Analyse FSC : On se fait « un rail » ?...

Publié le par FSC

 

On se fait « un rail » ?...

 

« Une circulation transfrontalière dans des trains à grande vitesse, des voyages à travers l’Europe sans perte de temps, tout en garantissant le respect des critères de service et de qualité – voilà ce qui définit l’alliance Railteam. »

http://www.railteam.fr/

« Les sept membres titulaires, Deutsche Bahn, SNCF, SNCB, Eurostar, NS Hispeed, ÖBB et SBB et deux membres associés, Thalys et TGV Lyria, ont uni leurs potentiels pour offrir aux passagers un programme complet de services et de confort.

Grâce à cette association, les trains à grande vitesse leaders en Europe apportent une réelle valeur ajoutée pour les passagers [,,,] »

 

Et voilà... Quand on n'est plus « un usager » et qu'on devient « un passager », on devient également bénéficiaire d'une « valeur ajoutée » !... Et ceux qui restent des usagers du quotidien, seront-ils classés en « pertes d'exploitation » ?

 

Un peu d'histoire s'impose.

 

D'abord « S.A. d'économie mixte » (État 51%), la SNCF devient « E.P.I.C » (établissement public à caractère industriel et commercial) sous le gouvernement Mauroy avec pour ministre le communiste Ch. Fiterman.

De 1995 à 97, A-M Idrac (secrétaire d'état) et B. Pons (ministre) du gouvernement Juppé, arguent du droit européen en créant un nouvel E.P.I.C. : RFF, propriétaire de l'infrastructure et décideur en matière d'aménagement, de développement et de valorisation du réseau...

 

Directive 91/440/CEE du Conseil, du 29 juillet 1991, relative au développement de chemins de fer communautaires

SECTION I Objectif et champ d'application
Article premier
La présente directive vise à faciliter l'adaptation des chemins de fer communautaires aux exigences du marché unique et à accroître leur efficacité:
-par la garantie de l'indépendance de gestion des entreprises ferroviaires;
-par la séparation de la gestion de l'infrastructure ferroviaire et de l'exploitation des services de transport des entreprises ferroviaires, la séparation comptable étant obligatoire, la séparation organique ou institutionnelle facultative;
-par l'assainissement de la structure financière des entreprises ferroviaires;
-par la garantie de droits d'accès aux réseaux ferroviaires des États membres pour les regroupements internationaux d'entreprises ferroviaires effectuant des transports combinés internationaux de marchandises.

Abrogé par la Directive 2001/12/CE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2001

 

un rapport de la cour des comptes relèvera, en 2007, que la séparation entre gestion de l'infrastructure et de l'exploitation telle qu'elle a été effectuée en 1997 allait au-delà des exigences de cet article qui ne demandait qu'une séparation comptable.

Viendra ensuite l'adoption de la directive 2007/58/CE instituant la libéralisation du trafic international au 01/01/2010.

 

D'autres « héroines » arrivent sur le marché...

 

En présentant le « Manifeste des régions sur le transport voyageurs », le 28 septembre 2011, Jacques Auxiette, président de la commission Transports de l'Association des régions de France (ARF) donne le ton.

 

1 / Une régionalisation accrue, qui doit permettre aux Régions de devenir de vraies autorités organisatrices...

Ces messieurs-dames, pourtant classés jusqu'ici à gauche (22 régions sur 25 au sortir des élections de 2010), veulent le pouvoir !

 

2 / Assainir le financement du système ferroviaire 3 / La clarification du rôle de chacun des acteurs

4 / L’État devra reprendre toute sa place et notamment assumer les engagements de reprise de la dette de RFF...

Mais en socialisant le passif !

 

5 / Préserver l’industrie ferroviaire comme domaine d’excellence

Au profit des actionnaires d' Alstom1 (le principal étant Bouygues avec 30,8 %) ?...

Ou d'une multinationale tout autant capitaliste comme la canadienne Bombardier ?...

 

6 / Promouvoir une politique européenne du rail solide, performante et efficace : Il faut dès

aujourd’hui proposer, notamment via une coopération franco-allemande renforcée, une impulsion nouvelle pour la mise en œuvre d’un réseau trans-européen de transports […] par des organisations du travail différentes […] Il s’agit également d’approfondir, en matière de droit social, la possibilité de tendre vers une sorte d’accord de branche pour le ferroviaire […] un rapprochement des opérateurs historiques par exemple dans le cadre d’un consortium.

Réorganiser le travail, harmoniser le droit social... Ne sentez-vous pas « souffler le vent du boulet » ?

Quant au consortium, il ne vous rappelle rien ?... Et oui, Railteam® !

 

Enfin dans les annexes on peut lire : Par ailleurs, l’adaptation du droit français pour prendre en compte les règles définies par le règlement OSP devra nécessairement (I) conserver la possibilité pour les autorités organisatrices de recourir à l’ensemble des choix de mode d’exploitation permis par ce règlement, à savoir l’exploitation en direct via une régie ou une SPL, l’attribution directe du contrat à un opérateur ou la mise en concurrence.

Gageons que le choix d'une régie d'exploitation publique sera l'option minoritaire au vu de ce qui précède...

 

Le même Auxiette se vantait tout récemment (27/03/12) qu' : « Il est donc essentiel que les Régions françaises poursuivent, notamment avec les organisations syndicales, le travail de lobbying auprès des parlementaires européens et de la Commission européenne pour faire valoir leurs positions » !

Quelles seraient donc ces « organisations syndicales » devenant de vulgaires « groupes de pression » (i.e. lobbies) au niveau européen ?...

Sans doute vaut-il mieux aller les chercher du côté des directionsréformistes inféodées à la CES/CSI que du côté des syndicats et des militants restés fidèles au prolétariat !

 

Et maintenant, entre tout ceci, « faisons le joint »...

 

Ni le jaune syndical, ni le rose politique,

ne rendront à la France ses services publics !

Ce n'est que par la lutte de classe

menée « Tous ensemble et en même temps »

que les usagers, les travailleurs, les citoyens,

retrouveront l'égalité nationale qui leur est due !

 

 

Pour le FSC-59/62,

le correspondant régional, JV

1dont le « h » a disparu, faisant oublier ses origines très françaises (Thomson) sous prétexte d'une prononciation plus facile pour les anglophones !...

Publié dans Luttes - actualités

Commenter cet article

Joseph 02/06/2012 14:54

Voici un exemple de la dégradation du service rendu aux usagers du fait du passage au secteur privé. Depuis que la SNCF a abandonné aux compagnies privées les liaisons directes vers l'Italie
personne n'est capable de le faire. Thello a bien repris la liaison Paris-Venise mais parle de changer d'itinéraire pour « assurer correctement les voyages »
(http://www.kelbillet.com/blog/thello/thello-perturbations-cet-ete-sur-la-ligne-paris-venise/. Quant à la liaison Paris-Rome c'est le vide intersidéral : prenez l'avion ou amusez-vous avec les
correspondances !