Congrès FSM des Retraités et Pensionnés : 3e compte-rendu de la délégation du FSC

Publié le par FSC

Compte-rendu n°3 de la délégation du Front Syndical de Classe à la conférence internationale des retraités et pensionnés, organisée à Barcelone les 4-5-6 février 2014 par la Fédération Syndicale Mondiale (FSM).

 

Bien que ce ne soit pas l'élément principal d'un congrès rassemblant plus de cent délégué(e)s de tous les continents et représentant des millions d'adhérents, notre délégation à été également sensible à deux aspects:

  •  un haut niveau d'organisation, allié à un caractère militant remarquable : équipe de traducteurs bénévoles en 5 langues, équipes de cuisiniers professionnels bénévoles, équipes de chauffeurs bénévoles complétant les moyens de transports locatifs, tout confirme qu'un engagement militant, s'il ne peut pas tout régler, peut néanmoins lever bien des obstacles.
  •  la discrimination dont le syndicalisme de classe est l'objet: plusieurs délégués (exemple: Colombie) ont fait état de la chasse aux militants ayant cours dans leur pays: licenciements, condamnations, emprisonnements, enlèvements, tortures et assassinats y sont monnaie courante; un délégué pakistanais n'a pu rejoindre le congrès, ayant été arrêté par la police; un délégué congolais a du attendre une semaine à la frontière avant de recevoir son visa, une déléguée cubaine devra partir avant la fin des travaux en raison de dispositifs bureaucratiques de l'UE, une délégation du congrès s'est vue refuser la visite d'un prisonnier politique basque…
    Plusieurs organisations n'ont pu envoyer de délégués en raison de leurs faibles moyens financiers…
    Les "syndicats" gouvernementaux ou conciliateurs, eux, ne rencontrent pas ce genre d'obstacles policiers ou/et financiers. En outre, les médias dominants ont passé sous silence ou carrément falsifié cette conférence hautement représentative des enjeux d'aujourd'hui. Nous invitons celles et ceux qui liront ces comptes-rendus à les répercuter le plus largement possible dans leurs propres réseaux syndicaux ou associatifs et à consulter le site de la FSM : Fédération Syndicale Mondiale

 

Échos de la 2ème journée (suite)

 

Plus de 100 délégué(e)s et invité(e)s de tous les continents sont là;
ils viennent de pays très différents, colonisés ou développés, surpeuplés ou minuscules; ils ont chez eux des déserts, des jungles ou des mégalopoles, des temples bouddhistes, des églises ou des mosquées…

Elles et ils vivent des situations politiques très différentes: parfois, le gouvernement de leur pays les réprime férocement, ou, au contraire, les soutient comme à Cuba, au Venezuela, en équateur; leurs niveaux d'organisation aussi sont très différents: telle organisation indienne de retraités, avec ses 11 millions d'adhérents, pèse un peu plus que notre FSC; elles et ils viennent de la métallurgie ou de l'agriculture, des transports ou de la santé…

Leurs langues maternelles sont multiples, cependant, c'est bien le même langage qu'ils parlent, celui de la résistance à l'arbitraire, à l'injustice, à l'indicible mépris des puissants d'aujourd'hui envers ceux qui créent les richesses.

Ils parlent de choses très simples, mais extraordinairement profondes: la dignité, le droit imprescriptible de la race humaine au bonheur.

Ils ont reconnu leur ennemi commun sous ses masques multiples: ce vampire hurlant "toujours plus", jamais rassasié de la sueur et du sang des travailleurs; ils le savent hanté par la peur, la peur que ceux qu'il exploite et opprime ouvrent les yeux et relèvent la tête. Et c'est bien pour cela qu'ils sont venus: pour organiser, pour vaincre, pour contribuer à ouvrir grand les portes de l'avenir.

 

La déléguée cubaine:


Cuba est un pays pauvre; depuis 50 ans, il est victime d'un blocus mais il ne cèdera pas sur les droits du peuple, nous considérons les retraités non comme une charge mais comme une contribution spécifique à la société. Nous organisons avec eux les universités du 3ème âge (c'est une partie de nos tâches syndicales car les retraités sont organisés prioritairement sur les lieux de leur ancien travail). Elle développe également la contribution cubaine aux peuples en matière de santé et d'éducation. et conclut par: "enrichir l'être humain est le drapeau de notre peuple"

Le délégué mexicain:

La majorité de nos retraités n'ont rien (la base des retraites est de 65 € par mois). Il conclut: "C'est le travail et le savoir humain qui nous ont construits, c'est cela qui est piétiné, donc, pour les années qui nous restent, notre ambition est de faire le maximum pour ce patrimoine universel qui va au-delà des richesses que nous avons crées.


Argentine :


Dans notre pays, les fonds de la caisse de retraites sont supérieurs à ceux de la banque centrale, raison pour laquelle tout est fait pour en détourner l'utilisation. De plus, 36% des personnes en âge d'être retraités ne sont enregistrés nulle part. Face à la petite minorité pour qui l'espèce humaine n'est qu'une variable d'ajustement du profit, il n'y a pas d'autre chemin que la lutte.


Colombie :

La bourgeoise s'efforce de fusionner et mieux contrôler les systèmes de retraites. Les luttes sociales sont dures: en 2013, 26 dirigeants de mouvements syndicaux et progressistes ont été assassinés; il y a 8500 prisonniers politiques. Cependant, ce gouvernement a été obligé d'entamer des négociations avec les FARC (guerilla) qui ont lieu en ce moment à la Havane.

 

 

Suite du compte-rendu (pays basque, canaries, Australie, Népal…) prochainement

 

 

 

 

 

 

 

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