BOURG EN BRESSE : LES PROCHES DE NOTRE CAMARADE, ERIC PENACHE, MILITANT CHEMINOT CGT QUI A MIS FIN A SES JOURS, CRIENT A L'INJUSTICE

Publié le par FSC

Lundi 12 octobre 2009
LE PROGRES. FR 12.10.09
Bourg-en-Bresse : les proches du cheminot crient à l'injustice

Bourg- Mardi soir, Éric Penache a mis fin à ses jours en laissant juste un petit mot écrit sur une enveloppe déchirée.

Sa fille et ses amis du chemin de fer refusent l'injusticen-Bresse : les proches du cheminot crient à l'injustice « Chez nous les cheminots, on ne dit pas qu'on est malheureux au travail. C'est inconcevable. La SNCF ne peut pas nous faire ça. Alors on s'inflige une sorte d'omerta. Éric était comme ça…

» Éric Penache avait presque trente ans de chemins de fer derrière lui. Il adorait son métier, peut-être trop, reconnaissent aujourd'hui ses amis. Il aimait son épouse Martine et sa fille Cindy. C'est à elles qu'il a pensé au moment de commettre l'irréparable.

« Il a laissé un petit mot écrit sur une enveloppe déchirée, pas une lettre comme on l'a déjà entendu un peu partout. Ce n'est pas possible de laisser dire n'importe quoi. Mes parents s'aimaient, j'aimais mon père… Pourquoi la procureur ne nous a-t-elle pas appelées ? Pourquoi a-t-elle décidé, que ce n'était pas lié à son travail ? »

La jeune femme, qui accompagnait, hier soir dans nos locaux les collègues de son père, n'en dira pas plus sur le témoignage d'amour. Un mot laissé aux deux femmes de sa vie par celui que tout le monde appelait Nachon.

Patricia Medevielle, secrétaire du syndicat CGT-cheminots de Bourg, Dominique Pobel, délégué du personnel, et Stéphane Mauchamp, secrétaire du CHSCT pour le service voyageur, prennent le relais. Dominique Pobel raconte la réunion des délégués du personnel du jeudi 1er octobre.

Une date dont il se souviendra : « L'ordre du jour défilait. Point après point. Le dix concernait les mouvements des agents. Le directeur nous a dit qu'Éric serait remplacé, mais sans plus.

 Un peu plus tard, j'ai voulu revenir sur cette question, avoir des éléments précis sur le remplacement. La réponse a été plus que floue. Et c'est là que tout a basculé. Après la réunion, le syndicat a vite procédé à un dépôt de concertation immédiate. Quand Éric a su ça, il s'est vu au coeur d'un conflit, ce qu'il ne pouvait supporter. »

Patricia Medevielle, encore sous le choc, ne peut s'empêcher de répéter : « C'était un vrai cheminot. Ce qu'il voulait, c'est recommencer à faire partir des trains. Il avait ça dans le sang, comme nous tous. Un collègue quittait son poste, Éric pouvait le remplacer tranquillement, tout en accompagnant son successeur, à condition qu'il y en ait un… »

Les trois syndicalistes baissent la tête : « On doit se battre contre un rouleau compresseur énorme, lâche tout à coup Patricia Medevielle. Par pudeur, on refuse la comparaison entre France Telecom et la SNCF. Et pourtant… Nachon voulait être reconnu pour ce qu'il était.

C'est le sentiment d'injustice qui l'a tué. Pour l'entreprise qu'on a connue, on se battra. Elle le mérite. C'est ce qu'Éric nous dirait, s'il était encore là… »

Jean-Marc Perrat
Par Syndicat CGT des cheminots de Reims

Publié dans CGT

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