AMIENS La CGT Goodyear exalte les troupes

Publié le par FSC

Extrait du courrier picard

S'appuyant sur des chiffres, Mickaël Wamen a d'abord rassuré les salariés de Goodyear avant de les conforter dans leur lutte.

S'appuyant sur des chiffres, Mickaël Wamen a d'abord rassuré les salariés de Goodyear avant de les conforter dans leur lutte.

Hier jeudi, la CGT a présenté des documents qu'elle s'est procurés, prouvant que le site d'Amiens-Nord est rentable. Les 500 salariés sont repartis plus remontés que jamais.

L'exercice n'est pas facile, mais les deux intervenants du jour ont maintenant l'habitude de ce genre de numéro d'équilibristes.

Hier, Mickaël Wamen, leader CGT chez Goodyear, et Fiodor Rilov, avocat du syndicat, ont dévoilé le fruit d'une enquête, chiffrée, sur les comptes d'exploitation du manufacturier de pneus d'Amiens nord.

Le premier a galvanisé les 500 personnes dans la salle, tandis que le second prenait un peu de recul et apportait un regard forcément plus juridique sur ce dossier. Après près de deux heures de présentation, le syndicaliste et l'avocat ont été acclamés.

Acclamés par tous. Car dans la salle Valentin Hauy, il n'y avait pas que des ouvriers. Nombreux étaient ceux venus en famille, avec femme et parfois enfants, pour entendre la vision d'avenir du syndicat majoritaire chez Goodyear Amiens nord.

Car pour la CGT, c'est une évidence : le site n'est pas condamné. Bien au contraire. Chiffres à l'appui, Mickaël Wamen a tenté de convaincre de la rentabilité de l'usine. Et donc de déculpabiliser les employés sur qui, depuis 2007, plane un plan social. «Nos documents prouvent que ce qui arrive, ce n'est pas de votre faute. Ce que la direction avait prévu en 2007, il faut qu'elle l'oublie ! » A pesté le syndicaliste.

À tour de rôle Mickaël Wamen et Fiodor Rilov ont pris le micro, d'abord pour analyser la situation économique du site amiénois selon des données que la CGT a pu se procurer : «Tout ce qui a pu nous être dit jusqu'à présent correspond à une usine à gaz », a assuré Fiodor Rilov.

Mais aussi pour, à partir de ce constat chiffré, donner des perspectives d'avenir. «Votre usine a un avenir humain, social, et financier » a ainsi lancé avec conviction Mickaël Wamen.

Et enfin, pour donner des consignes. Car la direction a troqué son plan de licenciement contre un plan de départs volontaires. Ce qui sème le trouble chez les 1200 ouvriers indécis après cinq ans de lutte, d'incertitudes, de tensions entre syndicats et d'actions juridiques tous azimuts. C'est ce que Mickaël Wamen a appelé «les dommages collatéraux. »

«Lorsque l'on a commencé ce combat, je l'ai dit à la CGT : "il va y avoir des dommages collatéraux". Des mecs qui vont craquer. On y est ! » A analysé Mickaël Wamen.

Il a donc profité de cet auditoire pour faire passer un message : «Il faut de la sérénité dans l'usine. Laissez-nous faire. Une usine doit rester une usine. Il va se passer des choses, mais laissez-nous faire. En attendant, soyez convaincus d'une chose : votre avenir c'est Amiens nord ! »

Et sur ce registre de la lutte syndicale et de l'exaltation des troupes, Mickaël Wamen a été à la hauteur. Occupant tout l'espace, ne détournant jamais le regard, changeant d'intonation, lançant des phrases chocs, il s'est montré bien meilleur orateur qu'un candidat à la présidentielle en meeting.

«La seule chose qui fait que Goodyear ne peut pas nous atteindre... C'est ça ! a-t-il scandé en pointant du doigt la salle bien remplie. L'individualisme, c'est ça qui va tuer le mouvement ouvrier », a-t-il martelé auprès de ses « camarades ».

Un discours appuyé par les démonstrations et les perspectives de maître Rilov. «Si on n'a pas gagné, on est à quelques centimètres de la victoire », a assuré l'avocat pour qui faire changer de stratégie sociale et économique une multinationale comme Goodyear serait une victoire «historique », un «exemple incroyable » pour tous les autres mouvements sociaux en cours.

Des discours rassurants et très galvanisateurs. Au terme de la présentation de l'enquête, les deux orateurs ont été acclamés. Et nombreux ont été les salariés à venir serrer la main de Mickaël Wamen, leader toujours plus charismatique.

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