Après les déclarations de Chérèque : réaction du Front Syndical de Classe

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Alors que le gouvernement annonce la suite avec un budget 2011 de « rigueur » (pour les travailleurs car pour les multinationales gavées de profit, les subventions publiques ne se tariront pas), alors que partout, la base débat et s’organise pour durcir le mouvement et obtenir le retrait du projet gouvernemental de casse des retraites, Chérèque vient de faire dans le journal Libération « une proposition au gouvernement : qu'il subordonne le recul de l'âge du taux plein de 65 ans à 67 ans - prévu à partir de 2016 - à un vote formel du parlement en 2015 et après un rapport sur la situation des femmes et des précaires ». Chérèque précise ensuite que « notre travail de syndicalistes, c'est d'obtenir des avancées » et que « ce schéma permet à tout le monde de sauver la face ».

 

On ne saurait mieux dire : faire passer un recul considérable pour une avancée, permettre au gouvernement de passer sa contre-réforme tout en sauvant la face des organisations syndicales, voilà le vrai travail de Chérèque !

 

L’unité syndicale dont les travailleurs ont besoin, de la base au sommet, ne peut se construire sur cette négation de leurs intérêts.

Car pour Sarkozy,  comme le rappelle le Canard enchaîné, « l’essentiel » pour « gagner cette bataille » ‑ la sienne et celle du patronat – est que « les syndicats écartent l’idée de grève générale ou de grève reconductible ».

 

Chérèque, avec d’autres, s’y emploie, d’autant plus désespérément que la pression monte de la base, de nombreuses motions et déclarations de structures syndicales de base, d’intersyndicales départementales ou de secteurs (nombreux syndicats de l’industrie, cheminots, chimie, toutes les UD du 13, UD CGT Paris, Education…), appelant au durcissement du mouvement : grève reconductible, blocage de l’économie, grève générale… Comme le dévoile Sarkozy, c’est bien en s’en prenant de manière résolue et continue aux profits du MEDEF que l’on contraindra le gouvernement, qui est son serviteur zélé, à reculer.

 

Comme ce fut le cas en 36, 68 ou 95, la base a l’avenir du mouvement entre ses mains.

Sous toutes les formes décidées en bas, la France des luttes ne doit pas laisser de répit au MEDEF et à Sarkozy.

 

FSC, le 29 septembre 2010

Publié dans Luttes - actualités

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Françoise 29/09/2010 20:46


La CFDT applique tout simplement la doctrine sociale de l'église.Je vous en fais un résumé :La doctrine sociale de l’Eglise catholique qui a pour fonction de corseter la société en affirmant la
puissance du clergé et l’acceptation du pouvoir qui vient de Dieu. Elle lie son sort à la monarchie et lutte contre la République. Le catholicisme est fondamentalement féodal et campagnard.
Constatant que l’Ancien régime ne peut être rétabli, le pape Léon XIII rédige l’encyclique sociale Rerum novarum qui définit cinq principes en s’adressant à la bourgeoisie pour qu’elle lui redonne
le pouvoir et domine avec elle le prolétariat :

1) A l’heure des révolutions, seule l’Eglise est capable d’agir avec efficacité car son expérience est millénaire. C’est pour cette qualité que des personnages comme Bonaparte ou Sarkozy s’appuient
sur le clergé.

2) Propriété privée des moyens de production et inégalité sociale sont voulues par l’ordre divin.

3) Les salariés ne doivent pas percevoir un salaire trop élevé car c’est une incitation à la paresse. Il faut interdire les grèves et ne pas trop imposer le capital (exemple du paquet fiscal
accordé aux patrons).

4) Tout en reconnaissant l’existence des classes sociales, le Vatican condamne la lutte des classes. Patrons et salariés sont unis par une communauté d’intérêt qui interdit leur antagonisme.
L’ouvrier qui fait grève met en cause le bien commun. Il y a alliance du capital et du travail par le biais du corporatisme.

5) Il faut se doter d’outils de conquête de la classe ouvrière en créant des syndicats jaunes de collaboration de classe, comme la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC). Comme
la lutte des classe réapparaît au sein de ce genre de syndicat, l’Eglise catholique engage alors les chrétiens à s’organiser dans des syndicats neutres, non exclusivement chrétiens. La CFDT naît en
1964.

Il ne faut donc pas s'étonner de la position de Chérèque.