Communiqué du Front Syndical de Classe : L’union est un combat !

Publié le par FSC

logo-FSC.jpgL’union est un combat !

L’oublier mène à la défaite.

 

 

On se demandait quand cela allait arriver, c’est fait.

 

Dans Le Monde du 1er septembre, Chérèque vient d’annoncer qu’il pourrait y avoir un terrain d’entente avec le gouvernement, si celui-ci acceptait d’étudier 4 propositions : reculer à 2018 (au lieu de juillet 2016 !) l’entrée en vigueur des 67 ans pour le taux plein, discuter sur les carrières longues, la pénibilité et les polypensionnés (soit les trois domaines sur lesquels le gouvernement a dès le début laissé entendre qu’il pourrait y avoir des « avancées »). En clair, Chérèque s’apprête à capituler sur le projet Woerth-Sarkozy-Medef et la régression qu’il programme, pourvu qu’il obtienne quelques concessions, prévues d’avance lors des multiples rencontres entre les dirigeants syndicaux, le gouvernement et le MEDEF.

 

Ce faisant, la CFDT est fidèle à elle-même et à son rôle historique.

Il n’est même pas question d’affirmer ici que Chérèque est un « traître » aux travailleurs puisqu’il n’a jamais été de leur côté. Chérèque fait simplement son travail de secrétaire général de la CFDT : être l’agent du grand patronat et de ses gouvernements au sein du mouvement syndical.

N’oublions pas que cette centrale est issue d’une scission organisée de la CFTC en 1964. La CFTC fut créée en 1919 sur des bases de collaboration de classe avec l’intervention active du Vatican pour lutter contre la CGT et les idées marxistes au sein du mouvement ouvrier. En 1964, après l’échec de l’expérience des prêtres-ouvriers (quasiment tous passés à la CGT et à la lutte des classes), fut décidée la création de la CFDT afin de combattre « par la gauche » l’influence de la CGT et du syndicalisme de classe. Contrainte de tenir un discours en apparence radical dans les années qui suivirent mai 1968, la CFDT a toutefois rapidement recentré sa position pour devenir le soutien actif de toutes les régressions sociales. Un de ses faits d’armes majeurs fut la signature d’un accord avec Fillon en plein mouvement contre la casse des retraites en 2003.

 

Aujourd’hui, cette histoire se poursuit et concerne malheureusement de plus en plus d’organisations puisque toutes les directions syndicales collaborent ensemble à la direction de la très jaunissante Confédération Européenne des Syndicats. Cela se traduit en France par la stratégie du « syndicalisme rassemblé » au sommet, qui fait de l’unité entre les directions syndicales la clé de toute action, qui aligne par le bas les revendications en mettant les travailleurs à la remorque des centrales les moins combatives et qui se traduit par des défaites ininterrompues depuis 20 ans.

 

Or, l’unité syndicale dont les travailleurs ont besoin n’est pas d’abord une question d’état-major. L’unité syndicale gagnante est toujours le résultat, tranché par le peuple salarié, du combat permanent entre deux conceptions différentes de la société, révolutionnaire ou réformiste, résistance et transformation ou accompagnement….

Mais pour être gagné, encore faut-il que ce combat soit mené : du temps des grandes victoires ouvrières, les dirigeants de la CGT n’hésitaient pas à dire la vérité sur les organisations « syndicales » au service du patronat. C’était même à partir de cette clarté que pouvait se construire l’unité réelle des travailleurs, pas celle entre états-majors, mais celle à la base, à partir des revendications réelles et pour gagner.


C'est pourquoi, la CGT, la FSU (et toutes les organisations qui se réclament de la lutte) doivent sortir du carcan du syndicalisme rassemblé au sommet pour retrouver une action indépendante et unitaire à la base. Gagner la bataille des idées contre les serviteurs du capital, ce n’est qu’à partir de là que l’indispensable unité se réalise et peut redonner à notre syndicalisme ses couleurs gagnantes.

 

Pour cela, les organisations de la CGT, FSU…, par ailleurs largement majoritaires dans leurs champs de syndicalisation, doivent défendre leurs mandats revendicatifs et démasquer la fausse unité de sommet, que la CFDT va de toute façon dénoncer :

- nous ne ferons pas grève le 7 pour permettre à Chérèque de négocier des aménagements à la contre-réforme,

- nous ferons grève d’abord pour le retrait du projet, condition nécessaire pour obtenir satisfaction sur les autres revendications (en particulier l’annulation des contre-réformes de 1993, 2003 et 2007 sur les régimes spéciaux).

 

Dès le 7 au soir ou le 8 au matin, c’est en bas que doit se réaliser l’unité, c’est en bas que doit être prise la conduite du mouvement, comme en 1968 ou en 1995.

 

 

LA RÉGRESSION NE SE NÉGOCIE PAS,

AMPLIFIONS L’ACTION

JUSQU’AU RETRAIT PUR ET SIMPLE

DE LA CONTRE-RÉFORME WOERTH-SARKOZY

 

 

 

Dernière minute

Décidément, la direction confédérale CGT peine à écouter la base. Cette semaine s’est déroulée une AG à l’UD CGT des Hauts de Seine pour faire le point sur la préparation du 7. Pour mémoire, l’UD CGT 92 a lancé un appel unitaire (avec la FSU, Solidaires et FO) appelant au retrait du projet de casse des retraites.

Montreuil avait envoyé à cette AG Frédéric Imbrecht, ancien secrétaire général de la Fédé de l’Energie devenu depuis le 49ème congrès le responsable Europe pour la Confédération, en prise directe avec la CES. Il a tenté d’expliquer qu’il faudrait arriver à une réforme, finissant par étaler tout son mépris pour la base combative en affirmant que le très fort courant dans la CGT pour le retrait de la contre-réforme était dû aux manœuvres de FO !

Il a été contré par des militants de base. Bravo à ces camarades, poursuivez votre travail unitaire sur les seuls mots d'ordre qui permettront à notre syndicalisme de redevenir gagnant.

 

FSC, le 4 septembre 2010

Publié dans Luttes - actualités

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Commenter cet article

Dim 05/09/2010 13:01


Très bon communiqué du FSC, ou comment débuter les luttes sur de bonnes bases !
Ne nous laissons pas embobiner par les bureaucrates jaunes aux ordres de l'UE.
Unité à la base des VRAIS syndicalistes !