33ème jour de grève chez Citroen à la Réunion

Publié le par FSC

Clicanoo.re publié le 18 décembre 2013 07h09
JIR
Citroën : négociations sous haute tension

La médiation débutée hier matin entre la direction de Citroën et les salariés, sous la houlette de la direction du Travail, a tourné court dans la soirée. Lors de la suspension de séance, les grévistes ont laissé éclater leur colère, excédés par 33 jours de grève. Les discussions doivent reprendre ce matin.

Ambiance électrique hier soir dans les locaux de la direction du Travail, rue Maréchal-Leclerc, à Saint-Denis. Après deux heures de discussions, la confrontation débutée en fin d’après-midi entre représentants syndicaux et direction a tourné au dialogue de sourds. Aucune avancée concrète n’a été enregistrée. Une partie des grévistes, venus sur place, a alors laissé éclater sa colère et son amertume face à l’intransigeance du directeur du groupe CFAO Motors à la Réunion, Eric Bénavente. Cette réunion sans résultat est un coup dur pour la quarantaine de grévistes qui entament ce matin leur 33e jour de protestation, faisant de ce mouvement l’un des conflits sociaux les plus longs du département. Certains salariés envisagent désormais d’entamer une grève de la faim.

Acceptée à la dernière minute lundi soir par la direction parisienne du groupe, la médiation devait permettre aux deux parties de présenter à tour de rôle leur argumentaire, avant d’entamer une confrontation. Les représentants du personnel de Citroën sont venus accompagnés de deux responsables de l’Union régionale Sud CGTR, Pascal Hoarau et Clara Derfla. Principale revendication : la suspension des sanctions disciplinaires prononcées à l’encontre de deux employés.

« Nous avons proposé une suspension des mises à pied jusqu’aux résultats de l’audit mené par le comité hygiène et sécurité sur les risques psychosociaux dans l’entreprise. Et de 3,5 %, nous sommes passés à 2 % d’augmentation salariale dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (la direction propose 0,5 % de son côté, ndlr). Mais nous avons fait face à une non volonté manifeste de négocier de la part de la direction qui n’a rien voulu savoir. Nous avons fait des propositions, mais la direction n’a fait aucun effort », s’indigne Sébastien Faconnier, délégué du personnel CGT 974-CMR.

Résultat, les médiateurs, Jean-François Dutertre et Pierre Mercader, ont dû suspendre la séance. Une nouvelle rencontre est prévue ce matin à 10 heures. Réunis en assemblée générale hier soir, les grévistes ont fait savoir qu’ils restaient déterminés.

Vendredi, le bras de fer judiciaire devant le tribunal de grande instance avait tourné en faveur de la direction qui avait assigné 13 salariés grévistes. Le juge a ordonné l’évacuation des lieux, sous peine d’une astreinte de 500 euros par salarié, et demandé aux salariés en grève de payer les frais d’huissier. Les grévistes avaient alors retiré les pneus devant l’entrée de la concession, chemin Grand-Canal à Sainte-Clotilde, mais maintenu leur piquet de grève.

E.M

Publié dans Luttes - actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article