dans leur pays d’origine. Toutefois, beaucoup reste à faire pour élargir les droits de ces travailleurs.

 

47.   L’UITBB soutient pleinement le principe que les travailleurs migrants doivent avoir les mêmes droits et les mêmes obligations que les travailleurs nationaux. Une catégorisation en travailleurs « légaux » et « illégaux » ne tient pas compte du fait que le recours à la main-d’œuvre non déclarée et non-régularisée est un moyen d’accroître l’exploitation et de diviser les travailleurs.

 

48.   Dans ce contexte de vulnérabilité où des nombres importants de travailleurs en provenance de pays en développement viennent chercher du travail dans les pays développées a généré une tendance accrue en matière de modèles de migration, avec un recours toujours plus fréquent par les employeurs à des « travailleurs migrants temporaires » ou « travailleurs saisonniers » au lieu des immigrés permanents. En d’autres termes, ces travailleurs se trouvent à titre temporaire dans un pays d’accueil et souvent de par la loi ils n’ont pas les même droits que les travailleurs nationaux ou les immigrés permanents. Ce phénomène posent toute une se´rie de questions et de problèmes auxquels les syndicats doivent s’attaquer.

 

49.   Dans les conditions actuelles le danger d’une recrudescence du racisme et de la xénophobie est manifeste. Il est impératif que les syndicats intensifient leur activité pour obtenir le soutien des travailleurs migrants et les engager dans les luttes, en se limitant non seulement à la solution des problèmes spécifiques mais des tous les problèmes affectant la classe ouvrière dans son ensemble. Il est crucial que les migrants comprennent qu’ils font partie intégrante de la classe ouvrière et qu’ils sont victimes de l’exploitation par le capital, indépendamment du lieu où ils vendent leur travail. It est en outre tout aussi important que les travailleurs nationaux comprennent de ne pas percevoir les travailleurs migrants comme leurs ennemies, mais plutôt comme des camarades potentiels dans la lutte commune contre les exploiteurs.

 

E. Le syndicalisme international

 

50.    Depuis notre précédent congrès, la CISL et la CMT ont fusionné créant la CSI avec la volonté de représenter tout le syndicalisme dans les instances internationales notamment. Cette volonté hégémonique se heurte à la réalité. Le mouvement syndical mondial est certes composé d’un courant qui accepte le système capitaliste et se place en partenaire social du patronat et des gouvernements, mais il est également composé d’un courant de classe qui allie luttes quotidiennes sur les lieux de travail et perspective de transformer durablement la société.

 

51.   Dans le prolongement des orientations de la CISL et de la CMT, la CSI a fait le choix du syndicalisme réformiste dans son orientation comme dans son action, se contentant d'un rôle de partenaire social. Elle ne peut prétendre représenter tout le syndicalisme, ni d’être une véritable opposition aux politiques agressives du capitalisme.

 

52.   Depuis sa création en 1945, la FSM a fait le choix du syndicalisme de classe, démocratique, indépendant et militant. Son 15e congrès a renforcé cette orientation. Depuis, la FSM a développé des initiatives sur tous les continents pour clarifier les enjeux de la mondialisation capitaliste et le rôle des syndicats, pour soutenir les luttes, organiser la solidarité, organiser la résistance sur une base ample.

 

53.   Dans les secteurs de la construction et du bois, le courant réformiste est représenté par l'IBB qui regroupe la FITBB et la branche construction de la CMT. Membre de la CSI, l'IBB en adopte les principes et les modes
d'action, recherchant surtout des positions dominantes de représentation et un partenariat avec les multinationales de nos branches, dans des accords de bonne conduite qui sont une caution sociale ne modifiant en rien la politique de dumping social des grandes entreprises, ni la répression syndicale.

 

54.   Le courant de classe est représenté par notre UITBB, organisation de la FSM, qui depuis 61 ans développe avec persévérance dans notre branche un syndicalisme fondé sur les intérêts de classe des salariés, leur union la plus large dans l'action pour obtenir tout de suite des résultats à leurs revendications et, dans le temps faire avancer le principe de la nécessaire suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme. C’est pourquoi l’UITBB exige que la présence effective de la FSM au niveau de toutes les instances de décision de l’OIT pour contribuer de par son expérience à l’amélioration des acquis sociaux et pour faire face à toute tendance réformiste allant à l’encontre des intérêts des travailleurs.

 

55.   La période que nous vivons appelle à décupler tous les efforts. Partout le besoin d'actions et de solidarité est urgent pour s'opposer aux politiques agressives, faire respecter les normes de l'OIT, imposer de nouvelles normes pour répondre aux besoins nouveaux. Cette action suppose de grands efforts pour éclairer les enjeux, faire prévaloir les besoins humains. L'homme n'a pas besoin de guerres ni d'un tel arsenal d'armements, l'argent doit servir la paix, l'entente entre les peuples, la coopération. L'argent doit servir à construire des logements, des moyens de communication, des écoles, des centres de santé, des services sociaux en nombre suffisant.

 

56.   Ces objectifs nous imposent d'approfondir notre connaissance des revendications spécifiques de toutes les branches de la construction et de toutes les catégories de nos professions : les salariés qui doivent conserver leur emploi afin de pourvoir aux besoins de leur famille, les jeunes  pour leur droit à un avenir, les femmes pour leur droit à l'égalité, les migrants pour l'égalité de leurs droits avec les travailleurs des pays d'accueils, les retraités pour leur droit à une vie digne. Nous devons travailler à mieux connaître les revendications spécifiques des travailleurs du bois, des matériaux de construction, des travaux publics et du bâtiment et promouvoir des actions concrètes pour les soutenir.

G. Mener l'offensive pour le respect des droits existants et pour conquérir de nouveaux droits syndicaux.

 

57.   Les nombreuses plaintes déposées devant le Comité de la liberté syndicale de l'OIT font état d'un recul des droits syndicaux dans le monde. Les employeurs n'hésitent plus à revendiquer la restriction voire l'abolition du droit de grève, à exiger la limitation des grèves de solidarité par la loi et à refuser de reconnaître les syndicats.

 

58.   Dans la plupart des pays en développement, l'exercice des droits syndicaux est sérieusement réprimé, tout particulièrement par les grandes multinationales. La précarité, le travail informel le travail forcé, les situations de guerre, déjà causes d'une faible syndicalisation, sont utilisés pour réduire encore plus l'exercice du droit syndical. Les exemples sont fréquents de répressions violentes de tentatives de syndiquer les ouvriers, de refus de droits d'accès aux chantiers et de refus du droit à la négociation collective. Plus grave, le nombre de syndicalistes emprisonnés sur la base d'accusations fabriquées ou même de syndicalistes physiquement éliminés ne faiblit pas, notamment en Colombie, au Pakistan et ailleurs.

 

59.   Dans ce contexte il est admirable que sur tous les continents, dans une grande diversité de situations, des travailleurs relèvent la tète et malgré la répression s'organisent collectivement, défendent leurs droits à la syndicalisation, à la négociation collective, revendiquent des revalorisations de salaires, des conditions de travail plus humaines.

 

60.   Même quand ils ont dû céder, les employeurs reviennent ensuite à la charge pour écarter les syndicalistes qui ont la confiance des ouvriers. Ce qui suppose pour les salariés de renforcer en permanence leurs organisations et leur unité.

 

61.   Dans les pays capitalistes développés, la crise financière, ses conséquences en termes de pertes d'emplois et de politique de réduction des déficits budgétaires inspirées par le FMI et l'Union européenne suppose de contenir le mécontentement des salariés. Le patronat et les gouvernements le font au prix d'intenses batailles idéologiques, médiatiques, de la recherche d'un partenariat social avec les syndicats qui s'y prêtent, ainsi que de discréditer les luttes et les travailleurs engagés dans l'action. Toutefois dans de nombreux pays le niveau des luttes, l'unité dans l'action, sont en progrès, ce qui limite les possibilités de répression syndicale et offre des perspectives.

 

62.   L’UITBB appelle les organisations syndicales nationales et internationales à s'unir pour défendre et faire progresser les droits syndicaux dans chaque pays et au sein de l'OIT, redonnant ainsi a l'OIT sa véritable vocation en tant que plate-forme d'avancées sociales. L’UITBB en tant qu'organisation syndicale de lutte intensifiera ses actions pour promouvoir le respect des droits syndicaux partout dans le monde.

 

63.   L'exercice du droit syndical doit être fondé sur le libre choix, l'indépendance et le rejet de toutes formes d'intervention extérieure contraire aux intérêts des travailleurs qu'elles soient gouvernementales, patronales,  religieuses ou autres. Les droits collectifs et les libertés syndicales doivent pouvoir se développer sans restriction. L'intervention des travailleurs dans l'entreprise et sur les lieux de travail doit devenir un droit intrinsèque et une pratique régulière des salariés. Ce sont là des droits fondamentaux qui ne peuvent être obtenus sous le capitalisme que par une vigilance et des luttes constantes.

 

64.   L’UITBB appelle tous les syndicats à mettre en œuvre une action syndicale permanente tant au plan national qu’international, dans le but de:

 

- renforcer l’implication des travailleurs dans la défense de leurs justes revendications et droits;

- accroître la syndicalisation, en particulier des jeunes travailleurs;

- combattre les relations de travail précaire, combattre le chômage et la pauvreté;

- défendre l’emploi assorti de droits et de dignité et une distribution plus juste des richesses;

- lutter pour l’augmentation réelle des salaires et pour l’amélioration des pensions de retraite et des prestations de chômage;

- défendre des horaires décents de travail et de meilleures conditions de sécurité et de santé au travail;

- exercer le droit effectif à la négociation et convention collective dans chaque pays avec en perspective un progrès social croissant;

- assurer l’égalité entre hommes et femmes, s’opposer à toutes les formes de discrimination au travail et dans la vie.

 

A travers des propositions, des revendications, de l’unité d’action et de la lutte des travailleuses et des travailleurs de tous les pays en lien étroit et coopération avec l’UITBB et la FSM il est possible de lutter contre le système capitaliste qui opprime les travailleurs et de contribuer à l’avènement de la nécessaire alternative qui assurera l’emploi assorti de droits, la fin de l’exploitation, le progrès, la justice sociale, l’égalité et la paix.

Publié dans International

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COMTE 22/12/2010 16:03


Remarques fraternelles:
-Paragraphe 5. "….. Libéré de toute contrainte, le capital financier fondé sur la spéculation, et notamment les produits financiers dérivés s’est aliéné au cours des 20 – 30 dernières années de
toute activité productive."
La spéculation ne produit rien, elle n'existe que parce qu'il y a production, il me semble donc qu'il n'est pas juste de dire que le capital financier s'est aliéné de toute activité productive.
- Je trouve que dans le document d'orientation, les camarades de l'UITBB-FSM accordent un peu trop de crédit aux relations avec l'ONU et l'OIT, pas plus pour "le règlement des grands problèmes
économiques, sociaux et environnementaux qui se posent à notre planète " que pour "le règlement des conflits régionaux" (paragraphe 14) ou que pour ce qui concerne les droits du peuple palestinien
( paragraphe 21) – y compris le droit au retour qui n'y est pas mentionné.
- Il me semble qu'au stade actuel de pourrissement et d'agressivité du capitalisme, sa suppression et son remplacement nécessaires devraient apparaître plus nettement que dans le paragraphe final
du document. Je souhaite que le prochain XVIème Congrès de la FSM apporte cette précision.