CONFLIT A LA S.N.C.F. : Déclaration de l’Union Départementale CGT Loire

Publié le par FSC

65 ans que le droit de grève est reconnu dans la Constitution et voilà que ressurgissent
de vieux démons pour demander son abolition.
Dans quel monde vivons-nous ? Alors que des peuples portent un mouvement révolutionnaire pour
acquérir des droits les plus élémentaires, certains rêvent d’un monde meilleur pour le patronat français
où le droit de grève n’existerait plus.
Décidément encore une fois lorsque des salariés sont contraints de faire grève cela fait ressurgir de
vieux démons.
Voir naître une association antigrève (soi-disant d’usagers) à quelques mois d’échéances électorales,
qui en réalité est pilotée par des partis politiques extrémistes dont le seul but est de culpabiliser les
salariés grévistes en les mettant dos à dos avec les usagers, relève de l’irresponsabilité. Le plus
surprenant c’est lorsque cette remise en cause du droit de grève vient d’une Organisation Syndicale qui
n’est pas partie prenante du mouvement.
Ce n’est pas ordinaire.
D’autant que ce qu’elle reproche à certaines Organisations Syndicales, elle ne se l’applique pas à ellemême
et nous en avons eu la démonstration avec le préavis de grève des conducteurs de trains CFDT.
N’en déplaisent à certains, les droits pour les salariés existent en France et le droit de grève en fait
partie.
Rappel historique :
· C’est la loi Chapelier du 14 juin 1791 qui, en interdisant toute coalition, fonde les conditions du
développement de la grève comme moyen privilégié des luttes ouvrières.
· Entre 1825 et 1864 près de 10 000 ouvriers seront emprisonnés pour fait de grève.
· En 1864 le délit de coalition est abrogé et 10 ans plus tard en 1884 le droit syndical est reconnu.
La grève devient le moyen privilégié pour les ouvriers de faire valoir leurs revendications.
· Pourtant après l’interdiction, sous Vichy, du droit de grève dans la charte du travail, celui-ci est
reconnu dans la Constitution du 27 octobre 1946.
· La loi du 21 août 2007 dite « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les
transports terrestres de voyageurs » comporte des restrictions au droit de grève dont l’obligation
de négociation préalable au préavis et l’exigence pour les salariés d’informer au plus tard 48h
avant de participer à la grève.
A la SNCF, le dialogue social est au niveau zéro, la direction porte la responsabilité de ce conflit et se
refuse à discuter, à négocier et joue le pourrissement dès le début.
Les salariés en grève avec leurs Organisations Syndicales informent régulièrement les usagers de la
SNCF sur le pourquoi de ce mouvement qui, pour l’essentiel, porte sur les risques de privatisation. Déjà
les usagers font les frais de fermetures de gare, les guichets sont en diminution au profit de l’internet,
demain leurs inquiétudes risquent d’être fondées si les Régions, en 2014, font le choix d’un autre
opérateur que la SNCF.
Les cheminots luttent contre la libéralisation du chemin de fer et ses conséquences sur l’emploi, la
sécurité et la qualité du service public et c’est tout à leur honneur.
L’Union Départementale CGT soutient sans réserve les salariés en grève.

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