CGT Freescale : Pas de repreneur… ? Et maintenant ??

Publié le par FSC



 

Depuis mai 2009, Robert Castagnac, le «commissaire à la ré-industrialisation» aujourd’hui «commissaire au redressement productif» tient le même discours : celui de la direction de Freescale qui nous licencie ! Après la réunion à la préfecture du 16 juillet dernier, il en rajoute dans la même rengaine :

«L'entreprise (Freescale) a pris un engagement de trouver une solution pérenne pour tous les salariés : un CDI, une création d'entreprise ou un projet personnel».

Depuis trois ans la direction communique sur ce slogan : «Un CDI pour tous…»

Les 500 salariés que Freescale licenciera dans quelques semaines ne sont pas dupes.

Marteler cette promesse ne créera pas spontanément les reclassements que Freescale n’a pas trouvés en trois ans, ni ne fera oublier le gâchis laissé par Freescale :

·         L’entreprise fait des millions d’euros de bénéfices et pourtant licencie des centaines de salariés, sans aucune justification économique valable.

·         La salle blanche, outil industriel hautement valorisable, serait démantelée dans les semaines suivant les notifications du 10 août. Alors même que beaucoup sont intéressés par son utilisation (EDF, entreprises du photovoltaïque ou de la pharmaceutique…).

·         La technologie du Nitrure de Gallium, unanimement reconnue comme stratégique pour l’industrie et le secteur automobile ne se fera pas à Toulouse, ni même en France. Mais elle se fera bien ailleurs. Nous privant d’un avantage technologique majeur pour l’avenir, notamment dans le développement de la voiture hybride.

 

Marteler, comme pour les PSA, que Airbus ou la SNCF n’attendent que de recruter en priorité les milliers de licenciés de nos boites est un mensonge. Cela fait 3 ans que ces promesses nous sont faites. Elles n’ont apporté que trop peu de CDI (30 à 40). Quelles réelles solutions les responsables de notre situation comptent-ils apporter ?

 

Freescale est le premier responsable. Freescale a fait le choix de continuer à faire du fric et de fermer l’usine au plus vite sans repreneur, en utilisant massivement le travail temporaire, au détriment d’une solution de sauvetage des salariés et de l’usine. Freescale a fait le choix de cacher de longue date des informations aux  représentants du personnel qui auraient pu travailler à un projet il y a 1 an ½ déjà, et de ce fait a condamné toute solution de reprise.

 

Mais on peut s’interroger sur d’autres responsabilités…

 

Y a-t-il eu une réelle volonté politique de mettre en place une solution de reprise ?

Le business-plan n’était pas bouclé : A-t-on eu la volonté d’engager les sommes nécessaires ?

Cet argent sera de toute façon dépensé. Mieux vaux parier sur le financement des emplois plutôt que de Pôle-Emploi !

 

Pourquoi certains institutionnels, éminences du Conseil Régional informés de la situation de Freescale et même du projet de reprise depuis très longtemps (1an ? 2 ans ?), n’ont pas communiqué sur le sujet ? Ni n’ont recherché d’autres interlocuteurs que Freescale, licencieur, pour travailler à cette solution ?

 

Pourquoi certain syndicat Freescale proche de la direction, qui déclare en préfecture être au courant du projet depuis 2 ans, n’a pas communiqué les informations ? N’a pas œuvré pour et avec les salariés dans le respect du mandat qui lui a été confié, et avec les autres représentants du personnel pour faire aboutir une alternative aux licenciements et à la fermeture de l’unité de production ?

 

Pourquoi Freescale a bénéficié de millions d’euros de subventions, d’argent public, et continuera à empocher notre argent quand il licencie sans aucune autre justification que la recherche du profit ?

 

La CGT Freescale n’a eu connaissance d’un projet viable de reprise que début 2012. Et depuis n’a eu de cesse que de communiquer et d’interpeller les pouvoirs publics, et de tout faire, avec les salariés, pour faire vivre une solution.

Bon nombre d’acteurs ont joué le secret et l’opacité, en complicité avec Freescale et pour d’autres intérêts que ceux des salariés.

 

 

Aujourd’hui, l’échéance semble inéluctable et le PSE, «Plan de Sacrifice de l’Emploi», s’appliquera sans autre négociation, contrairement à ce que veut nous faire croire la préfecture.

 

Le choix du cabinet de reclassement par la Direction, qui n’a aucune expérience en la matière, n’est pas de nature à nous rassurer sur le taux de reclassement des salariés licenciés.

La CGT Freescale donne rendez-vous aux salariés licenciés lors d’une Assemblée Générale pour examiner et s‘organiser pour la suite, après la notification des licenciements le 10 août.

 

 

 

Nous interpellons les pouvoirs publics :

Que devenons-nous ?

9 mois de Congé de Reclassement permettent-ils de trouver un emploi de manière plus efficace que depuis 3 ans ?

 

Nous demandons au ministre du redressement productif, au ministre du travail, au conseil général, à la mairie, au conseil régional, aux sénateurs et députés  de la région toulousaine d’organiser une réunion de travail avec pour ordre du jour :

 

-Intervention de manière décidée et claire pour ne pas laisser disparaître un site industriel de 20 hectares et l’outil industriel rare qu’est une salle blanche de classe 10.

 

- Que mettons-nous en place pour l’avenir des salarié-es licencié-es ?

 

 

L’USTM CGT 31, le Comité Régional CGT, La CGT Freescale, le 19 juillet 2012

Publié dans Luttes - actualités

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